‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 564 sur 851 · I. De grat. et lib. (irb., c. xxiv · texte numérisé non relu

I. De grat. et lib. (irb., c. xxiv

DÉFENSE DE LA TRADITION ET DES SAINTS PÈRES

fait dire à notre oriliqiie et fi ses semblables, que les sentiments rotractos par saint Augustin étaient les plus naturels comme les plus anciens; car le contraire parait maintenant par le progrès qu'on vient de voir de sa doctrine. Aussi faul-il remarquer, et c'est la dernière rèllexion que nous avons à faire sur cette matière, que dans le temps où ce Père avoue qu'il se trompait, il ne dit pas qu'il fût tombé dans cette erreur en suivant les anciens docteurs. Il faut laisser un sentiment si pervers et si faux à Grolius et à ses disciples. Pour saint Augustin il dit bien, ce qui est très-vrai , que les anciens n'ont pas eu d'occasion de traiter à fond cette matière, et ne s'en sont expliqués que brièvement et en passant, dans quelques-uns de leurs ouvrages, transeuî^ter et BREviTER, comme il a déjà été remarqué; mais loin de dire par là qu'ils se fussent trompés ou qu'ils eussent d'autres sentiments que ceux qu'on a suivis dépuis, il dit formellement le contraire; et non content de le dire, il le prouve par des passages exprès de saint Cyprien, de saint Grégoire de Nazianze, de saint Ambroise et des autres, ajoutant, qu'il en pourrait alléguer un bien plus grand nombre, si la chose n'était constante d'ailleurs par les prières de l'Eglise. El il est vrai que cet esprit de prières, qui est dans l'Eglise, emporte une si précise et si haute reconnaissance de la prévention de la grâce qui nous convertit, que c'est principalement sur ce fondement que l'Eglise en a fait un dogme de foi contre les semi-pélagiens; de sorte que revenir aux sentiments rétractés par saint Augustin ; c'est non-seulement envier à ce saint docteur la grâce que Dieu lui a faite de profiter tous les jours de la lecture des saints livres , mais encore s'attaquer directement à l'autorité de l'Eglise catholique. De tout cela il résulte que quand la doctrine de saint Augustin n'aurait pas reçu du Saint-Siège et de toute l'Eglise catholique les approbations qu'on a vues, et qu'il n'en aurait pas d'autres que celle d'avoir été regardé durant vingt ans, comme le tenant de l'Eglise, sans avoir été repris que de ceux qu'on a réprimés par tant de censures réitérées , il n'en faudrait pas davantage pour le préférer aux autres docteurs en cette matière; et c'est aussi ce qu'ont fait tous les orthodoxes anciens et modernes, et entre autres les scolastiques, à l'exemple de saint Thomas qui en est le chef.

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