‹ Œuvres complètes de Bourdaloue de la Compagnie de Jésus. -- (volume 3)Chapitre 4 sur 139 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Il n'y a que Dieu , Chrétiens , qui puisse choisir et se faire des favoris , sans être obligé, pour y garder la loi de la justice, à discerner leurs mérites; et ce qui est encore bien plus remarquable, il n'y a que Dieu qui , se faisant ainsi des favoris sans nul discernement de leurs mérites , soit néanmoins incapable de se tromper dans le choix qu'il en fait : pourquoi ? les théologiens , après saint Augustin , en apportent une excellente raison : Parce qu'il n'y a que Dieu, disent-ils, dont le choix soit efficace pour opérer tout ce qu il lui plaît de vouloir ; c'est-à-dire , parce qu'il n'y a que Dieu qui , choisissant un favori , lui donne , en vertu de ce choix , le mérite qu'il faut pour l'être. Il n'en est pas de même des rois de la terre. Qu'un roi honore de sa faveur un courtisan , il ne lui donne pas pour cela ce qui lui serait nécessaire pour en être digne : il peut bien le faire plus riche , plus grand , plus puissant ; il peut le combler de plus d'honneurs ; mais il ne peut le rendre plus parfait ; et quoi qu'il fasse pour l'élever, par cet accroissement d'élévation et de fortune , il ne lui ôte pas un seul défaut, ni ne lui communique pas un seul degré de vertu. 11 n'y a donc, encore une fois, que la faveur de Dieu qui porte avec soi le mérite. Comme Dieu , il a seul le pouvoir de perfectionner les hommes par son amour ; et quand il les admet au nombre de ses favoris ( c'est la belle réflexion de saint Jérôme ) , il ne les y appelle pas parce qu'ils en sont dignes ; mais il fait, en les y appelant, qu'ils en soient dignes : Non idoneos vocaf, sed vocando facit idoneos *. Cette raison seule devrait suffire pour justifier le choix que le Sauveur du monde fit de saint Jean. Ce Dieu-Homme le voulut ainsi ; c'est assez , puisque , en le voulant , il rendit son disciple tel qu'il devait être pour devenir le favori d'un Dieu. Mais sans prendre la chose de si haut , et sans remonter à la source de la prédestination éternelle , je prétends que le Fils de Dieu eut des raisons particulières qui l'engagèrent à aimer saint Jean d'un amour spécial ; et que la prédilection qu'il lui marqua fut, de la part même de ce glorieux disciple, très-solidement fondée. Sur quoi fondée? sur le mérite de cet apôtre, lequel , entre tous les apôtres , a eu des qualités personnelles qui l'ont distingué , et qui lui ont acquis la faveur de son maître. L'Évangile et les Pères nous en proposent surtout deux , et les voici : car il a été vierge, dit saint Jérôme , et de plus il a été fidèle à Jésus-Christ dans la tentation; il a été vierge,

' Hier.

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et c'est pour cela qu'il eut l'honneur de reposer sur le sein de cet Homme- Dieu dans la dernière cène : Qui et recubuit super pectus ejus * : il a été fidèle à Jésus-Christ dans la tentation, lui seul l'ayant suivi jusqu'au Calvaire; et voilà par où il mérita d'entendre cette consolante parole qui lui donna spécialement Marie pour mère , et qui le donna spécialement luimême à Marie pour fils : Ecce mater tua, ecce filim tuus^. Or ces deux avantages queut saint Jean, de reposer sur le sein d'un Dieu, et d'être substitué au Fils de Dieu, pour devenir après lui le fils do Marie, sont les deux plus illustres et plus authentiques preuves d'une faveur toute singulière, et vous voyez qu'ils ont été l'un et l'autre les récompenses de sa vertu; celui-là de sa virginité, celui-ci de son attachement à son devoir et de sa fidélité. Il est donc vrai que le choix de Jésus-Christ fut un choix d'estime, et fondé sur le mérite de la personne. Écoutez-moi, s'il vous plaît, tandis que je vais développer ces deux pensées.

