‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 418 sur 851 · p. 101. - 2. Idem · texte numérisé non relu

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de sa cause, se jette sur des digressions et des lieux communs. Mais le contraire parait par la lecture de cette homélie , et il faut être bien prévenu pour ne pas sentir avec quelle force les ariens y sont poussés par saint Basile. Cependant on le traite de simple rhéteur; et si l'on veut savoir quelle idée notre critique attache à ce mot, il n'y a qu'à lire ce qu'il dit de saint Grégoire de Nazianze' : « Qu'il » raisonne quelquefois plutôt en rhéteur qu'on théo- » logien , » lui à qui tout l'Orient a donné le titre de théologien par excellence ; et comme si le critique ne s'était pas encore expliqué d'une manière assez méprisante : « Les grands orateurs , » continue-t-il^, « se contentent souvent de raisons qui ont » quelque faible apparence. » Ce terme, les grands orateurs, fait assez sentir le style moqueur de notre critique. On n'est point, à parler juste, un grand orateur, mais un rhéteur impertinent , quand on se contente des apparences de la raison , et non pas de la raison même.

Voilà comme on traite les deux plus sublimes théologiens de leur temps, et en particulier saint Grégoire de Nazianze, quoique l'Orient l'ait tellement révéré, qu'il en a fait, comme on a vu, son théologien : il n'est pourtant qu'un rhéteur, c'est-àdire un vain discoureur, qui prend l'apparence, c'est-à-dire, l'illusion pour la vérité, aussi bien que son ami saint Basile, dans le discours le plus sérieux qu'il ait jamais prononcé.

Philostorge , l'historien des ariens et l'ennemi de l'Eglise, parle plus honorablement de ces grands hommes, puisqu'il admire en eux la sagesse, l'érudition, la science des Ecritures, jusqu'à dire qu'on les préférait à saint Athanase; et pour ce qui est du discours, il attribue en particulier la noblesse et la force, aussi bien que la beauté, à saint Basile; et la solidité avec la grandeur, à saint Grégoire de Nazianze. Voilà quels ils étaient dans la bouche des ariens leurs ennemis, et on a vu quels ils sont dans celle de M. Simon, qui fait semblant de les révérer.

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