‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 3)Chapitre 246 sur 609 · Cen., xxv, 22, 23, 32. — 2. Idem, xlix. — 3. Jhid · texte numérisé non relu

Cen., xxv, 22, 23, 32. — 2. Idem, xlix. — 3. Jhid

SECONDE PARTIE

DE LA SUITE DE LA RELIGION

1' qu'à ce que vienne Celui qui doit être envoyé, et » qui sera l'attente des peuples; »ou, comme porte une autre leçon qui peut-être n'est pas moins ancienne, et qui au fond ne diffère pas de celle-ci, « jusqu'à ce que vienne Celui à qui les choses sont » réservées , » et le reste comme nous venons de le rapporter.

La suite de la prophétie regarde à la lettre la contrée que la tribu de Juda devait occuper dans la Terre sainte. Mais les dernières paroles que nous avons vues, en quelque façon qu'on les veuille prendre, ne signifient autre chose que Celui qui devait être l'envoyé de Dieu , le ministre et l'interprète de ses volontés , l'accomplissement de ses promesses , et le roi du nouveau peuple , c'est-à-dire le Messie ou l'Oint du Seigneur.

Jacob n'en parle expressément qu'au seul Juda dont ce Messie devait naître : il comprend, dans la destinée de Juda seul , la destinée de toute la nation , qui , après sa dispersion , devait voir les restes des autres tribus réunis sous les étendards de Juda.

Tous les termes de la prophétie sont clairs : il n'y a que le mot de sceptre que l'usage de notre langue nous pourrait faire prendre pour la seule royauté ; au lieu que , dans la langue sainte , il signifie, en général, la puissance, l'autorité, la magistrature. Cet usage du mot de sceptre se trouve à toutes les pages de l'Ecriture; il paraît même manifestement dans la prophétie de Jacob, et le patriarche veut dire qu'aux jours du Messie toute autorité cessera dans la maison de Juda; ce qui emporte la ruine totale d'un Etat.

Amsi les temps du Messie sont marqués ici par un double changement. Par le premier, le royaume de Juda et du peuple juif est menacé de sa dernière ruine. Par le second, il doit s'élever un nouveau royaume, non pas d'un seul peuple, mais de tous les peuples , dont le Messie doit être le chef et l'espérance.

Dans le style de l'Ecriture, le peuple juif est appelé en nombre singulier, et par excellence, le peuple, ou le peuple de Dieu' ; et quand on trouve les peuples'^, ceux qui sont exercés dans les Ecritures , entendent les autres peuples , qu'on voit aussi promis au Messie dans la prophétie de Jacob.

Cette grande prophétie comprend en peu de paroles toute l'histoire du peuple juif, et du Christ qui lui est promis. Elle marque toute la suite du peuple de Dieu, et l'effet en dure encore.

Aussi ne prétends-je pas vous en faire un commentaire : vous n'en aurez pas besoin, puisqu'en remarquant simplement la suite du peuple de Dieu, vous verrez le sens de l'oracle se développer de luimême, et que les seuls événements en seront les interprètes.

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