Rom., V. Vi. - 2. Idem, vu. \\ . — 'i. Ibid., v
piétés de Luther : de sorte qu'il se trouvera, par la critique de M. Simon, que les deux commentateurs les plus dignes de ses louanges parmi les Latins , sont Hilaire, très-favorable aux sentiments de Pelage, et Pelage môme.
C'est pourquoi il lâche partout de le rendre conforme aux anciens et surtout à saint Chrysostome , « L'on prendra garde, » dit-il', « que pour ne pas » s'accorder avec la doctrine qui a été la plus com- » mune après saint Augustin parmi les Latins, Pé- » lage n'est pas pour cela hérétique : autrement il » faudrait accuser d'hérésie la plupart des anciens » docteurs de l'Eglise. » C'est dire assez clairement que la doctrine la plus commune de l'Eglise latine était contraire à l'antiquité. Il poursuit : ic Pelage » s'accorde, » dit-iP, « avec les anciens commenta- )) leurs dans l'interprétation de ces paroles, Tradi- » dit illos Deus in desideria cordis eorum , encore » qu'il soit éloigné de saint Augustin. » C'est saint Augustin qui a tort , c'est lui qui innove, c'est Pelage qui s'attachait à la Tradition. Mais en quoi? l'auteur le va dire : celle expression Tradidit, Dieu a livré, ne marque pas, dit Pelage, que Dieu ait livré lui-même les pécheurs aux désirs de leurs cœurs , comme s'il était cause de leurs désordres. C'est donc à dire que saint Augustin faisait Dieu cause des désordres. M. Simon l'inculque partout, comme la suite le fera paraître, et Pelage savait mieux que lui condamner celte impiété.
Nous verrons ailleurs qu'il soutient cet hérésiarque, dans la manière dont il élude le plus beau passage de saint Paul pour le péché origneP. Mais on ne peut pas tout dire à la fois, ni ramener en un seul endroit toutes les erreurs de M. Simon. Nous avons ici à considérer l'air d'antiquité qu'il donne partout à Pelage. Poursuivons donc. Pelage, dit-il, suit d'ordinaire les interprétations des Pères grecs, pri7icipalement celles de saint Chrysostome. Je le nie, et en attendant l'examen plus particulier de celte matière, on voit l'affeclalion de justifier Pelage, en le faisant d'ordinaire conforme aux saints docleurs. La même idée se trouve partout*. « On ne » peut nier que l'explication, qui est ici condamnée » par saint Augustin, ne soit de Pelage dans son » Commentaire sur l'épître aux Romains; mais elle » est en même temps de tous les anciens commen- » lateurs. » Voilà un acharnement qui n'a point d'exemple, à adjuger à un hérésiarque la possession de l'antiquité. Ailleurs : Toute l'antiquité, dit-il, semblait parler en leur faveur, (de Pelage et de ses disciples dont il s'agit en cet endroit). Ce n'est pas tout, « on trouve, » continue-l-il ^, « dans » les deux livres de saint Augustin sur la grâce de » Jésus-Christ et sur le péché originel, plusieurs » extraits des ouvrages de Pelage , dont le langage » paraît peu éloigne de celui des Pères grecs : » et il ajoute, « qu'encore que ces expressions pussent » avoir un bon sens , elles ont été condamnées par » saint Augustin. » Il insinue, qu'il n'y avait qu'à s'entendre etciue la dispute était presque toute dans les mots. C'est pourquoi il ajoute encore : « Si saint )) Augustin s'était contenté de prouver par l'Ecri- » ture, qu'outre ces grâces extérieures, il faut né- « cessairemenl en admettre d'intérieures, il aurait » ruiné l'hérésie des pélagiens sans s'éloigner de
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