‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 718 sur 851 · Exod., IX. 10. - a. Rom., IX. 17. - 3, Op. imp., lih. v · texte numérisé non relu

Exod., IX. 10. - a. Rom., IX. 17. - 3, Op. imp., lih. v

par ce passage de saint Paul ' : Dieu les a livrés aux désirs de leurs cœurs , aux vices de l'impureté et à un sens réprouvé; en sorte qu'ils ont fait des actio7is deshonnêtes et iyidignes; d'oîi saint Augustin conclut 2 : « qu'il y a eu un désir qu'ils n'ont pas » voulu vaincre, auquel ils n'ont pas été livrés par » le jugement de Dieu, mais par lequel ils ont été » jugés dignes d'être livrés aux autres mauvais dé- » sirs. » Les mauvais désirs de celte dernière sorte sont, comme on voit, ces actions déshonnèles, auxquelles saint Paul dit qu'ils ont été abandonnés. A celle occasion saint Augustin fait une distinction que M. Simon n'a pas aperçue, et celte inattention est la cause de son erreur. C'est que parmi les mauvais désirs des pécheurs , c'est-à-dire , comme on a vu, parmi leurs péchés, il y en a où ils sont tombés avec une pleine volonté parce qu'ils n'ont pas voulu les vaincre, vincere noluerunt; et pour ceux-là, poursuil-il, ils n'y ont pas été livrés par le jugement de Dieu; mais ils commencent euxmêmes à s'y livrer par leur volonté dépravée. Outre ces péchés auxquels on se livre soi-même, il y en a d'autres auxquels on est livré en punition de ces premiers; c'esl-à-dire, que lorsqu'on est livré à certains péchés, tels que sont dans cet endroit de saint Paul, les monstres d'impureté, oîi il représente les idolâtres, il y a un premier péché auquel on n'a pas été livré, mais auquel on s'est livré soimême en ne voulant pas le vaincre, tel qu'a été dans ceux dont parle saint Paul, le péché de n'avoir pas voulu reconnaître Dieu, non probaverunt Deum HABERE IN notitia', et d'avoir adoré la créature au préjudice du Créateur dont ils connaissaient si bien la divinité par les œuvres, qu'ils étaient inexcusables de ne le pas servir.

Ainsi , par tous les péchés auxquels les hommes sont livrés , il faut remonter à celui auquel il se sont livrés eux-mêmes; non qu'il ne soit vrai qu'ils se livrent encore eux-mêmes aux excès auxquels ils sont livrés, mais à cause qu'il y en a un premier auquel ils se sont livrés avec une franche volonté, avec un consentement et une détermination plus volontaire. Saint Augustin enseigne au fond la même doctrine et dans l'ouvrage parfait et dans l'ouvrage imparfait contre Julien, el en beaucoup d'aulres ondroils. Or il n'en faut pas davantage pour confondre M. Simon; parce que ce premier péché, qui ;st ici regardé comme le premier, a néanmoins été permis de Dieu, par une simple permission qui ■l'est point proposée ici comme 'pénale; au lieu que la permission par laquelle on est livré à certains péchés, en punition d'aulres péchés précédcnls étant j*énale, elle sort, pour ainsi parler, de la notion de ia simple permission, puisqu'elle est la suite de la volonté de punir.

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