‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 3)Chapitre 572 sur 609 · TROISIÈME PIÈCE, DU MÊME TEMPS · texte numérisé non relu

TROISIÈME PIÈCE, DU MÊME TEMPS

Tirée de la Vie de saint Faron , év6(nie ilc Mcaux , écrite sous le règne

de Charles le Chauve , iiar llildcgar, aussi évéciue de Meaux 3.

Quorum major natu, Ado nomine, semet cum suis voluplatibus abdicavit, postque intra Jotri saltum monasterium ex beati régula Columbani construxit.

Remarques sur la londation.

Il est constant que c'est là tout ce qu'on a de la fondation de Jouarre; il n'y parait aucun privilège, et loin que cette fondation ait élé royale dans son origine, on voit qu'Ado, un particulier, a fondé ce monastère dans ses terres, et l'a doté de ses propres biens : In proprio solo, atque ex rébus propriis.

Quand cette fondation serait royale , elle ne le serait pas à plus juste titre que celle des monastères de Sainte- Croix de Poitiers , et de Gholles, où deux grandes reines, sainte Radégonde et sainte Batliilde ont pris l'habit de religieuses, après les avoir fondés avec une magnificence royale; et néanmoins ces deux abbayes sont soumises à l'ordinaire dès leur origine. Celle de Jouarre no doit pas se croire plus privilégiée quo ces deux-là; ni quo saint Faron lui ait accordé' plus de privilège qu'au monastère de sa sœur sainte Fare , à qui il est bien constant qu'il n'en a jamais donné aucun , et qui en ellét est toujours demeuré soumis , et l'est encore.

Quant aux privilèges du Saint-Siège, outre qu'U n'en est fait aucune mention, comme on a vu dans l'histoire do celte fondation, on sait d'ailleurs que les Papes n'en accordaient alors qu'à regret, même aux monastères d'hommes; et on ne croit pas qu'on en trou\c aucun exemple pour les monastères de filles. Ainsi , il est déjà très-constant que le monastère do Jouarre est soninis dans son origine, comme il le devait être naturellement, suivant les règles de l'Eglise et la pratique ordinaire de ces temps.

t. Act. Ord. S. Beneil, auct. D. Joli. Mabillon , sœc. 2 , p. -iSC. — 2. Idem. p. 321. - 3. Ibid., p. 012.

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