‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 3)Chapitre 31 sur 609 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Dans les termes négatifs , il faut toujours regarder ce qui leur répond de positif dans l'esprit.

De là s'ensuit qu'en écoutant quelque terme négatif, qui le veut entendre comme il faut doit considérer ce qui lui répond de réel et de positif dans l'esprit : comme pour entendre ce terme « invincible , " il faut considérer, avant toutes choses ce qui est posé dans ce terme; parce que ce qui est posé , c'est-à-dire une force supérieure , est le premier et ce qui fonde l'exclusion de la victoire des autres.

Ainsi, quand on dit : « Dieu est immuable, » on pourrait croire que ce terme n'enferme rien autre chose qu'une simple exclusion de changement. Mais au contraire , cette exclusion de changement est fondée sur la plénitude de l'être de Dieu : parce qu'il est de lui-même, il est toujours; et il est toujours ce qu'il est, et ne cesse jamais de l'être.

DE LA PREMIÈRE OPÉRATION DE L'ESPRIT

De sorte que le changement, qui est signifié par un terme positif, est plutôt une privation que l'immutabilité; parce qu'être changeant n'est autre chose qu'une déchéance, pour ainsi parler, de la plénitude d'être, qui fait que celui qui est proprement , c'est-à-dire qui est de soi , est toujours le même.

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