‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 576 sur 851 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

M. Simon continue d'attribuer à saint Augustin l'erreur de faire Dieu auteur du péché avec Bucer et les prolestants.

Monsieur Simon pousse si loin cette idée, qu'à l'entendre, saint Augustin, en combattant les pélagiens, s'est jeté dans l'autre excès, c'est-à-dire, dans les erreurs les plus odieuses de Luther et de Calvin. C'est ce qu'on aura souvent à remarquer, et je rapporterai seulement ici ce qu'il a dit de Bucer', lorsqu'on parlant des manières dures dont il s'exprime, quand il parle de la prédestination et de la réprobation, qui vont jusqu'à faire Dieu auteur du péché, il remarque que cet auteur cite pour lui les anciens écrivains eccle'siastiques ; mais la sentence de M. Simon est qu'il se trompe en cela. Car, dit-il, à la réserve de saint Augustin , et de ceux qui l'ont suivi, toute l'antiquité lui est contraire. Si l'on n'était trop accoutumé aux emportements de ]\I. Simon, il faudrait se récrier à chacune de ses paroles. On ne pouvait plus formellement faire de saint Augustin un défenseur de Bucer et des durelés des protestants, un homme par conséquent plus propre à rebuter les pélagiens qu'à les instruire, et qui se laisse emporter aux excès les plus odieux. Tel est l'homme que l'Eglise a tant loué, et à qui elle a confié la défense de sa cause.

Nous avons déjà remarqué^, que pour préférer Pelage à saint Augustin, il dit qu« ce Père a fait Dieu auteur du péché : ici, pour lui égaler les protestants, il lui attribue la même erreur, et il n'y a point d'excès dont il ne l'accuse en faveur des hérétiques.

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