‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 420 sur 851 · p. \-n. — 2. Idem. — 3. P · texte numérisé non relu

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DKFKNSE DE LA TRADITION ET DES SAINTS PÈRES

aiimiror la liaison, que ce oriliquc n'a pas senlio.

Encore, si en ôlanl à l'Eglise le nombre des nremes. il lui en avait laissé la force, la loi dcmeurerail sunisammenl établie, et on pourrait bien en croire un Dieu, quaml il n'aurait parlé qu'une fois. Mais ces passages, que saint Rasile semait par-ci par-là dans ses discours, sont, dit il ', pour la plupart, les mèmeaqui ont été produits ci-dessus sous le nom d'Athanase. Souvenons-nous donc tiuels ils étaient , et ce qu'en a dit notre auteur. Celaient des passages dont nous avons vu que, selon lui, on ne pouvait rien conclure de clair. C'est ainsi (in'il jette de loin en loin des paroles qui , rapprochées et unies ensemble, comme un hérétique ou un libertin le saura bien faire, laissent les preuves de l'Eglise, non-seulement en petit nombre, mais encore faibles; ce qu'il conlîrme en ajoutant- : « Que la plu- » part de leurs disputes » (de saint Basile et d'Eunome) « roulent sur les conséquences qu'ils lirenl » de leurs explications; en sorte qu'on y trouve plus » de raisonneme-nls que de passages du Nouveau » Testament. » Nous examinerons ailleurs ce qu'il ajoute encore un peu après' : « Que celle mclhode » n'est pas exacte, à cause que la religion scmble- » rail dépendre plutôt de notre raison que de la » pure parole de Dieu. » Il suffît ici de faire voir que l'esprit de notre critique est de donner un mauvais tour aux preuves des Pères.

C'est encore une autre malice contre les Pères, de prendre plaisir à relever les défauts qu'on croit trouver dans leurs preuves. Saint Basile, dit noire auteur, se sert aussi de quelques preuces tirées de l'Ancien Testament; (on voit toujours en passant l'affectation d'exténuer le nombre des preuves); mais, poursuit-il', il ne suit pas toujours le sens le plus naturel. Il en rapporte un exemi)le dont je ne veux pas disputer; car il n'esl pas nécessaire qu'il n'y ait jamais dans les Pères, des preuves plus faibles ou même défectueuses. Ce ([u'il fallait remarquer, c'est que pour une preuve de celle nature, les Pères en ont une infinité de si convaincantes, que les hérétiques n'y pouvaient répondre que par des absurdités manifestes. Tout lecteur é(|uilable en portera ce jugement; et sans cet avis nécessaire, les exeiiqdes de pareils défauts, dont l'auteur a rempli son livre , ne servent qu'à insinuer le mépris des Pères, el c'est aussi le dessein qui règne dans tout cet ouvrage.

CIlAI'lTRt: XIV.

Méprit de M. Simon pour saint Grégoire de .\ijsse , et pour les écrits ou il établit la foi de la Trinité.

VoiL.K pour ce qui regarde saint Basile. Saint Grégoire de Nyssc, son frère et son défenseur contre Eunome, ne vaut i»as mieux; puisf|u'e?uore qu'il foil plus exact et attaché à son sujet dans les douze litre» qu'il a écrits contre Eunome, pour la défense de saint liasile, il y conserce néanmoins l'esprit de rhéteur*. Le voilà donc déjà rhéteur et vain discoureur comme les autres : l'hhant de persuader ses lecteurs autant par la beauté de son art que jiar la force de ses raisons. Cet autant envelo|)pe un peu la mnlit'riilé de l'auteur; mais au fond c'est tro|) claireiiienl s'opposer à la vérité, que de choisir

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constamment en laat de lieux des paroles pour l'obscurcir.

Poursuivons. Etant orateur de profession, il fait entrer dans tous ses discours les règles de son art*. On a vu ce que c'est qu'un orateur, dans le style de notre critique; el de là vient, qu'ayant rangé saint Grégoire de Nysse dans cet ordre, il en lire celle conséquence : C'est pourquoi, àil-'û^, il faut lire beaucoup pour y trouver (dans cet ouvrage contre Eunome) un petit nombre de passages du Nouveau Testament expliqués. Il se trompe, il y en a un très-grand nombre , ou étalés au long , ou pressés ensemble, comme nous avons dit de saint Basile. Mais l'auteur alTecle de parler ainsi, parce qu'il ne nous veut point tirer de l'idée du petit nombre et de la faiblesse des preuves de l'Eglise.

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