MON RÊVE
Air : Avec les jeux dans le village.
Jeune Iris, pourriez-vous bien croire, Ah ! que n'est-ce la vérité !
Ce que tous deux dans l'ombre noire Tour à tour nous avons été ? ' Morphée , en fermant ma paupière , Fit de moi l'acier le plus doux; D'aimant vous étiez une pierre, Et vous m'entraîniez après vous.
Ce dieu , par un doux stratagème , De cet aimant fit un écho ; J'étais couplet; je disais : j'aime; Et vous me répétiez ce mot.
Par un caprice plus insigne , Il me rendit petit poisson ; A mes yeux vous parûtes ligne , Et je mordis à l'hameçon.
Le bon Morphée , à ma prière , M'ayant fait voyager par eau , Vous devîntes une rivière , Et je vous fis porter bateau.
Le froid prit ; vous voilà de glace Pour tirer parti de ce tour , Sur deux semelles je pris place, Et je patinais tout le jour.
Pour dernière métamorphose , Devenu nectar des plus doux, J'étais dans un vase de rose , Iris , et je coulais pour vous.
Une goutte sur vous s'attache , Vous étiez alors tout satin ; A mon réveil, j'ai vu la tache.
Mais j'ai cherché l'étoffe en vain.