Ne nous étonnons pas. Chrétiens, que saint Jean ayant été, de tou^ les disciples du Sauveur, le seul vierge par état, comme nous rapprenons de la tradition, il ait eu sur eux la préférence et la qualité de disciple bien-aimé. Dans l'ordre des dons divins , l'un semblait devoir être la suite de l'autre : car de même que saint Bernard , parlant de l'auguste mystère de l'incarnation, ne craignait point d'en tirer ces deux conséquences, ou d'avancer ces deux propositions , savoir, que si un Dieu incarné et fait homme a dû naitre d'une mère, il était de sa dignité que cette mère fût vierge; et que si une vierge, demeurant vierge , a dû concevoir un fils , il était comme naturel que ce fils fût Dieu : Neque enim aut portas alias virginem, aut Deum decuit partus alter ^ ; aussi puis-je dire aujourd'Juii que si un Dieu descendu du ciel devait avoir un favori sur la terre, il était convenable que ce favori fût vierge; et que si le titre de vierge devait êiro nécessaire pour posséder la faveur d'un maître, ce maître ne pouvait être qu'un Dieu. En effet , qui méritait mieux d'avoir part à la faveur de Jésu^- Christ, que celui de tous qui, par le caractère de distinction qu'il portait, je veux dire par sa virginité, s'était rendu plus semblable à Jésus-Christ ? qui devait plutôt reposer sur ce sein vénérable où habitait corporellemeut la plénitude de la divinité, que cet apôtre dont la sainteté était, en quelque sorte, au-dessus de l'homme, par la profession qu'il faisait d'une inviolable pureté? qui se trouvait plus digne d'être le dépositaire et le confident des secrets du Verbe de Dieu , que ce disciple , lequel , ayant épuré son cœur de tous les désirs charnels, était, selon fEvangile, par une béatitude anticipée, déjà capable de voir Dieu, et par conséquent ce qu'il y avait de plus intime et de plus caché dans Dieu? Quiconque, dit le Saint- Esprit , aime la pureté du cœur, aura le roi pour ami : Qui diligit cordis rnundîtiam, habebit amicum regem^. Voilà, Chrétiens auditeurs, l'accomplissement de cet oracle. Les autres apôtres, engagés dans le mariage, en avaient comme rompu les liens, pour s'attacher au Fils de Dieu ; et c'est pour cela même que le Fils de Dieu, le Roi des rois, ne dédaigna point de s'attacher à eux par le lien d'un étroite amitié : Jom non dieu m vqs

' Jogn., 21. — ' Ibid., 19. — 3 Bcrn. — < Prov., 12.

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serves ', vos autem dixi amicos ^ Mais saint Jean n'avait point de liens à rompre ; et parce qu'il était vierge , il est parvenu à un degré bien plus haut; car il est entré non-seulement dans Tamitié, mais dans la familiarité, dans la privauté, dans la confidence de ce Roi de gloire : Dlscipulus quem diligebat Jésus ^. Ceux-là ont été les amis, parce qu'ils ont aimé la pureté; mais celui-ci a été le favori, parce qu'il a aimé la plus parfaite pureté qui est la pureté virginale : Qui amat cordis munditiam , habebit amicum regem. Voyez-vous, mes Frères, nous fait remarquer là-dessus saint Grégoire de Nysse, jusqu'à quel point notre divin Rédempteur a aimé cette vertu? Entre toutes les femmes, il en a choisi une pour mère; et entre tous les disciples qui le suivaient , il en a choisi un pour son favori ; mais il a voulu que cette mère et ce favori eussent le don et le mérite de la virginité. Marie devait être vierge , pour porter dans ses chastes flancs le corps de Jésus-Christ; et saint Jean le devait être, pour devenir un homme selon le cœur de Jésus-Christ : Diligebat eum Jésus, quonîam 'specialis prœrogativa castitatis ampliori dilectione fecerat dignum ^.

