Cap. II. — 2. Se$s. v, c. ii. — 3. P
DÉFENSE DE LA TPxADITIOX ET DES SAINTS PÈRES.
daiU, j'avouerai qu'on n"apas dessein de condamner personnellement les Pères qui auront parlé avec moins de jtrooaulion , ou avant les diflicullos survenues, ou sans y être allenlirs; mais de là son suivrat-il qu'il soit permis de suivre les expositions que les conciles auront condamnées, ou qu'il ne faille pas s'attacher à ce qu'on aura décidé de plus correct? Quelle critique serait celle-là, et quelle porte ouvrirait-elle aux novateurs?
Les Pères de Trente et de Milève, poursuit le critique, ti'ont songe' qu'à condamner l'hércsie des pélagiens. Je vois bien qu'il aura ouï dire, qu'en obligeant à recevoir les délinilions des conciles , à peine d'être hérétique , les théologiens n'obligent pas ordinairement, sous la même peine, à recevoir toutes les preuves dont les conciles se servent; mais premièrement, les théologiens qui parlent ainsi, ne permettent pas pour cela d'aiïaiblir ces preuves. Une si étrange témérité est-elle exemple de censure? en matière de religion ne faut-il craindre précisément que d'être hérétique? n'est-ce rien de favoriser l'hérésie et de désarmer l'Eglise, en lui ôlant ses fondements principaux? Que deviendra la saine doctrine, s'il est permis d'en renverser les remparts l'un après l'autre? M. Simon aura détruit celui de saint Paul : un autre attaquera celui de David, où l'on voit l'homme conçu en iniquité. Par ce moyen la place est ouverte, et l'Eglise sans défense. Mais secondement, ce n'est pas le cas où les théologiens excusent ceux qui ne veulent pas recevoir toutes les preuves des conciles. Lorsque les conciles déclarent en termes formels , comme ceux de Trente et de Carthage font ici, que le sens qu'ils donnent à un passage est celui que l'Eglise catholique, répandue par toute la terre, a toujours reçu, et qu'il n'est pas permis d'en suivre un autre, l'Eglise veut astreindre les fidèles à la preuve comme au dogme, et n'écoule plus ceux qui la rejettent.