LA COMTESSE DU *** A ?.1ADAME LA DUCHESSE
Enfin le sort, pour combler notre envie, Nous réunit à vos genoux;
Il est bien doux de vous devoir la vie , Plus doux de vivre auprès de vous.
Mieux que le sang votre bonté nous lie ; Et nous doutons , en vous voyant , Si c'est la mère ou bien l'amie Qu'on cliérit le plus tendrement.
En vous l'esprit , la douceur et la grâce , • Sont d'accord pour charmer les cœurs ;
Sur chaque instant que près de vous on passe Vous semez de nouvelles fleurs ;
Selon nos vœux, notre amitié touchante Se répand sur chacun de nous ; * -
Chacun de sa part se contente, Et jouit de celle de tous.
Nous ignorons, dans notre trouble extrême, Si nos efforts vous auront plu ;
Par grâce au moins , n'accusez que vous-même Du peu de succès qu'ils ont eu ;
Chacun de nous avait perdu la tête ; Sur vous tous les yeux sont tournés.
On vous préparait une fête , Et c'est vous qui nous la donnez.
Vous avez l'art d'effacer les plus belles ,
Et de fixer les moins constans ; Pour vous le Temps et l'Amour n'ont point d'ailes ,
Pour vous l'Envie est sans serpens.
A tant d'attraits , à de si douces armes
Quels hommages ne sont pas dus ?
C'est un tribut que tous les charmes
Font rendre à toutes les vertus.
A madame d'Aremberg , qu'elle appelait sa sœur dans sou enfance.
Vous que pour sœur j'avais si bien choisie Avant l'âge de faire un choix;
CHANSONS. i",'^
Vous, qu'à ces lieux toute la France envie ,
Dès long-temps sur vous j'ai des droits. Sachez aimer comme vous savez plaire;
Votre cœur se doit à nos cœurs;
Et par tendresse pour le frère
N'allez pas oublier les sœurs '.
I . Ces couplets ont été faits chez le duc d'U***, à l'occasion d'une fête donnée chez lui pour le mariage du duc d'A*** avec mademoiselle de L***.