VERS A MADAME D
EN MJI ENVOYANT UN EXEMPLAIRE d'uNE NOUVELLE ÉDITION DES FdBlEf DB LA TOSTAlJfi.
VoiGi^e bon homme qui fit
Cent prodiges qui nous enchantent,
Des fables qui jamais ne mentent,
Et des bêtes pleines d'esprit.
La morale a besoin , pour être bien reçue , Du masque de la fable et du charme des vers ; Et c'est la seule vierge , en ce vaste univers ,
Qu'on aime à voir un peu vêtue.
Si Minerve même ici-bas
Venait enseigner la sages<ie, .
Il faudrait bien que la déesse A son profond savoir joignît quelques appas; Le genre humain est sourd quand on ne lui plaît pas. Pour nous éclairer tous, sans offenser personne, La charmante Minerve a pris vos traits charmans.
En vous voyant je le soupçonne ,
J'en suis sûr quand je vous entends.
VERS
DE LA PART d'u^E DAME QUI ENVOYAIT DES CHEVEUX KLANCS A UN DE SES AMIS.
Les voilà ces cheveux que le temps a blanchis; D'une longue union ils sont aussi le gage. Je ne regrette rien de ce que m'ôta l'âge,
Il m'a laissé de vrais amis.
On m'aime presque autant , j'ose aimer davantage. L'astre de l'amitié luit dans l'hiver des ans; Elle est le fruit du goût , de l'estime , du temps ; On ne s'y méprend plus, on cède à son empire,
Et l'on joint, sous les cheveux blancs, Au charme de s'aimer le droit de se le dire.
PIECES MEIJiXS