PATHOLOGIE
{Suite.)
II. Mé.moire de ce qui est a corriger dans la Bibliothèque DES auteurs ecclésiastiques, de m. Du- PLx: et Remarques sur l'Histoire des conciles d'Ephèse et de Chalcédoine, par le même. — On sait que l'abbé EUies Dupin était janséniste et surtout gallican. Il fut même soupçonné, non sans raison, de tendances anglicanes. On peut voir la suite de ses travaux et de ses aventures dans les dictionnaires historiques , notamment dans Feller. Plusieurs de ses écrits figurent à l'Index, entre autres, celui dont il est question ici. « Bossuel, disent les éditeurs de Versailles, présidant à une thèse soutenue par l'abbé Fagon , au collège de Navarre en 1692 , avait attaqué publiquement la manière dont l'abbé Dupin s'était exprimé au sujet du péché originel. En conséquence, la Faculté nomma des députés pour examiner le livre du docteur. Plusieurs écrivains, parmi lesquels il faut mettre au premier rang les Bénédictins de Saint-Vannes , le critiquèrent et le réfutèrent solidement. Mais Dupin ne reconnaissait point ses torts. Son obstination engagea Bossuet à chercher des moyens plus efficaces. Il dressa, pour le chancelier Boucherai, le Mnnoire dont nous parlons. Il y relève les omissions, les erreurs, les singularités qui paraissent dans les premiers volumes de la Bibliothèque des auteurs ecclésiastiques.
» Rien n'était plus répréhensible, dans cette Bibliothèque , que l'histoire des conciles d'Ephèse et de Chalcédoine; et cependant les censeurs avaient fort loué l'érudition et l'exactitude de l'auteur. Ce fut ce qui détermina Bossuet à composer le second
des écrits que nous annonçons. Il est intitulé : Remarques sur l'histoire des coiNxiLES d'Ephèse et de Chalcédoine , par M. Dupin. C'est la suite du premier Mémoire. Bossuet y prouve que Dupin a donné atteinte à l'autorité légitime du Saint-Siège, et affaibli, par des récits inexacts, le respect qu'on doit aux deux conciles dont il a donné l'histoire. L'abbé Dupin finit par s'expliquer d'une manière orthodoxe. » Voyez V Histoire de Bossuet, liv. X, n. 2. Ces deux ouvrages furent imprimés pour la première fois en 1753, dans le tome II des Œuvres posthumes , publication de l'abbé Le Roi , dont nous avons déjà parlé.
PROTESTANTISME
L'époque la plus remarquable de la controverse entre les catholiques et les protestants est, sans contredit, celle de Bossuet. On était arrivé au terme des longues guerres de religion occasionnées par le funeste schisme de Luther et de Calvin : après les combats sanglants, les luttes de la controverse. La polémique oflfrait un intérêt d'autant plus grand que, l'hérésie ayant déjà plus d'un siècle d'existence, on pouvait rencontrer fréquemment des personnes nées dans son sein, qui cherchaient la vérité de bonne foi. D'ailleurs les partisans de l'erreur avaient eu le temps de mûrir leurs sophismes, et de construire leur échafaudage de mensonges : c'était une tâche laborieuse de les poursuivre à travers tous les circuits de leurs systèmes, et de démasquer les fraudes à l'aide desquelles ils falsifiaient la divine révélation et l'antiquité ecclésiastique. L'amour de la vérité et l'amour des âmes convièrent Bossuet à ce travail, où il obtint des succès si consolants et déploya toute la force de sa dialectique.
AVERTISSEMENT DK L'ÉDITEUR.
les ressources d"une science profonde , la fcnnelé de son bon sens, la vigueur de son génie, en mùme temps que l'ardeur de son zèle charilalilc.
Le Irailô de WestpluUie avail sanctionné l'établissement des puissances protestantes en Allemagne et dans le nord de l'Europe. En France, l'ôdit de Nantes avait donné droit de cité à l'erreur. Nous n'avons pas à examiner ici la révocation de cet édit par Louis XIV, ni à louer la modération et l'esprit vraiment apostolique dont l'épiscopat français et Bossuet, en [larticulier, tirent preuve à cette occasion. Le lecteur peut voir là-dessus l'ouvrage du cardinal de Bausset, livre XI, n. 15 et suivants. Mais il est certain que l'introduction du protestantisme en France y jetait un principe de division et de faiblesse : d'un autre côté, la création de nations protestantes brisait la chrétienté. L'idée de rétablir l'unité avait de quoi séduire Bossuet, lui qui, du haut de la chaire, s'était glorifié de son double litre de Français et de chrélien.
