CHAPITRE XII
Que saint Augustin a raison de supposer comme incontestable , que la mort est la peine du péché. Principe de ce saint , que la peine ne peut passer à ceux à qui le péché ne passe pas. Que le concile d'Orange a présupposé ce principe comme indubitable.
La preuve en est toute faite par saint Augustin , qui a démontré en cent endroits, que la peine du péché d'Adam n'a pu passer dans ses descendants qu'avec sa coulpe, et qu'on a raison de supposer que les Pères nous ont montré l'homme comme pécheur, partout où ils l'ont montré comme puni.
Il ne s'agit pas ici de disputer si Dieu pouvait absolument créer l'homme mortel. Indépendamment de ces questions abstraites, et en regardant seulement les choses comme elles sont établies dans l'Ecriture, il est certain que la mort y est marquée comme la peine précise de la désobéissance d'Adam. Le texte de la Genèse y est exprès : saint Paul ne le pouvait pas conlirmer plus expressément, ni parler en termes plus clairs, que lorsqu'il a dit : Ja mort est la solde, le paiement, la peine du péché*. Je n'ai pas besoin de rapporter les preuves par lesr|uelles saint Augustin le démontre contre les anciens pélagiens^, tant à cause de l'évidence de la chose, qu'à cause aussi qu'aujourd'hui tout le monde, ou du moins Grolius et M. Simon contre f|ui nous disputons, en sont d'accord. Leur erreur est d'avoir cru que sous un Dieu juste , la peine , la peine, dis-je , et le supplice formellement et spécialement ordonné par sa souveraine justice, pût se trouver où le péché ne se trouve pas. Or, cette