XLVI
DISCOURS SUR L'HISTOIRE UNIVERSELLE
rémic', pour donner passage à son vainqueur : enivrée, endormie, traliie par sa propre joie, selon le même prophète, elle se trouva au pouvoir de ses ennemis, et prise comme dans un filet sans le savoir-. On passe tous ses habitants au fil de l'épée : car les Mèdes, ses vainqueurs, comme avait dit Isaïe', ne cherchaient ni l'or ni l'argent, mais la vengeance , mais à assouvir leur haine par la perte d'un peuple cruel , que son orgueil faisait l'ennemi de tous les peuples du monde. Les courriers venaient l'un sur l'autre annoncer au roi que l'ennemi entrait dans la ville : Jérémie l'avait ainsi marqué*. Ses astrologues, en qui elle croyait, et qui lui promettaient un empire éternel, ne purent la sauver de son vainqueur. C'est Isaïo et Jérémie qui l'annoncent d'un commun accord". Dans cet effroyable cai'nage , les Juifs, avertis de loin, échappèrent seuls au glaive du victorieux". Cyrus, devenu par cette conquête, le maître de tout l'Orient, reconnaît dans ce peuple, tant de fois vaincu, je ne sais quoi de divin. Ravi des oracles qui avaient prédit ses victoires , il avoue qu'il doit son empire au Dieu du ciel que les Juils servaient, et signale la première année de son règne par le rétablissement de son temple et de son peuple".