‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 720 sur 851 · LIVRE XI. - PERMISSION DU PÉCHÉ, EFFICACITÉ DE LA GRACE · texte numérisé non relu

LIVRE XI. - PERMISSION DU PÉCHÉ, EFFICACITÉ DE LA GRACE

qui est la pénale, qui par conséquent n'est plus une simple permission; mais une permission avec un dessein exprès de punir celui , qui s'étant livré de lui-même avec une détermination plus particulière à un certain mauvais désir, mérite par là d'être livré à tous les autres.

C'est de quoi nous avons un funeste exemple dans la chute des justes. Le premier péché où ils tombent n'est pas un effet, ou, pour parler plus correctement, n'est pas une suite de la justice de Dieu qui punit le crime; puisqu'on suppose que celui-ci est le premier; mais quand après ce premier crime, l'homme que Dieu pouvait justement livrer au feu éternel , par une espèce de vengeance encore plus déplorable, est livré, en attendant, à des crimes encore plus énormes, et que d'erreur en erreur, et de faute en faute, il tombe enfin dans la profondeur et dans l'abîme du mal oîi il est abandonné à lui-même, à l'ardeur de ses mauvais désirs, à la tyrannie de l'habitude, en un mot, oii il est vendu au péché, selon l'expression de saint Paul , et qu'il est entièrement so/i esclave, selon celle de Jésus-Christ même; alors dit saint Augustin', i/ est subjugué, il est pris, il est entraîné , il est possédé par le péché : Vixcitur, capitur, trahitur . possmETUR. La permission du péché, qui s'appelle dans cet état endurcissement de cœur et aveuglement d'esprit, n'est plus alors une simple permission , mais une permission causée par la volonté de punir; et il arrive à celui qui a mérité d'être puni de cette sorte, en tombant d'abîme en abîme , de se plonger dans les péchés qui sont tout ensemble, comme dit le même Père, et de justes supplices des péchés passés , et mérites des supplices futurs. Ex

PECCATORLM SL'PPLICIA PR.ETERITORUM ET SL'PPLICIORUM MERITA FUTURORU.M.

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