‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 2)Chapitre 554 sur 631 · DU .MÈ.ME A LA MÊME · texte numérisé non relu

DU .MÈ.ME A LA MÊME

Si je ne vous avais point d'autre obligation , Madame , que celle de m'avoir procuré l'honneur de la connaissance d'un homme aussi illustre que M. Pelisson , je ne pourrais pas me dispenser de m'adresser à vous-même, pour vous en faire mes remercîments en forme; mais vos bontés vont bien au delà. On pouvait connaître M. Pelisson , sans connaître tout son mérite; et vous avez fait. Madame, qu'il s'est abaissé jusqu'à m'instruire ; ce qu'il a fait sans doute par la déférence qu'on a partout pour vos éminentes vertus. Je suis bien aise de le contenter en quelque chose , et de lui donner au moins des preuves de ma sincérité. Si l'on parlait toujours aussi rondement que nous faisons, ce serait le moyen de finir les controverses : car on reconnaîtra bientôt la vérité, ou du moins l'indéterminabilité de la question, lorsque les moyens de connaître la vérité nous manquent; ce qui suffirait pour notre repos : car Dieu ne nous a pas prorais de nous instruire sur tout ce que nous serions bien aises de savoir ; et le privilège de l'Eglise ne va qu'à ce qui importe au salut.

M. Pelisson prend droit sur ce que je lui ai accordé, et je ne me rétracte point. Suivant ses paroles, je conviens d'une Eglise, et d'une Eglise visible à laquelle il faut tâcher de se joindre, et y faire tout ce qu'on peut ; qu'elle doit avoir le pouvoir d'excommunier les rebelles; qu'on doit obéissance aux supérieurs que Dieu y a établis; qu'il faut conserver un esprit de docilité pour eux, et un esprit de charité pour ceux dont on est séparé. Il reste seulement de voir si ces considérations portent avec elles une nécessité indispensable de retourner à la communion des supérieurs ecclésiastiques, qu'on reconnaissait autrefois; en sorte qu'on ne saurait ôtre sauvé autrement.

Mais il me semble que la question est toute décidée par l'aveu de ceux qui reconnaissent des hérétiques matériels, ou des hérétiques de nom et d'apparence , comme M. Pelisson l'explique fort bien; c'est-à-dire des gens qui paraissent être hors de l'Eglise, et y sont pourtant en effet; ou bien , qui sont hors de la communion visible de l'Eglise, mais étant dans une ignorance ou erreur invincible, sont jugés excusables : et s'ils ont d'ailleurs la charité et la contrition, ils sont dans l'Eglise virtuellement, et in voto, et se sauvent aussi bien que ceux qui y sont visiblement. Monseigneur le landgrave Erneste, qui a fort travaillé sur les controverses, et a fait paraître autant de zèle que qui que ce soit pour la réunion des protestants , ne laisse pas de demeurer d'accord de tout ceci ; et il a entendu dire ces choses en termes formels au cardinal Sforza Pallavicini, et au Père Honoré Fabri , pénitencier de

ET LES PROTESTANTS D'ALLEMAGNE

Saint-Pierre, qu'il avait pratiqué à Rome. Et moi je puis dire avoir entendu soutenir la même chose à des docteurs catholiques romains très-habiles. Aussi M. Pelisson ne s'y oppose point : mais il explique celte doctrine, alin qu'on n'en abuse pas; et il n'admet, parmi les hérétiques matériels, que ceux qui ne savent point que les dogmes qu'ils rejettent en matière de loi , soient la doctrine de l'Eglise catholique.

