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DÉFENSE DE LA TRADITION ET DES SAINTS PÈRES
» passages qui font les hommes enlièromcnt les » maîtres de leurs actions. » Remarquez cet entièrement, eu quoi consistait une parlie Irès-cssenlielle de l'erreur des pélagiens. Ils ajoutaient au pouvoir que l'Ecriture donne aux hommes sur leurs actions cet eutièremcnt qui ny est pas, et qui y donne un très-mauvais sens, pour ne rien dire de plus : au contraire, elle disait que le cœur du roi, el par conséquent de tout homme , est entre les mains de Dieu, et qu'il l'incline où il veut'; ce qui esl conforme à celle parole de David : Dieu dirige les pas de l'homme, et il coudra sa voie'-; sans doute lorsque Dieu y dirigera ses pas, comme le démontre saint Augustin^, et comme il parait assez par la chose même. Jércmie a dit aussi dans le même esprit^ : Je sais, Seigneur, que la voie de l'homme n'est pas en son poucoir, et qu'il ne lui appartient pas de inarchcr et de diriger ses pas à son gré. Car pour être entièrement maître de ses actions, comme le veut M. Simon, il faudrait pouvoir aimer et haïr, se plaire el se dégoûter de ce que l'on veut, ce qui n'est pas, comme saint Augustin le dit souvent, et que l'expérience le fait assez voir; et c'est aussi à cet égard que saint Ambroise disait que l'homme n'a pas son cœur en sa puissance : non est in nostra potestate cor nos- TRiM^, ce que tout homme de bien et rempli, dit saint Augustin, d'une humble et sincère piélc , éprouve très-vérital)le; car on a des inclinalions dont on n'est pas le maître; en sorte, dit saint Ambroise, que l'homme ne se tourne pas comme il veut. Pendant, dit ce saint docleur, qu'il veut aller d'un côté, des pensées l'entraînent de l'autre : il ne peut disposer de ses propres dispositions, ni mettre dans son cœur ce qui lui plait. Ses sentiments, poursuit-il, le dominent, sans que souvent il s'en puisse dépouiller; c'est aussi par là qu'on le prend pour le mener où l'on veut par sa propre pente; el si les hommes le savent faire en tant de rencontres. Dieu ne pourra-l-il pas le faire autant qu'il voudra, lui qui connaît tous ses penchants, cl sait oulre cela loucher l'homme par des endroits encore plus intimes el plus délicats; car il connaît les plus secrets ressorts par où une àme peut èlre ébranlée : lui seul lessailmanier avec une dextérité et une puissance inconcevables ; ce qui fait conclure au même saint Ambroisc*^, à l'occasion de saint Pierre, que lous ceux que Jésus regarde, pleurent leurs péchés, qu'il leur inspire une tendresse à laïuelle ils ne résistent pas, el en toute occasion qu'if appelle qui il veut, et qu'il fait religieux qui
il lui plaît, O'^OS DIONATIU VOCAT, ET fjLEM VIJLT RE-
Lioiosi.M facit"; en un mol, qu'il change les hominr- comme il veut, du mal au bien, el fait déwts <■".!■ qui étaient opposés a la détotiou , si vomisset
EX I.NOEVOTIS FECISSET DEVOTOS. CcS potitS mOlS
'' ' '<, pour ainsi parler, naturellement à sainl
- .-c avant toutes les disputes, font sentir l'es-
prii de l'Eglise. Saint Augustin n'a donc rien dit de p-'iriicnlier, quand il a si bien démontré cette vérité, 'i la puissance de la gn'ice contre les ijéiagiens, qui ne pouvaient la goùler, el qui voulaient faire l'homme entièrement maître de lui-même ; en quoi
1. Prov., XXI. 1 2, /'«., XXXVI. 23. — 3. Pp. ad VU. ccxvii, al. CMi. — i. Jer., x. %i. — 5. A/. Au;/., hn don. periev., c. VIII, n. SffJ. — 9. Amirr., in Luc. — 7. S. Awj., Ij<: don. pera., c. X(x, n. jO.
ils sont encore aujourd'hui dallés par M. Simon', qui croit irouvcr colle expression et ce sentiment, dans plusieurs endroits de l'Ecriture.