‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 3)Chapitre 257 sur 609 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

La prophétie de Malachie, qui est le dernier des prophètes, et l'achèvement du second temple.

Enfin le temple s'achève, les victimes y sont immolées ; mais les Juifs avares y offrent des hosties défectueuses. Malachie , qui les en reprend , est élevé à une plus liante considération; et à l'occasion des offrandes immondes des Juifs il voit l'offrande toujours pure et jamais souillée qui sera présentée à Dieu , non plus seulement comme autrefois dans le temple de Jérusalem, mais depuis le soleil levant jusqu'au couchant; non plus par les Juifs , mais par les Gentils , parmi lesquels il prédit que le nom de Dieu sera grand ^. Il voit aussi, comme Aggée , la gloire du second temple et le Messie qui l'honore de sa présence ; mais il voit en même temps que le Messie est le Dieu à qui ce temple est dédié. « J'envoie mon ange, dit le Sei- » gneur'' , pour me préparer les voies ; et incon- » tinent vous verrez arriver dans son saint temple » le Seigneur que vous cherchez , et l'Ange de » l'alliance que vous désirez. »

Un ange est un envoyé ; mais voici un Envoyé d'une dignité merveilleuse : un Envoyé qui a un temple , un Envoyé qui est Dieu et qui entre dans le temple comme dans sa propre demeure , un Envoyé désiré par tout le peuple , qui vient faire une nouvelle alliance; et qui est appelé, pour cette raison , l'Ange de l'alliance ou du testament.

C'était donc dans le second temple que ce Dieu envoyé de Dieu devait paraître : mais un autre envoyé précède et lui prépare les voies. Là nous voyons le Messie précédé par son précurseur. Le caractère de ce précurseur est encore montré au prophète. Ce doit être un nouvel Elle remarquable par sa sainteté , par l'austérité de sa vie , par son autorité et par son zèle*.

Ainsi le dernier prophète de l'ancien peuple marque le premier prophète qui devait venir après lui, c'est-à-dire cet Elle, précurseur du Seigneur, qui devait paraître. Jusqu'à ce temps le peuple de Dieu n'avait point à attendre de prophète; la loi de Moïse lui devait suffire ; et c'est pourquoi Malachie finit par ces mots" : « Souvenez-vous de la » loi que j'ai donnée sur le mont Horeb à Moïse » mon serviteur pour tout Israël. Je vous enverrai » le prophète Elle, qui unira les cœurs des pères » avec le cœur des enfants , » qui montrera à ceuxci ce qu'ont attendu les autres.

A cette loi de Moïse, Dieu avait joint les prophètes qui avaient parlé en conformité , et l'histoire du peuple de Dieu faite par les mêmes prophètes dans laquelle étaient confirmées par des expé-

1. Agg.. II, 7,8,9. 10. — 2. il/a(.. i, 11. —3. Idem, m, I. — l. Ibid.. ni, 1; IV, 5, 0. — 5. /iii((., IV, 4,5, G.

SECONDE PARTIE. — DE LA SUITE DE LA RELIGION

riences sensibles les promesses et les menaces de la loi. Tout était soigneusement écrit; tout était dirigé par l'ordre des temps : et voilà ce que Dieu laissa pour l'instruction de son peuple, quand il fil cesser les prophéties.

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