Appliquons celte restriction aux protestants , et nous trouverons qu'ils sont de ce nombre. On sait les plaintes qu'ils ont faites contre le concile de Trente avec beaucoup d'apparence, pour lui disputer la qualité d'œcuménique. On n'ignore pas les protestations solennelles de la nation française contre ce concile, qui n'ont pas encore été rétractées; quoique le clergé ait fait son possible pour le faire reconnaître. Ce n'est pas une chose nouvelle qu'on dispute sur l'universalité des conciles : ceux de Constance et de Bàle ne sont pas reconnus en Italie, ni le dernier concile de Latran en France : et quoique les papes, par le moyen de la profession de foi, aient tenté de faire reconnaître indirectement le concile de Trente , je ne sais pourtant si cela suffit; au moins la noblesse et le tiers-état , avec les cours souveraines, ne le croyaient pas encore dans l'assemblée des Etats du royaume , qui fut tenue après la mort de Henri IV. Je sais que des docteurs catholiques ont avoué qu'un protestant qui serait porté à se soumettre aux décisions de l'Eglise catholique, mais qui se trompant dans le fait ne croirait pas que le concile de Trente eût été œcuménique, ne serait qu'un hérétique matériel. Il est vrai qu'il parait beaucoup de sagesse et de bon ordre dans les actes de ce concile, quoiqu'il y ait quelque mondanité entremêlée : et où est-ce qu'on n'en trouve point"? C'est pourquoi je ne suis pas du nombre de ceux qui s'emportent contre le concile de Trente : cependant il me semble qu'on aura bien de la peine à prouver qu'il est œcuménique. Et peut-être que c'est par un secret de la Providence, qui a voulu laisser cette porte ouverte, pour moyenner un jour la réconciliation par un autre concile plus autorisé et moins italien.

Mais quand le concile de Trente aurait toutes les formalités requises, il y a encore une autre importante considération; c'est que peut-être ses décisions ne sont pas si contraires aux protestants, que l'on s'imagine. Ses canons sont souvent couchés d'une manière à recevoir plusieurs sens; et les protestants se pourraient croire en droit de recevoir celui qu'ils jugent le plus convenable, jusqu'à la décision de l'Eglise dans un concile général futur, où les Eglises protestantes prétendront avec raison d'être admises parmi les autres Eglises particulières. Cassandre et Grolius ont trouvé que le concile de Trente n'est pas toujours fort éloigné de la Confession d'Augsbourg. Le Père Dez qui prêchait à Strasbourg sur cette Confession, semblait favoriser ce sentiment, et en tirait des conséquences à sa mode; et bien des protestants ont cru que l'Exposition de monseigneur l'évêque de Meaux leur revenait assez. Ainsi il n'est pas aisé de prouver aux protestants qu'ils nient ce qu'ils savent être décidé par l'Eglise catholique.