Cette série des travaux du grand èvêque doit donc un singulier caractère de grandeur à son objet et à son but. Le génie de l'illustre controversiste n'y parut jamais inférieur. Quant à ses adversaires, ils curent de l'ardeur au travail, de la souplesse, de l'invention; le protestantisme, à aucune époque, n'a eu de plus habiles défenseurs. Néanmoins, sans parler de leurs défauts littéraires, personne d'entre eux ne montre un talent vraiment supérieur; la plupart descendirent souvent à des ruses , à des subterfuges, à des déguisements, et à des altérations de la vérité, très-peu honorables. Nous verrons que Leibnitz lui-même a déshonoré sa belle et vaste intelligence par les indignes calculs auxquels il se prêta , lors du projet de réunion des protestants d'Allemagne. Il nous suffit d'indiquer ici les traits généraux : dans la notice spéciale de chaque ouvrage , on verra les circonstances particulières qui s'y rapportent.
L'ordre des ouvrages sur le Protestantisme varie suivant les éditions. Le meilleur, à notre avis, est celui qui a été adopté par les éditeurs de Versailles. Il concilie les exigences de la logique et ceux de la chronologie , autant qu'il est possible. Les éditeurs qui s'en écartent sur quelque point, sont obligés de reconnaître qu'il y a des raisons de s'y conformer : aucun ne donne des raisons sérieuses de le changer. Nous avons donc cru qu'il était de notre devoir de nous y tenir, ou, si l'on aime mieux, d'y revenir. Le lecteur verra d'abord le double objet de la controverse, la vérité, une et simple, dans VExposilion du la foi calhnlique, cl l'erreur, mobile et multiple, dans Vliistnire des Variations. Ensuite le point essentiel est établi victorieusement dans les
Imtruciions sur les promesses , complétées par d'auiros écrits antérieurs, ou plutôt, venant les couronner. Viennent alors des solutions do difficultés particulières, accessoires, on peut le dire, dans une polémique où il s'agissait principalement de l'autorité de l'Eglise, et quelques conseils pour la direction des nouveaux convertis. Enfin , comme toute controverse, suivant l'esprit catholique, devrait aboutir à l'unité du bercail, cette série des travaux de Bossuet se termine par les pièces qui se rapportent aux essais de réunion. Telles sont, en négligeant le détail , les lignes saillantes de ce bel édifice.
I. Exposition de la DocrniNE de l'Eglise catholique SUR LES MATIÈRES DE CONTROVERSE, AVEC UN
Avertissement de l'auteur et quelques Lettres relatives A cet ouvrage. — Tout ce qui a rapport à cette œuvre si importante, excite un trop puissant intérêt pour que le lecteur veuille se contenter d'une notice de quelques lignes. Après avoir entendu Bossuet lui-môme expliquer sa pensée dans ['Acertissement et dans quelques Lettres, il consultera son savant historien (livre III, paragr. 13 et suiv., et Pièces justificatives du même livre, n" 1). Notons que les Lettres annoncées ici furent publiées pour la première fois en 1788, dans l'édition de D. Déforis.
II. Fragments sur diverses matières de controverse. — Sous ce titre, nous réunissons après Le Roi, D. Déforis et les éditeurs de Versailles, cinq ébauches, destinées par Bossuet à entrer dans le plan d'une grande réfutation des deux ministres qui avaient attaqué V Exposition de la doctrine catholique. Comme 11 s'agissait uniquement de montrer l'accord des catholiques sur les points de cette Exposition, l'illustre auteur a sans doute pensé que ce travail devenait inutile, après les nombreuses et éclatantes approbations qu'avait reçues l'ouvrage attaqué.
Voici comme s'exprimait Le Roi, en 17.53, dans la préface des Œuvres posthumes : « La plupart de ses matériaux lui servirent (à Bossuet), et furent insérés dans ses dilTérents ouvrages. Les seuls morceaux De la satisfaction de Jésus-Christ, et De la Traditio7i , peuvent être regardés comme des dissertations entières. Nous y avons joint celui Dm culte des images , parce que ce fragment considérable met très-bien au fait du plan de l'auteur, et donne une idée de la méthode qu'il faudrait suivre pour traiter à fond cette matière. L'ouvrage entier Du culte des images devait contenir six chapitres, dont il ne nous reste que le premier, et peut-êlre la