‹ Œuvres complètes de Bourdaloue de la Compagnie de Jésus. -- (volume 3)Chapitre 137 sur 139 · A EMMAUS · texte numérisé non relu

A EMMAUS

Jésus-Christ, s'entretenant avec ces deux disciples , raffermit leur foi, ranime leur espérance , et rallume enfin leur charité ; d'où nous pouvons tirer pour nous-mêmes de très-solides leçons.

I. Comment Jésus-Christ raffermit la foi des deux disciples. Ils commençaient à se scandaliser du mystère de la croix , et à douter qu'un homme mort si ignominieusement fût le Messie. Mais il confond leur incrédulité par trois arguments invincibles. Cir d'abord il leur montre que ce grand mystère d'un Dieu crucifié avait été prédit par tous les prophètes.

Ensuite il les fait souvenir que lui-même il leur avait plusieurs fois parle de son crucifiement et annoncé sa mort.

Enfin , il leur fait entendre et leur explique comment il était convenable et nécessaire que le Christ souffrît.

Caractère des incrédules : ce qui altère leur foi , c'est cela même qui devrait l'augmenter. Demandons à Dieu le don de la foi , et conservons-le avec tout le soin possible.

II. Comment Jésus-Christ ranime l'espérance des deux disciples. lis commençaient à ne plus espérer, parce qu'il y avait dans leur espérance des erreurs que Jésus-Christ leur découvre : l'une par rapport au fond , et l'autre par rapport au temps.

Erreur par rapport au fond. Ils espéraient que Jésus-Christ rétablirait le royaume temporel d'israël ; mais ce n'était point là le royaume qu'il leur avaic promis, puisqu'il leur avait même expressément marqué que son royaume n'était

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pas de ce inonde. Ne tombons-nous pas dans une erreur toute semblable ? Nous n'espérons en Dieu que dans la vue des biens de celle vie.

Erreur par rapport au temps. Le Fiis de Dieu leur avait dit qu'il ressusciterait le troisième jour : ce troisième jour n'était pas encore passé , et ils ne laissent pas de témoigner déjà leur impatience et leur défiance. Ainsi nous espérons en Dieu ; mais pour peu qu'il diffère à nous exaucer, nous nous décourageons et nous perdons toute confiance. Ne nous attend-il pas lui-même en tant d'occasions? Pourquoi ne l'atiendrions-nous pas?

llî. Comment Jésus-Christ rallume la charité des deux disciples. Leur amour s'était beaucoup refroidi ; mais il en rallume toute l'ardeur en trois manières.

Par ses discours ,

Par la pratique des bonnes œuvres ,

Par l'usage de la divine Eucharistie.

Or ce sont ces trois mêmes moyens dont nous devons nous servir pour renouveler en nous la ferveur de notre dévotion et de notre amour envers Dieu. Mais de quoi parlons-nous communément, et de quoi nous entretenons- nous ? quelles bonnes œuvres pratiquons-nous? comment approchons-nous du sacrement de Jésus-Christ et de sa sainte table ?

POUR l'octave du très-saint sacrement.

Cette octave est instituée pour réparer les outrages faits à Jésus-Christ dans l'adorable Eucharistie , considérée , soit comme sacrement , soit comme sacrifice.

L Comment nous devons réparer les outrages que nous avons faits à la divine Eucharistie considérée comme sacrement. Ces outrages consistent surtout en tant de communions , ou sacrilèges , ou lâches, tièdes, inutiles, que nous avons faites. Réparons-les dans la suite, et en particulier dans cette octave, par de saintes communions.

Approchons de la conimunion avec humilité et avec amour, avec crainte et avec confiance , avec un profond respect et un désir ardent de nous unir à Jésus^ Christ. C'est dans le juste tempérament de ces mouvements du cœur, contraires en apparence , mais d'un merveillenx accord , qu'est renfermée toute la perteclioîi de la communion chrétienne. Pour commencer à en (aire l'épreuve, faisons pendant cette octave une amende honorable au Sauveur du monde , et allons à lui avec les mêmes sentiments de repentir qiie l'enfant prodigue alla à son père.

II. Comment nous devons réparer les outrages que nous avons faits à la divine Eucharistie considérée comme sacrifice. Par rapport à ce divin sacrifice que nous appelons le si^crificc de la messe, on se rend coupable, soit en n'y assistant pas , soit en y assistant mal.

Sur cela les promesses que nous devons faire à Jésus-Christ , et les résolutions où nous devons nous confirmer durant l'octave, se réduiécnt à quatre; savoir, d'assister désormais tous les jours au sacrifice de la messe;

D'y assister avec révérence, avec attention , avec dévotion ;

D'olTrir le sacrifice avec le prêtre toutes les fois que nous y assisterons.

De communier spirituellement à chaque messe.

FIN DES analyses DU QUATRIEME VOLUMj;.

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