Ltb. u. oriho'l. fldei, c. xxix
» celui qui s'enorgueillit de ses vertus ou de ses » bonnes œuvres, tombera dans quelque faiblesse, » afin que reconnaissant son infirmité, il s'humilie » devant Dieu et confesse ses péchés. » Un peu après : « Il y a un délaissement de permission et » de ménagement , oii Dieu permet une chute pour » l'ulililé de celui qui tombe, ou pour celle des » autres, ou pour sa gloire particulière; et il y a un » délaissement final et de désespoir, quand on se » rend incorrigible par sa propre faute, et qu'on est » livré, comme Judas, à la dernière et entière » perte. » Laissant maintenant à part ce dernier genre de délaissement, dont il faudra peut-être parler ailleurs , considérons ce délaissement miséricordieux où Dieu permet un péché, non pour perdre, mais pour sauver celui qui le commet. On peut dire de tels péchés, que de même que l'Eglise chante du péché d'Adam, qu'i^ a vraiment été nécessaire pour accomplir les desseins que Dieu avait sur le genre humain, ainsi, ce péché permis est nécessaire à ces âmes, pour parvenir au degré d'humilité et de grâce que Dieu leur prépare par leur chute. C'est donc ici qu'il faut admirer les profonds conseils de Dieu dans la sanctification des âmes. Car si c'est une merveille de sa sagesse d'avoir envoyé à saint Paul un ange de Satan pour empêcher qu'il ne s'élevât de ses grandes révélations', et de faire ainsi servir un esprit superbe à établir l'humilité dans cet apôtre, combien plus est-il étonnant de faire servir à la destruction du péché , non pas le tentateur ni la tentation, mais le péché môme? Pour entendre de quelle sorte s'accomplit ce dessein de Dieu, je demanderai seulement ce qui serait arrivé à cette âme, dont nous avons vu que Dieu permet le péché , s'il n'avait pas voulu le permettre? Sans doute il en aurait empêché la chute par une grâce particulière. Il y a donc encore une fois de ces grâces particulières qui sont faites pour empêcher les hommes de tomber effectivement. Ceux qui les ont ne tombent pas, ceux à qui Dieu les retire, tombent; et par un conseil de miséricorde , il fait servir celte soustraction de sa grâce à une grâce plus abondante.