Aussi semble-t-il que c'est plutôt la pratique des

abus dominants , que les protestants croient reconnaître parmi ceux qui communient avec Rome, que les dogmes spéculatifs, qui empêchent la réunion. Qui ne sait que la question sur la justification fut crue autrefois des plus importantes? Et cependant de la manière qu'on s'explique aujourd'hui, il ne semble pas dilTicile de convenir là-dessus. L'on sait quelle limite on donne en France à l'autorité des papes et des autres pasteurs; combien les rois qui connaissent Rome, sont jaloux de leurs droits : et de la manière que l'honneur rendu aux créatures s'explique dans la théorie, conformément au concile de Trente , il parait très-excusable. Mais la pratique est assez souvent fort éloignée de la théorie. Il se passe bien des choses autorisées publiquement dans l'Eglise romaine, qui alarment la conscience des gens de bien parmi les protestants, et leur paraissent abominables, ou sont au moins très-dangereuses : je laisse à M. Jurieu le soin de les exagérer; car pour moi je souhaiterais plutôt de les adoucir. Ce sont ces pratiques qui empêchent la réunion, plus que les dogmes. Dieu est un Dieu jaloux de son honneur, et il semble que c'est le trahir que de dissimuler en certaines rencontres. Ainsi tout ce qu'on peut dire à l'avantage des décisions de l'Eglise catholique, n'empêche pas qu'un homme de bien ne puisse être alarmé des abus qui se répandent dans l'Eglise, sans que l'Eglise catholique les approuve; et il paraît en certaines rencontres, qu'on est obligé de témoigner son déplaisir. Que si des nations ou des provinces entières s'élèvent contre ces désordres , et qu'on prétende là-dessus les retrancher de la communion; il semble qu'une excommunication si injusle ne leur saurait nuire; et qu'eux-mêmes ne sont pas obligés de recevoir les excommuniants à leur communion , ou, ce qui est la même chose, de retourner à la leur, jusqu'à ce qu'on lève le sujet de leurs plaintes : d'autant qu'ils se plaignent de choses que le concile de Trente n'a pas osé approuver depuis, ou qu'il a plutôt désapprouvées, quoique sans effet dans la pratique. On ne s'élève donc pas contre l'Eglise catholique; mais contre quelques nations ou Eglises particulières mal réglées ; quoiqu'il arrive peut-être que le siège patriarcal de l'Occident, et même la métropolitaine de l'univers y soit comprise, qu'on ne doit considc'rer que comme particulière à l'égard des abus qu'elle tolère. On peut dire en effet que le faible et les intérêts des nations s'y mêlent. Les Italiens et les Espagnols donnent fort dans l'extérieur, et MM. les Italiens se font quelquefois un point de politique de soutenir Rome; aussi profitent-ils le plus de ses avantages. Ils seraient peut-être bien aises que tous les autres fussent leurs dupes, et surtout ceux du Nord; cela est naturel. Mais la nation française devrait se joindre avec la nation germanique, pour remettre l'Eglise dans son lustre , à l'exemple de l'ancien concile de Francfort; et il faudrait profiler de la conjoncture de quelque pape bien intentionné, qui se souviendrait plutôt d'être père commun, que d'être Romain ou Toscan. Je suis assuré que parmi les Italiens, dans Rome même, et entre les prélats, on trouverait bien des gens de doctrine et de probité, qui contribueraient de bon cœur à la réforme de l'Eglise, s'ils voyaient quelque apparence de

PliO.IET llK IM'lIJNInN FNTKE I,HS CATII lU.IQUES

succès. Il faut raôrae rendre cette justice à la ville de Rome, que tout y va bien mieux qu'autrefois; qu'on n'y est pas trop favorable aux bagatelles de dévotion; et qu'elle pourra peut-ôlre un jour recouvrer l'honneur qu'elle avait dans les ancieps temps, de donner bon exemple et de servir do règle.

Mettant donc le concile de Trente à part pour les raisons susdites , on peut dire que l'Eglise catholique n'a pas excouununié les prolestants. Si quelque Eglise italienne le fait, on lui peut dire qu'elle passe son pouvoir, et ne fait que s'attirer une excommunication réciproiiue, à peu près comme disaient un jour' des évoques français à l'égard d'un pape : Si exaimmunicaturus renit, exrominuiiicaiuff abibil : « S'il vient pour excommunier, il s'en ira » excommunié. » Et lorsqu'une Eglise particulière excommunie quelque autre Eglise particulière ou quelque nation, et même quand une Eglise métropolitaine excommunie une Eglise qui est sous elle, ou bien quand un évèque excommunie quelque prince ou particulier de son diocèse, les sentences ne sont pas des oracles : elles peuvent avoir des défauts, non-seulement de nullité, mais encore d'injustice. Car quoique les arrêts des juges séculiers soient exécutés par les hommes, il ne faut pas s'imaginer que Dieu exécute contre les âmes les sentences injustes des ecclésiastiques : c'est ici (|ue la condition Clave non errante a lieu. Tout ce qu'opère laulorilé du supérieur ecclésiastique est qu'on lui doit obéir autant qu'on peut, sauf sa conscience ; ce qui est déjà beaucoup : et c'est à peu près comme les canons disent à l'égard des serments, qu'on doit les garder, autant qu'on peut, sans préjudicier à son àme. Ce n'est donc pas anéantir l'autorité des ecclésiastiques ou des serments , que de les limiter ainsi. On sait assez quelle déférence on a en France et ailleurs jtour les excommunications fulminées dans la bulle In Cœnâ Domini, et pour les décrets de l'Inquisition de Rome. Je ne dis donc rien en cela, que les catholiques romains, et des canonistes, particulièrement ceux de France, ne reconnaissent. Je suis bien éloigné de vouloir éluder l'autorité de l'Eglise et des ecclésiastiques, par une interprétation que M. Polisson me prête ; comme si la restriction , que je donne à la force des excommunications et autres arrêts des supérieurs ecclésiastiques , se réduisait à ce beau privilège : Vous jugerez bien, quand vous jugerez bien. Car je dislingue entre le corps de l'Eglise, qu'on n'accorde pas avoir jamais prononcé contre les protestants, et entre les supérieurs ecclésiastiques hors du corps, qui ne sauraient être infaillibles, et dont les excommunications sont semblables à celles dont le procureur général d'un grand roi a appelé depuis peu au concile général futur.

