‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 142 sur 545 · Par;. 23. — 2. Pag. 35S, 361. — 3. Pag · texte numérisé non relu

Par;. 23. — 2. Pag. 35S, 361. — 3. Pag

SUR L'IiLÎLlIlARISTlE.

» lulhôriens, que pour la nôtre. » Nous avons fait voir ailleurs que ce l'ail esl trôs-conslanl, el que l'auleurn'a pu en disconvenir, quoiqu'il ne l'ait pas avoué peut-être avec autant de sincérité, que le demandait un fait si constant. Mais ce n'est pas seulement sur le point de la transsulislanliation, que les auteurs de la réforme iirélendue nous trouvaient plus raisonnables; il n'est pas moins certain qu'ils soutenaient, par des traités exprès, que nous avions encore raison sur l'adoration, ou, pour me servir des termes de l'auteur', « que, supposé que le » corps de Jésus-Christ fût présent réellement, il y » avait plus de raison de l'adorer dans le sacrement » môme, que de ne l'y adorer pas. » Voilà doux points importants, où les prétendus réformés trouvaient, au commencement, que notre doctrine était plus suivie que celle des luthériens; mais de plus, ils avaient raison d'en juger ainsi. Nous avons tiré de leurs principaux auteurs, et môme de leurs synodes, des preuves Irès-claires pour donner une préférence assurée au changement de substance , supposé la réalité; et pour ce qui est de l'adoration, pour peu que nos adversaires se dépouillassent de l'aversion qu'ils ont contre Rome, il n'y en a guère parmi eux, qui, se mettant à la place des luthériens, et supposant Jésus-Christ présent, n'aimât mieux l'adorer avec nous, que de chercher de vaines excuses pour se défendre de rendre à son Dieu un culte si nécessaire. Cependant les raisons des luthériens, quoique plus faibles dans la pensée des prétendus réformateurs , sont devenues les meilleures dans l'esprit de ceux qui les ont suivis; et les catholiques, autrefois plus raisonnables, sont maintenant condanmés avec plus d'aigreur.

Je veux bien qu'on soit revenu à des sentiments plus doux envers les luthériens. « Il faut, dit l'ano- » nyme^, que les chrétiens soient modérés. » A quoi il ajoute, « que les divisions sont d'ordinaire » plus aigres dans leur naissance que dans leurs » suites, et plus grandes entre les personnes plus » proches qu'entre les plus éloignées. » Mais est-il juste qu'on ne s'adoucisse envers les luthériens, que pour être plus implacable envers nous? Malgré tant de sentiments qui étaient comnmns entre les luthériens et les calvinistes, il y avait du moins quelques endroits où les derniers nous faisaient justice; ils confessaient que notre doctrine, sur le point de l'Eucharistie, était plus suivie et plus raisonnable. Maintenant nous avons tort en tout : les raisons des luthériens, pour se défendre de l'adoration , môme supposé la réalité, ces raisons, dis-je, qui autrefois paraissaient insupportables, sont maintenant écoutées. Nous sommes les seuls pour qui le temps ne peut rien du tout; nous ne pouvons rien dire de si clair, que nous puissions faire entrer dans l'esprit des prétendus réformés. Ils nous soufl'riront la réalité en faveur des luthériens, cpii l'enseignent aussi bien que nous. Mais parce que croyant Jésus-Christ présent , nous ne pouvons nous empêcher de l'adorer, Jésus-Christ lui-mémo nous exclura de son royaume, el sera plus favorable aux luthériens, qui, le croyant aussi présent, ne l'adorent pas : est-il une pareille injustice?

Les autres raisons dont on se sert pour mettre de la différence entre nous et les luthériens, ne sont

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