‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 497 sur 851 · Phoi., Bm. eo'l. CXI,. — 2. p · texte numérisé non relu

Phoi., Bm. eo'l. CXI,. — 2. p

efficace, comme si c'était une erreur de prêcher cette grâce qui tourne les cœurs où elle veut, el comme si saint Paul eût affaibli sa prédication en exhortant si souvent les fidèles à la demander. Quelle grâce ce grand apôtre demandail-il pour les Corinthiens, lorsqu'il disait ces paroles : Nous prions Dieu que vous ne fassiez aucun mal*, sinon celle qui les empêchait effectiveraent de commettre le péché , el qui les délivrait avec un effet très-certain d'un si grand mal? Saint Chrysostome n'avait pas besoin d'une louange, où, sous prétexte de lancer un trait contre saint Augustin, on le fait luimême contraire à sainl Paul.

C'est encore dans le même esprit que le même M. Simon parle en ces termes ^ : Si l'on compare les homélies de saint Chrysostome avec ces discours de saiyit Augustin (sur sainl Jean), on remarquera une très-grande différence entre ces deux savants évêques. Le premier évite toujours les allégories , et les pensées trop subtiles : saint Augustin, au contraire , les affecte presque partout , et l'on ne voit pas même quelquefois où il veut aller. Je ne veux ici remarquer que le faux zèle du critique pour saint Chrysostome. Il évite toujours, dit-il, les allégories. Si c'est en cela qu'on le préfère à saint Augustin, rien n'empêche qu'on ne le fasse en même temps plus sage que sainl Paul. Pour ce qui est des subtilités, lorsqu'il les fait toutes éviter à saint Chrysostome, il oublie ce qu'il dit lui-même^ que les réflexions de sainl Chrysostome sur un passage de sainl Paul sont fort subtiles; que s'il se sauve par le trop, c'était à lui à montrer par quelque chose d'un peu d'imporlance dans saint Augustin , en quoi était ce trop de subtilité , qui fait qu'on ne voit pas quelquefois où il veut aller. Autrement nous condamnerons la témérité d'un censeur qui parle sans preuves comme s'il disait des oracles, et nous prendrons l'aveu qu'il nous fait de ne pouvoir suivre saint Augustin, pour un témoignage de son ignorance.

Au reste, quelque favorable qu'il semble être à saint Chrysostome , il a son coup comme les autres, et l'ongle de notre critique ne l'épargne pas. En parlant de ses homélies sur saint Âlatthieu , qui sont son chef-d'œuvre : Si, dit-iP, on n'y apprend pas le sens littéral du texte de saint Matthieu , l'on y voit au moins quelle était la doctri7ie de son temps. Voilà une belle ressource à qui veut qu'on lui explique la lettre, qui est pourtant ce qu'on cherche dans saint Chrysostome. Quand il excuse un peu après ses digressions morales, sur la nature des discours qu'on fait au peuple, il ne le rend pas pour cela plus foncièrement littéral; et quand il ajoute encore, qu'il n'y a aucun écrivain ecclésiastique qui se soit attaché autant dans ses homélies à expliquer la lettre de l'Ecriture, ce n'est pas dire qu'il s'y attachât beaucoup; mais que les autres écrivains ecclésiastiques ne s'y attachaient guère , et qu'en tout cas, en s'y attachant, ils réussissaient fort peu à la faire entendre; puisqu'avcc saint Chrysostome, qui s'y attachait le plus, on ne l'entend pas. Voilà comme la dent venimeuse de notre critique répand le mépris sur tous les Pères, en commençant par les grecs qu'il fait semblant d'estimer.

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