Après les choses que je viens de dire, il n'est pas nécessaire d'examiner les questions difTiciles, qu'on peut former touchant le salul de ceux qui font tout ce qu'ils peuvent pour croire à l'Eglise catholique, sans en venir à bout, ni comment ils sont dans l'Eglise in vola. Car le cas dos protestants est tout autre, comme je viens de rexpli()uer; et ils

1. C'étaient losovê^ues du parti 'io Louis lo DéboDuaire , qui Piirlaieul ainsi, à Puccaaiuo dua muD'ices qu^uii pretuudait quo Grégoire IV', attacha h Lothaire , avait faite.s de les excommunier. (Eilit. de Déforis.)

ne rejettent que ce qu'ils croient contraire à la doctrine de l'Eglise de Dieu. Je passe aussi plusieurs beaux endroits de l'écrit de M. Pelisson, de peur d'aller trop loin : mais je ne saurais passer des choses très-considérables qu'il dit dans le dernier article, sans faire là-dessus quelque réflexion. Il accorde que l'Eglise a besoin de réformation à l'égard des abus de pratique; que le peuple fait quelquefois un grand abus des images; que le temps est venu où la lecture des livres sacrés ne sera plus défendue; qu'il n'est pas hors d'apparence qu'on pourrait rétablir l'ancienne liberté de communier sous les deux espèces, au moins quatre ou cinq fois l'année , d'autant que les protestants ne communient guère davantage, pourvu qu'on le demande avec la soumission nécessaire; il ne doute point que les princes protestants ne l'obtiennent pour eux et pour leurs Etats, en rentrant dans la communion de l'Eglise romaine. Nous avons vu, dit-il, il n'y a pas dix ans, quand on ne convertissait les gens en France que par la persuasion et par les grâces, ce projet non-seulement écouté à la Cour, et approuvé de nos plus saints prélats, mais en état d'être reçu à Rome, si nos régales et nos franchises ne fussent venues à la traverse.

A propos de cette considération de M. Pelisson , je dirai que lorsque M. l'évèque de Tina, maintenant de Neustadt en Autriche, était ici par ordre de l'empereur pour des vues toutes semblables, j'envoyai moi-même sa lettre à M. l'évèque de Meaux, où il lui donnait part de sa négociation. Cet illustre prélat en ayant parlé au Roi, répondit que Sa Majesté, bien loin d'y être contraire, goûtait ces pensées et les favoriserait. Quelques années après , la négociation de M. de Neustadt avec nos théologiens ayant eu des suites considérables; et M. de Meaux l'ayant su par une lettre de notre incomparable duchesse, que Madame lui avait montrée, il en félicita M. de Neustadt, et répéta les premières expressions. En effet, on peut dire que, depuis le colloque de Ratisbonne du siècle passé , rien n'avait été fait de plus praticable, ni de plus ajusté aux principes des deux partis. Le feu pape en témoigna quelque satisfaction, aussi bien que des généraux de quelques grands ordres, et autres personnes de grande autorité. Mais ces régales et ces franchises vinrent encore ici à la traverse. Il semble que les oll'resde M. de Meaux ne furent pas assez suivies, et que quelques-uns se firent un point de politique de contrecarrer tout ce qu'ils croyaient pouvoir être goûté du feu pape , ou recommandé par l'empereur; comme si les jalousies d'élat devaient lever toute communication et concurrence dans les matières les plus saintes et les plus innocentes. Cependant on peut dire que la glace a été rompue : peut-ôlre que les temps propres à poursuivre ces desseins viendront un jour, et que la postérité nous en saura quelque gré. Il est vrai qu'on y devrait songer de part et d'autre un peu plus qu'on ne fait, au lieu d'entretenir cette funesle séparation, (|ui ne saurait èln; assez pleurée de toutes nos larmes , pour me servir de l'expression touchante de M. Pelisson.

