‹ Œuvres complètes de Boufflers (volume 2)Chapitre 25 sur 134 · VERS A MADAME D · texte numérisé non relu

VERS A MADAME D

EN MJI ENVOYANT UN EXEMPLAIRE d'uNE NOUVELLE ÉDITION DES FdBlEf DB LA TOSTAlJfi.

VoiGi^e bon homme qui fit

Cent prodiges qui nous enchantent,

Des fables qui jamais ne mentent,

Et des bêtes pleines d'esprit.

La morale a besoin , pour être bien reçue , Du masque de la fable et du charme des vers ; Et c'est la seule vierge , en ce vaste univers ,

Qu'on aime à voir un peu vêtue.

Si Minerve même ici-bas

Venait enseigner la sages<ie, .

Il faudrait bien que la déesse A son profond savoir joignît quelques appas; Le genre humain est sourd quand on ne lui plaît pas. Pour nous éclairer tous, sans offenser personne, La charmante Minerve a pris vos traits charmans.

En vous voyant je le soupçonne ,

J'en suis sûr quand je vous entends.

VERS

DE LA PART d'u^E DAME QUI ENVOYAIT DES CHEVEUX KLANCS A UN DE SES AMIS.

Les voilà ces cheveux que le temps a blanchis; D'une longue union ils sont aussi le gage. Je ne regrette rien de ce que m'ôta l'âge,

Il m'a laissé de vrais amis.

On m'aime presque autant , j'ose aimer davantage. L'astre de l'amitié luit dans l'hiver des ans; Elle est le fruit du goût , de l'estime , du temps ; On ne s'y méprend plus, on cède à son empire,

Et l'on joint, sous les cheveux blancs, Au charme de s'aimer le droit de se le dire.

PIECES MEIJiXS

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