Vous me demandez pourquoi ce Sauveur adorable, étant sur la croix, voulut encore , par une autre grâce , donner à saint Jean le gage le plus précieux de son amour, en lui résignant, si je puis ainsi m' exprimer, sa propre mère : et ne vous ai-je pas dit d'abord que ce fut pour reconnaître la fidélité et la constance héroïque de ce généreux apôtre qui le suivit dans sa passion et jusqu'à sa mort, lorsque tous les autres l'avaient lâchement et honteusement abandonné ? Représentez-vous , Chrétiens , ce qui se passait au Calvaire : le Sauveur du monde était à sa dernière heure , et sur le point d'expirer ; il avait un trésor dont il voulait disposer en mourant , c'était Marie , la plus parfaite de toutes les créatures. A qui la donnera-t-il , ou plutôt, y eut-il lieu de délibérer? Un dépôt si cher ne devait être confié qu'au plus fidèle : or le plus fidèle, ne fut-ce pas celui gui fit paraître un attachement plus solide à son devoir? De tous les disciples de Jésus-Christ , Jean est le seul qui dans l'adversité n'a point manqué à son maître ; tout le reste l'a trahi , ou renoncé , ou déshonoré par une fuite scandaleuse. Il n'y a que Jean , qui , sans crainte et sans nulle considération humaine , l'ait accompagné jusqu'au pied de la croix ; il n'y a que lui qui y demeure avec une fermeté inébranlable. Jésus-Christ , regardant de toutes parts, n'aperçoit que lui. C'est donc à lui que ce Sauveur se trouve comme obligé de laisser Marie ; et puisqu^il veut partager avec un de ses disciples la possession de ce trésor, c'est à Jean , préférablement à tout autre, qu'il doit faire cet honneur. Mais admirez, mes chers auditeurs , la manière dont il le fait. Tout attaché qu'il est à la croix , tout réduit qu'il est dans une mortelle agonie, il jette les yeux sur son disciple, Cùm vidisset discipulum stantem'*. Dans un temps où il est appliqué au grand sacrifice do notre rédemption, interrompant, si je l'ose dire, pour quelques moments l'affaire du salut du monde ; ou plutôt, selon l'expression de saint Ambroisc, différant de quelques moments à la consommer, PauUsper publicam differens salutem ^ , il pense à saint Jean,

• J#aa., lô. — » Uid,, 13, — ' Greg. Nyss, — S Joan., 19. — ^ Ambr.

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il lui recommande sa mère , il le substitue à sa place , il en fait un autre lui-même. Comme s'il lui eût dit : Cher et fidèle disciple, recevez cette dernière marque de ma tendresse , comme je reçois ici la dernière preuve de votre zèle. Mes ennemis m'ont tout ôté , et je meurs pauvre , après avoir voulu naître et vivre pauvre : mais il me, reste une mère dont le prix est inestimable , et qui renferme dans sa personne des trésors infinis de grâce. Je vous la donne, et je veux qu'elle soit à vous; mais en sorte que vous soyez pareillement à elle. La voilà, Ecce mater tua^\ soyez son fîh comme je l'ai été moi-même, et elle sera votre mère comme elle a été la mienne. Qui parle ainsi, Chrétiens? c'est un Dieu; et à qui parlet-il? à saint Jean. Ne fallait-il pas, dit le savant abbé Ruppert, que Jean fût un homme bien parfait, puisqu'on ne le jugeait pas indigne de remplir la place de Jésus-Christ? Marie, ajoute ce Père, perdait un fils (voici une pensée qui vous surprendra, mais qui n'a rien néanmoins d'outré, puisque c'est le fond même du mystère que je vous prêche ) , Marie perdait un fils , et elle en acquérait un autre ; elle perdait un fils qui l'était par nature, et elle en acquérait un qui le devenait par adoption : or l'adoption est une espèce de ressource pour consoler les pères et les mères de la perte de leurs enfants. Marie allait perdre Jésus-Christ , et par l'ordre de Jésus- Christ même elle adoptait saint Jean. 11 fallait donc qu'elle trouvât dans saint Jean , non pas de quoi se dédommager, ni de quoi réparer la perte qu'elle faisait de Jésus-Christ , mais au moins de quoi l'adoucir, et se la pendre plus supportable ; il fallait qu'entre saint Jean et Jésus-Christ il y eût des rapports de conformité , tellement que Marie , voyant saint Jean , eût toujours devant les yeux comme une image vivante du fils qu'elle avait perdu et uniquement aimé , afin que la parole du Sauveur se vérifiât : Ecce fiiius tuus^. Peut-on rien concevoir de plus glorieux à ce saint apôtre? Non, répond saint Augustin ; mais aussi fut-il jamais une plus grande fidélité que la sienne , et jamais vit-on un attachement plus inviolable et plus constant ?

