‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 730 sur 851 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Deux démonstrations de l'efficace de la grâce par la doctrine précédente : première démonstration , qui est de saint Augustin.

A DEUX conséquences si importantes, j'en ajouterai une troisième qui ne l'est pas moins; c'est que sans aller plus loin , l'cfilcace de la grâce, tant rcjclée par notre auteur, demeure prouvée par deux raisons démonstratives. : la première est de saint Augustin dans ces paroles : « Si Dieu, dit-iP, est » assez puissant pour opérer, soit i»ar les anges » bons ou mauvais, ou par (juchiue autre moyen » que ce soit, dans le cœur dos méchants dont il » n'a pas fait la malice, mais qu'ils ont ou tirée » d'Adam, ou accrue par leur propre volonté, peul- » on s'étonner s'il opère par son espril dans le cœur » de ses élus tout le bien qu'il veut, lui qui a au|ia- » ravant opéré que leurs cœurs de mauvais dovins- » sent bons? » c'csl-à-dirc (pour recueillir tout ce

1. De prced. SS., c. xvi, ii. 33. — 2. De graliâ ft lib. arb., c.

DÉFENSE DE LA TRADITION ET DES SAINTS PÈRES

qu'il a dil dans le discours précédent, dont ces dernières paroles sont le corollaire) : quelle merveille, que celui qui fait ce qu'il veut des volontés déréglées qu'il n'a pas faites , fasse ce qu'il veut de la bonne volonté dont il est l'auteur! s'il est tout-puissant sur les méchants dont il ne meut les cœurs qu'indirectement, et pour ainsi dire, qu'à demi; quelle merveille, qu'il puisse tout sur les cœurs où sa gr;\ce développe toute sa vertu, et agit avec une pleine liberté.

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