‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 771 sur 851 · LIVRE XII. — SAINT AUGUSTIN ET LA PRÉDESTINATION · texte numérisé non relu

LIVRE XII. — SAINT AUGUSTIN ET LA PRÉDESTINATION

aulrc disait : Je vous rends grâces, mon Seigneur Jésus, de ce que vous m'avez donné celte patience. C'est de l'elTel et de la patience actuelle qu'ils rendent grâces. Un autre disait' : J'ai Jésus-Christ en moi, je te méprise. Reconnais, disait un autre^, que Jésus-Christ m'aide, et que c'est par là que je te méprise comme un vil esclave. Taraque disait et répétait^ : Je résiste aux inventions de ta cruauté : je te surmonte par Jésus-Christ qui me rend fort; et encore : Je ne respire que la mort ; mais dans cette patience, ma gloire est en Dieu. Ainsi ils reconnaissaient en deux manières la grâce qui le? faisait vaincre; l'une en la demandant, et l'autre en rendant grâces de l'avoir reçue. Euplius joignit l'un et l'autre^. Je vous rends grâces. Seigneur, conservez-moi, puisque c'est pour vous que je souffre : aidez-nous, Seigneur, jusqu'à la fin, et ne délaissez pas vos serviteurs , afin qu'ils vous glorifient aux siècles des siècles. Voilà d'où ils attendaient la persévérance, parce qu'ils savaient que c'était de là qu'ils avaient reçu le commencement. Lorsque pour tirer de leur bouche le nom de leurs docteurs , qu'ils ne voulaient pas découvrir pour ne leur point attirer de semblables peines, on leur demandait qui les avaient induits à cette doctrine, ils répondaient^ : Celui-là nous l'a donnée qui l'a aussi donnée à saint Paul, lorsque de persécuteur des Eglises, par sa grâce il en est devenu le docteur. Par quelle grâce, sinon par celle dont l'eflet était infaillible? Ainsi la grâce efficace, que M. Simon ne peut souffrir dans saint Augustin, était celle que demandaient les martyrs, et dans laquelle ils mettaient leur conliance.

Page 1