Voilà , mes Frères , par où saint Jean mérita la faveur de son maître , et voilà par où nous la mériterons nous-mêmes. Voulez-vous que Dieu vous aime , et voulez-vous être du nombre de ses élus , travaillez à purifier votre cœur : Qui diligit cordis munditiam, habebit amicum regem^. Sans cela , mon cher auditeur, qui que vous soyez , vous êtes indigne et même incapable d'être aimé de votre Dieu : or, du moment que vous êtes exclu de son amour, dès là vous êtes anathème et un sujet de malédiction. Il est vrai que Dieu , comme souverain arbitre de la prédestination des hommes, n'a acception de personne; qu'il n'a égard ni aux qualités, ni aux conditions de ceux qu'il choisit : l'Écriture nous l'apprend , et c'est un article de notre foi : Non est personarum acceptor Deus *. Mais il n'est pas moins de la foi que le même Dieu, qui ne considère ni les conditions , ni les qualités des hommes prises dans l'ordre naturel , sans déroger à cette règle, ne laisse pas, dans l'ordre de la grâce, d'avoir des égards particuliers pour les âmes pures , jusqu'à les élever aux premiers rangs de ses prédes-

' Joan., 19. — 2 Ibid. ~~ 3 pi-ov., 22. — < Ad , 10.

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tinés , jusqu'à les combler de ses dons les plus exquis, jusqu'à les honorer de ses plus intimes communications. C'est pour cela qu'il les traite d'épouses dans le Cantique ; c'est pour cela que , dans l'Apocalypse , les vierges seules nous sont représentées comme les compagnes de l'Agneau ; c'est pour cela qu'elles environnent son trône, et que plus elles sont pures, plus elles ont d'accès auprès de lui ; c'est pour cela que rien de souillé n'entrera jamais dans le ciel, qui est sa demeure et le palais de sa gloire. Ah! mon cher auditeur, si je vous disais qu'il dépend aujourd'hui de vous d'être en faveur auprès du plus grand roi du monde ; si je vous en marquais le moyen , et si je vous le garantissais comme un moyen infaillible , que feriez-vous? y a-t-il sacrifice qui vous étonnât? y a-t-il engagement et passion qui vous arrêtât? la condition que je vous proposerais pour cela vous paraîtrait-elle onéreuse? y trouveriez-vous quelque difficulté? Or ce que je ne puis vous promettre de la faveur d'un roi de la terre, c'est ce que je vous promets et ce qui est incontestablement vrai de la faveur d'un plus grand que tous les rois de l'univers : car je dis que la faveur de Dieu vous est acquise , pourvu que vous vous préserviez de la corruption de ce péché qui souille votre âme en déshonorant votre corps ; s'il vous reste une étincelle de foi , pouvez-vous être insensible à ce motif? Pour en venir au détail et vous mieux instruire, je dis que vous n'avez qu'à rompre ces amitiés sensuelles qui vous lient à la créature , ces funestes attaches qui vous portent à tant de désordres , ces passions que le démon de la chair inspire , ces commerces qui les entretiennent, ces libertés prétendues innocentes, mais évidemment criminelles dans les principes de votre religion : dès que vous vous ferez violence làdessus , je vous réponds du cœur de Dieu.

