PREMIÈRE PARTIE
J'ai, ce me semble, compris tout ce qui peut se dire de plus grand à l'avantage du sacerdoce , quand j'ai dit qu'il donne au prêtre une espèce de pouvoir sur la personne même du Sauveur : mais par là. Messieurs, je crois aussi vous faire assez entendre la plus essentielle et la plus étroite de vos obligations , qui est de vous purifier sans cesse , de veiller sans cesse sur vous-mêmes , et de soutenir par une vie sainte la sainteté de votre ministère.
Le Fils de Dieu, se présentant lui-même à son Père, se mit tout à la fois en deux états, ou fit tout ensemble deux offices bien différents : celui de prêtre, et celui de victime. Dans les sacrifices de l'ancienne loi, remarque saint Augustin , le prêtre n'immolait qu'une victime étrangère; mais .dans le sacrifice de la loi nouvelle, c'est le même Dieu qui ofî're et qui est offert; qui offre comme prêtre, et qui est offert comme hostie : Idem sacerdos et hostia. D'où il s'ensuit que le Sauveur des hommes en se sacrifiant exerce sur sa personne adorable une autorité propre , puisqu'on ne peut sacrifier une victime sans avoir droit sur son sang et sur sa vie. Et de là même encore suit une autre conséquence , qu'ayant substitué les prêtres à sa place pour continuer le même sacrifice qu'il offrit sur la croix , il leur a transporté le même droit sur sa sainte humanité, qu'il leur a
ordonné d'user de ce droit tout divin, et que c'est pour cela qu'il les a établis : Hoc facite in meam commemorationem ^. Or, ceci posé comme une vérité incontestable dans les principes de notre religion, je vous demande, Messieurs, s'il y a, hors la sainteté de Dieu, une sainteté assez éminente pour répondre à l'honneur d'un ministère si relevé ? L'ordre de la Providence est que quiconque a pouvoir sur un autre , ait quelque avantage et quelque perfection au-dessus de lui. Si par rapport à Jésus-Christ, Fils de Dieu et vrai Dieu , notre misère infinie et notre bassesse nous rend cet ordre impossible , du moins ne nous dispense-t-elle pas de diminuer, autant qu'il nous est hbre et qu'il dépend de nos soins , l'extrême disproportion qui se rencontre entre cet Dieu-Homme et nous : du moins faut-il que , comme il n'a point mis de bornes à notre pouvoir, nous n'en mettions point à notre sanctification ; qu'à l'indignité qui nous est commune avec tous les hommes, nous n'en ajoutions pas une personnelle, et que si elle est nécessaire par la condition de notre nature , elle ne soit pas volontaire par le relâchement de nos mœurs.
Il est vrai , nous n'avons ce pouvoir qu'en qualité de vicaire de Jésus- Christ, et comme représentant Jésus-Christ, dont il est primitivement émané ; mais cela même , à quoi ne nous engage-t-il pas ? Car pour représenter Jésus-Christ, il faut avoir quelque ressemblance avec Jésus-Christ ; et quelle monstrueuse indécence, que le Saint des saints fût représenté par des pécheurs ! Voici donc ce que je me dis à moi-même , et ce que je dois me dire , en approchant de l'autel , et me disposant à célébrer le plus redoutable de tous les mystères : C'est la place d'un Dieu que je vais tenir, non point seulement par commission , non point seulement pour déclarer la volonté qu'il a de s'immoler à son Père , mais comme s'il résidait luimême en moi , ou que je fusse transformé en lui. Je vais parler comme lui , agir comme lui , opérer le même sacrement avec lui , et consacrer le même corps et le même sang. Quelle honte , si je profanais par mon péché une telle fonction , et si la sainteté de mon Sauveur se trouvait ainsi déshonorée par l'iniquité de son ministre ! Tous ceux qu'il a spécialement choisis pour avoir quelque rapport à lui , ont été saints. Jean- Baptiste, pour être son précurseur, fut sanctifié dès le ventre de sa mère. Joseph, pour être le gardien de son humanité , fut comblé de vertus et de mérites. Il fallut que les apôtres fussent confirmés en grâce et remplis de l'esprit céleste, pour être les prédicateurs de sa parole. Que dois-je donc être , comme son substitut et son agent dans le plus redoutable sacrifice !