Au resle, je vous assure, Madame, et vous pouvez assurer M. Pelisson, qu'il n'y a rien moins que les considérations de quelque agrandissement tem-

ET LES PROTESTANTS D'ALLEMAGNE

porel de la part de nos princes, qui empêche la paix de l'Eglise. Ils ont fait des pas désinléressés , qui marquent leurs intentions généreuses et sincères, et qui leur donnent droit d'attendre des dispositions réciproques de la part de ceux de l'autre communion, suivant les apparences qu'on leur avait fait voir, auxquelles Monseigneur le Duc , dont les lumières et les sentiments héroïques sont assez reconnus , avait cru devoir répondre par une facilité toute chrétienne. Cette princesse, à qui M. Pelisson donne avec raison le titre de grande et d'incomparable, a eu quelque part à ces bons desseins, et en a été remerciée. Pliit à Dieu que la force des expressions de M. Pelisson, et les raisons de ces grands prélats, qui paraissent animés du même esprit que lui, puissent gagner quelque chose sur les personnes puissantes de leur côté , pour faire revivre nos espérances. Les malheurs des temps s'y opposent, je l'avoue; mais peut-être reverrons-nous encore la sérénité et le calme. Je ne désespère pas entièrement du soulagement des maux de l'Europe , quand je considère que Dieu peut nous le donner, en tournant comme il faut pour cela, le cœur d'une seule personne, qui semble avoir le bonheur et le malheur des hommes entre ses mains. On peut dire que ce monarque, car il est aisé de juger de qui je parle , fait lui seul le destin de son siècle; et que la félicité publique pourrait naître de quelques heureux moments , quand il plaira à Dieu de lui donner une réilexion convenable. Je crois que pour être assez touché, il n'aurait besoin que de connaître sa puissance; car il ne manquera jamais de vouloir le bien qu'il jugera pouvoir faire : et si cette prudence réservée et scrupuleuse, qu'il fait paraître au milieu des plus grands succès dont un homme est capable , lui avait permis de croire qu'il dépendait de lui seul de rendre le genre humain heureux, sans que qui que ce soit eut été en état de l'empêcher et de l'interrompre, je liens qu'il n'aurait pas balancé un seul moment. Et s'il considérait que c'est le comble de la grandeur humaine de pouvoir, comme lui, faire le bien général des hommes, il jugerait bien aussi que le suprême degré de la félicité serait de le faire en ell'et. Les éloges gâtent les princes faibles : mais ce grand roi a besoin de comprendre toute l'étendue des siens, pour faire ce qu'il peut, et pour connaître tout ce qu'il peut faire. Voilà un endroit où l'éloquence inimitable de M. Pelisson pourrait triompher, en persuadant au Roi qu'il est plus grand qu'il ne pense, et par conséquent qu'il est au-dessus de certaines craintes pour le bien de son Etat qui pourraient le détourner des vues plus grandes et plus héro'iques , dont l'objet est le bien du monde. Quel panégyrique peut-on se figurer plus magnifique et plus glorieux , que celui dont le succès serait suivi de la tranquillité de l'Europe, et même de la paix de l'Eglise !

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