‹ Œuvres complètes de Boufflers (volume 2)Chapitre 34 sur 134 · QU'ELLE APPELAIT L'ARCADIE · texte numérisé non relu

QU'ELLE APPELAIT L'ARCADIE

Séjour chéri d'Hélène, où son riant génie De la Divinité remplit si bien l'emploi. Où le marbre et les fleurs se rangent sous sa loi , Où la nature à l'art par le goût est unie;

Où, si j'en puis juger paç moi , Tout mortel au dehors voit régner l'harmonie ,

Et la sent au dedans de soi.

Quand les beaux, yeux d'Hélène échauffent cette tare,

La rose a plus d*éclat , l'oiseau de plus doux chants;

Tout rit, tout s'embellit, tout apprend d'elle à plaire;

Moi-même j'y retrouve à la fois deux printemps.

Celui de la nature et celui de mes ans.

Que le temps destructeur porte ailleurs ses ravages;

L'on ne craint rien ici de l'arrière-saison ,

Et sur les pas d'Hélène on foule, en ces boca^s,

L«s plantes qui jadis rajeunirent Éson.

Ainsi vous faites luire, 6 nymphe d'Arcadie!

Un rayon de bonheur sur le soir de ma vie ;

Chez vous, loin des horreurs de ce siècle pervers ,

Mon ame rajeunie en doux pensers abonde;

Chez vous l'esprit se sent libre comme les airs,

Chez vous le cœur se sent aussi pur que votre onde ;

Auprès de vous on croit, dans ces murs toujours verts,

Avoir enfin changé de monde , Et voir l'échantillon d'un meilleur univers.

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