‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 514 sur 851 · p. 131. — -2. p. l(iS. — 3. p. 17S · texte numérisé non relu

p. 131. — -2. p. l(iS. — 3. p. 17S

DÉFENSE DE LA TRADITION ET DES SAINTS PÈRES

a vu . au-dossus de lui, et qui môme relève au-dessus de ce qu'il y a eu dans (Eglise de plus excellent pour interpréter l'Ecriture.

A bien juger de cet auteur, il faudrait dire que son style est faible comme son raisonnement, et qu'il est presque partout au-dessous de son sujet. Pour peu que la maliCM-e qu'il trouve soit difficile et l'oblige à sortir du chemin ballu , il s'embrouille d'une manière à n'être point entendu, témoin ce qu'on vient de voir sur les deux enfers, qui tient une grande place , et toute pleine de ténèbres et d'égarements dans son Commentaire. C'est dans ses noies sur ce verset : En qui tous les hommes ont péché* : IN Qio OM.NES PECC.WERUNT, un rafTinemcnt particulier de dire, que cet in quo signilie Eve : que c'est en elle que saint Paul enseigne que nous sommes tous pécheurs; et que s'il a dit in quo, quoiqu'il parlAt d'une femme, cum de muliere loquatur, c'est à cause que la femme est homme , en prenant ce mot pour le genre , et qu'en ce sens Eve était Adam : et ipsa enim Adam est, parce qu'Adam signilie homme; de sorte que c'est merveille qu'au lieu d'un nouvel Adam, saint Paul ne nous a pas donné en Jésus-Christ une nouvelle Eve. Je ne sais pourquoi M. Simon n'a pas relevé une remarque si particulière à ce commentateur, dont il prise tant les rares talents. Il devait encore observer sur ce passage de saint Paul : Peccatu.m occasione accepta PER MA.NDATUM FEFELLIT ME : le péché a pHs occasiou du commandement pour me tromper et pour me donner la mort-, que le péché dans cet auteur, c'est le diable : peccaluin hoc loco diaholum intellige ; ce qu'il inculque bien fortement en un autre endroit'. C'est aussi l'explication de Pelage, qui ne voulait point entendre que la concupiscence, qu'il croyait bonne, fut appelée péché par le saint apôtre. Je pourrais relever beaucoup d'autres notes aussi malheureuses de ce commentateur, et en conclure qu'il n'entendait guère son original; mais c'en est assez pour faire voir que cet auteur, si estimé de M. Simon, encore que par sa doctrine mêlée, et dans des siècles moins éclairés , il ait longtemps imposé au monde sous le grand nom de saint Ambroise, n'a point eu au fond de meilleur titre pour gagner l'estime de notre critique, et mériter la préférence qu'il lui adjuge au-dessus presque de tous les auteurs ecclésiastiques, du moins de tous les Lalins, que d'avoir été dans une grande partie de son Commentaire, comme je le nomme sans crainte, un précurseur de Pelage.

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