CHAPITRE II
Que M. Simon se condamne lui-mâme , en avouant que-saint Augustin, qu'il accuse d'être novateur, a été suivi de tout l'Occident.
Il ne sera pas mal aisé de le réfuter; mais en attendant que j'entreprenne une si facile et si nécessaire réfutation , il est bon de faire voir, en un mot, que ce téméraire censeur se réfute lui-même le premier. Car en attaquant si hardiment ce saint docteur 2, il est forcé d'avouer en même temps qu'il est le docteur de l'Occident, et que c'est à sa doctri^ie que les théologiens latins se sont principalement attachés; ce qui s'entend, de son aveu propre, de ce qu'il a enseigné sur la matière de la grâce, plus encore, sans comparaison, que de tout le reste; car c'est à l'occasion de celte matière, que notre auteur demeure d'accord, que saint Augustin était devenu l'oracle de V Occident^. Voici donc le prodige qu'il enseigne : Qu'une nouveauté, une opinion particulière, une explication de l'Ecriture dont on n'avait jamais entendu parler, et encore une explication dure et rigoureuse, comme l'appelle M. Simon à toutes les pages, a gagné d'abord tout l'Occident.
Je n'en veux pas davantage , et sans ici disputer pour saint Augustin contre son accusateur, j'appelle son accusateur insensé devant l'Eglise d'Occident, à qui il fait suivre la doctrine d'un novateur,