CHAPITRE IX
Autre moyen de prouver la bonté des arguments , en les réduisant à la première figure.
Un autre moyen da prouver la bonté des arguments indirects de la seconde et de la troisième figure , est de les réduire à la première , comme à la plus naturelle et à la plus simple.
E)ans celte réduction , on observe que la conséquence soit toujours la même , et on ne change rien que dans les prémisses.
Le changement qu'on y fait est double : l'un est de transposer les propositions, l'autre est de les convertir.
Les transposer, c'est faire la mineure de la majeure; et au contraire.
Les convertir, est transposer les termes.
Nous avons vu que celle conversion est simple , ou par accident :
Simple, quand on garde les mêmes quantités; comme dans ces propositions : Nul menteur n'est croyable; nul homme croyable n'est menteur.
Par accident, quand on change la quantité des propositions; comme quand on dit : Tout homme de bien est croyable; quelque homme croyable est homme de bien.
Cela étant supposé, il est certain qu'à la réserve
DE LA TROISIÈME OPERATION DE L'ESTRIT
Til
de Banco et de Bocardo, tous les modes peuvent se réduire à la première figure.
Ou a même marqué la manière dont se doit faire cette réduction , dans les mots artificiels par lesquels on a expliqué les modes.
La lettre capitale dénote le mode de la première figure, auquel se doit faire la réduction. S'ils commencent par B, la réduction se fait en Barbara; si par C, Celarent, et ainsi du reste.
Où on trouve un S, c'est que la proposition doit se convertir simplement ; où il y a un P, elle se doit convertir par accident; il/ signifie qu'il faut faire une mctatlièse ou transposition. Quant au C qui se trouve au milieu de Baroco et de Bocardo, il y est mis pour marquer que ces modes ne souffrent pas la même réduction que les autres , mais seulement la réduction à l'impossible dont nous venons de parler.
Par exemple , dans cet argument en Camestres :
Ca- Toute science est certaine;
mes- Nulle connaissance des- choses contingentes n'est certaine ;
très. Donc nulle connaissance des choses contingentes n'est science.
Le C capital dénote que l'argument doit se réduire en Celarent.
Pour y parvenir, VM et l'S font voir, l'une qu'il faut transposer; l'autre, qu'il faut convertir la proposition simplement. Faisons donc la transposition et la conversion tout ensemble.
La conversion nous fera dire :
Nulle connaissance certaine n'est la connaissance (les choses contingentes.
La transposition nous fera mettre cette mineure à la tête.
De ce changement résulte l'argument en Celarent.
Ce- Nulle connaissance ne regarde les choses
contingentes ;
la- Toute science est une connaissance cer-
taine;
rent. Donc nulle science ne regarde les choses contingentes.