‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 709 sur 851 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

Prière du concile de Sclgenstadl avec des remarques de Lessius.

Pour montrer que l'Eglise catholique n'a jamais dégénéré de cette doctrine, après avoir rapporté les anciennes prières , oii elle se trouve si clairement établie, il ne sera pas hors de propos d'en réciter quelques-unes de celles qu'elle a produites dans les siècles postérieurs. En voici une du concile de Selgensladt, dans la province de Mayence, de l'an 1022, sous le pape Benoit VIII, composée pour être faite à l'ouverture des conciles , et devenue en effet une prière publique de ces saintes assemblées .• « Soyez » présent au milieu de nous. Seigneur; Saint-Es- » prit, venez à nous, entrez dans nos cœurs, ensei- » gnez-nous ce que nous avons à faire; montrez- » nous où nous devons marcher; soyez l'instigateur » et l'auteur de nos jugements; unissez-nous effîca- » cernent à vous par le don et par l'effet de votre » seule grâce, afin que nous soyons un en vous, et » que nous ne nous écartions en rien de la vérité. »

Il ne faut point de commentaire à cette prière. On y voit clairement, comme le remarque Lessius qui la rapporte', qu'on y demande au Saint-Esprit que les Pères du coticile soient rendus véritablement etacec e/fef, rêvera et cum effectu, unanimes dans leurs sentiments. C'est ce qu'il trouve principalement dans ces paroles : Unissez-nous efficacement à tous; ce qu'il explique par ces autres termes : € Tirez-nous à vous de telle sorte que l'effet s'en- 0 suive véritablement, en sorte que nous soyons » unis en vous par une véritable charité; à quoi le même auteur ajoute encore : « Que le Saint-Esprit » nous unit et nous tire à lui efficacement, lorsqu'il » emploie celle manière de nous tirer par laquelle » il sait que nous viendrons Irôs-ccrlainemcnt, de » notre plein gré toutefois : » ce qui montre tout à la fois et la liberté de l'action et la certitude de l'effet.

On voit par là que les auteurs, qui sont le moins soupçonnés d'outrer l'efficace de la grâce, la recon- ; naissent dans le fond : leurs sentiments sont unanimes sur cela , et ils concourent , comme nous verrons à les trouver dans saint Augustin. Ce Père, en effet, n'en a jamais demandé davantage; c'est-àdire, comme on a vu, qu'il n'a jamais demandé que ce que l'Eglise demande elle-même, dans tous les temps et dans tous les lieux; et ainsi la manière loule-pnissanle dont Dieu agit dans le bien, scion la doctrine de ce Père, quoi qu'en ait pu dire M. Simon , est reçue de toute l'Eglise catholique. Mais

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