mtth., V, 8. — 2. Philipp., u, G
péché même , il a montré qu'il était , non pas un coupable qu'on punissait, mais le Juste qui expiait les péchés des autres.
De cette sorte, au lieu des vices que les hommes mettaient dans leurs dieux , toutes les vertus ont paru dans ce Dieu-homme; et afin qu'elles y parussent dans les dernières épreuves, elles y ont paru au milieu des plus horribles tourments. Ne cherchons plus d'autre Dieu visible après celui-ci : il est seul digne d'abattre toutes les idoles, et la victoire qu'il devait remporter sur elles est attachée à sa croix.
C'est-à-dire qu'elle est attachée à une folie apparente. « Car les Juifs, poursuit saint Paul', de- » mandent des miracles, » par lesquels Dieu, en remuant avec éclat toute la nature , comme il fit à la sortie d'Egypte , il les mette visiblement audessus de leurs ennemis; « et les Grecs ou les » Gentils cherchent la sagesse » et des discours arrangés , comme ceux de leur Platon et de leur Socrate. « Et nous, continue l'Apôtre, nous prê- » chons Jésus-Christ crucifié, scandale aux Juifs, » et non pas miracle ; « folie aux Gentils , » et non pas sagesse : << mais qui est aux Juifs et aux Gen- » tils appelés à la connaissance de la vérité, la «puissance et la sagesse de Dieu; parce qu'en )> Dieu, ce qui est fou est plus sage que toute la » sagesse humaine, et ce qui est faible est plus » fort que toute la force humaine. » Voilà le dernier coup qu'il fallait donner à notre superbe ignorance. La sagesse oii l'on nous mène est si sublime, qu'elle paraît folie à notre sagesse; et les règles en sont si hautes , que tout nous y paraît un égarement.
Mais si cette divine Sagesse nous est impénétrable en elle-même, elle se déclare par ses effets. Une vertu sort de la croix, et toutes les idoles sont ébranlées. Nous les voyons tomber par terre , quoique soutenues par toute la puissance romaine. Ce ne sont point les sages , ce ne sont point les nobles, ce ne sont point les puissants qui ont fait un si grand miracle. L'œuvre de Dieu a été suivie; et ce qu'il avait commencé par les humiliations de Jésus-Christ , il l'a consommé par les humiliations de ses disciples. « Considérez, mes frères, » c'est ainsi que saint Paul achève son admirable discours'-; « considérez ceux que Dieu a appelés » parmi vous , » et dont il a composé cette Eglise victorieuse du monde. « Il y a peu de ces sages » que le monde admire ; « il y a peu de puissants » et peu de nobjes : mais Dieu a choisi ce qui est » fou selon le monde , pour confondre les sages ; » il a choisi ce qui était faible , pour confondre les >i puissants; il a choisi ce qu'il y avait de plus » méprisable et de plus vil , et enfin ce qui n'était » pas, pour détruire ce qui était, afin que nul » homme ne se glorifie devaiit lui. » Les apôtres et leurs disciples, le rebut du monde, et le néant même, à les regarder par les yeux humains, ont prévalu à tous les empereurs et à tout l'empire. Les hommes avaient oublié la création, et Dieu l'a renouvelée en tirant de ce néant son Eglise, qu'il a rendue toute-puissante contre l'erreur. 11 a confondu avec les idoles toute la grandeur humaine qui s'intéressait à les défendre; et il a fait un si