Je vais plus avant, et je dis aussi que, sans cette pureté, vous êtes du nombre de ces réprouvés que l'Écriture traite d'infâmes, et contre lesquels notre apôtre a prononcé ce formidable arrêt : Foris canes et impudici * : Hors de la maison de Dieu , voluptueux et impudiques. Je dis que dès le commencement du monde , Dieu s'en est lui-même déclaré par ces paroles de la Genèse : Non permanebtf Spiritus meus in œternum in homine, quia caro est ^ ; Non , mon Esprit ne demeurera jamais dans l'homme, tandis que l'homme sera esclave de la chair. Et en effet, mon Dieu , ne voyonspas l'accomplissement de cet oracle? n'éprouvons-nous pas tous les jours, qu'autant que nous nous laissons dominer par la chair, autant votre esprit se retire de nous ; qu'après avoir succombé à une tentation impure , confus et piqués des remords secrets de notre conscience , nous n'osons plus nous présenter devant vous; que, semblables à l'infortuné Caïn, nous fuyons de devant votre face, nous nous éloignons de vos autels, nous nous regardons comme bannis de votre sanctuaire , et absolument indignes du sacrement de votre amour? au lieu que nous en approchons avec une humble et ferme confiance , quand nous croyons avoir ce cœur pur que vous béatifiez de cette vie : Beati mundo corde ^. Sainte pureté qui nous ouvre le ciel! c'est le premier titre pour obtenir la faveur de Dieu , et l'autre est la fidélité et une persévérance que rien n'ébranle,

' >|)oc., 2?. — î Gencs., 6. - ' Matik., 5.

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Car , selon la belle remarque d'un Père de l'Église , il se trouve assez de chrétiens qui suivent Jésus-Christ jusqu'à la cène , comme les autres apôtres ; mais il y en a peu qui le suivent, comme saint Jean, jusqu'au Calvaire ; c'est-à-dire , il s'en trouve assez qui marquent de la ferveur et du zèle quand Dieu leur aplanit toutes les voies du salut et de la sainteté chrétienne , mais peu qui ne se relâchent dès qu ils n'y sentent plus les mêmes consolations , et qu'il s'y présente des obstacles à vaincre. Or c'est néanmoins à cette constance que la faveur de Dieu est attachée. Oui , Seigneur , une victoire que nous remporterons sur nous-mêmes , un effort que nous ferons , un dégoût , un ennui que nous soutiendrons , sera devant vous d'un plus grand prix , et contribuera plus à nous avancer , que de stériles sentiments à certaines heures où vous répandez l'onction céleste, et que les plus sublimes élévations de Tàme; car ce sera dans cette victoire , dans cet effort , dans ce dégoût et cet ennui soutenus constamment , que nous vous donnerons les preuves les plus solides d'un dévouement sincère et fidèle. Les hommes du siècle , qui n'ont nul usage des choses de Dieu, ne comprennent pas ce mystère; mais les Justes, qui en ont l'expérience, et à qui Dieu se fait sentir, le conçoivent bien. C'est ainsi que saint Jean est parvenu à la faveur de Jésus-Christ : voyons de quelle manière il en a usé. Je prétends que, comme le choix de ce favori a été juste et raisonnable de la part du Fils de Dieu , la faveur du Fils de Dieu a été , de la part de ce bien-aimé disciple , également modeste et bienfaisante : je vais vous le montrer dans la seconde partie.

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