Au reste , quoique le prêtre ne soit dans ce sacrifice que le substitut de Jésus-Christ, il est certain néanmoins que Jésus-Christ se soumet à lui , qu'il s'y assujettit, et lui rend tous les jours sur nos autels la plus prompte et la plus exacte obéissance. Si la foi ne nous enseignait ces vérités, ne passeraient-elles pas dans nos esprits pour des fictions, et pourrions-nous même nous figurer de la part d'un Dieu un si prodigieux abaissement? pourrions-nous penser qu'un homme pût jamais atteindre à une telle élévation, et être revêtu d'un caractère qui le mit en état, si je
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rose dire , de commander à son souverain Seigneur, et de le faire descendre du ciel? Nous ne lisons qu avec étonnement ce qui est rapporté dans l'Évangile, que Jésus obéissait à Marie : Et erat subditus illis^.W^ a moins lieu toutefois de s'en étonner, puisque c'était le fils de Marie, et que la nature semblait donner pouvoir à cette mère sur son fils. Mais qu'est-ce que le prêtre , et quel titre a-t-il à l'égard de son Dieu , qui ne soit un titre de dépendance et de servitude? Cependant à la parole de ce serviteur, de cet esclave, la majesté divine vient tous les jours s'humilier dans le sanctuaire, et y renfermer toute sa gloire. Voilà, Messieurs, à quoi vous êtes employés : mais prenez garde, s'il vous plaît, et revenez-en toujours à la même conséquence. S'il faut des qualités éminentes pour exercer un empire légitime sur des hommes, que faut-il pour un empire qui s'étend jusqu'à Dieu même?
C'est sur cela que saint Augustin s'écrie : 0 vener^anda sacerdotum dignitas ! 0 dignité des prêtres , que vous êtes vénérable ! Mais encore , quelle raison en apporte ce saint docteur? Elle mérite une attention particulière : In quorum manibus, velut in utero Virginis, Filius Dei incarnatur; Car, dit ce Père, c'est en quelque sorte dans les mains du prêtre, comme dans le sein virginal de Marie , que le Verbe de Dieu est conçu , et qu'il s'incarne tout de nouveau. Expression figurée , mais dont le sens n'en est pas moins solide, ni moins réel. Et de là quelle conclusion? que la charité du Fils de Dieu n'a point de bornes? c'est celle que tout le monde en doit tirer. Qu'il n'est rien de plus respectable que le caractère des prêtres? c'est l'idée que tout le peuple chrétien doit s'en former. Mais que ce caractère suréminent engage donc les prêtres à une vie tout angéUque , c'est ce qu'ils doivent conclure eux-mêmes , pour leur propre édification.
Écoutez, je vous prie. Messieurs, le raisonnement du même saint Augustin , écrivant aux anachorètes. Le plus grand obstacle au dessein de l'incarnation du Verbe fut l'impureté de notre nature. Mais que fit l'amour de Dieu? Pour surmonter cet obstacle, il prédestina, avant tous les siècles^ une femme, ou plutôt un miracle de pureté, qui devait être la mère de l'Homme-Dieu. Il la sépara de la masse commune, et la conserva toute sainte jusqu'au milieu de la corruption. Ce n'était pas assez : il changea tout l'ordre et toutes les lois de la nature, et il ordonna que , par le prodige le plus singulier, la virginité subsisterait avec la maternité ; c'est-à-dire qu'une vierge serait mère, et qu'une mère ne cesserait point d'être vierge. Qui jamais entendit rien de semblable? Mais après toutes ces merveilles qui sanctifièrent Marie, savez- vous néanmoins quel sentiment l'Église attribue au Verbe divin , quand il fallut accomplir le grand mystère de notre salut? Elle croit en avoir beaucoup dit quand elle chante qu'il n'eut point horreur de demeurer dans le sein de cette vierge : Non horruisti virginis uterum. N'est-ce pas le même Dieu qui descend sur l'autel, et que les prêtres portent dans leurs mains? n'est-il pas toujours également saint et ennemi du péché? la pureté n'est-elle pas toujours éga-
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lement l'objet de ses complaisances? Pourquoi donc n'a-t-il pas fait le^ mêmes miracles pour sanctifier ceux qui coopèrent à ce mystère? c'est pour leur en laisser l'obligation et le mérite : de sorte que, considérant à quoi ils se sont élevés , ils se confondent en eux-mêmes de se voir si éloignés de la sainteté de leur ministère , et qu'ils travaillent sans relâche à l'acquérir.
Mais qu'arrive-t-il? permettez-moi de m'expliquer, Messieurs : je ne dirai rien que vous ne remarquiez aussi bien que moi , et que vous ne déploriez avec la même douleur et le même zèle que moi. Qu'arrive-t-il donc, encore une fois? On sépare l'honneur d'avec la charge et le fardeau, et de deux choses essentiellement jointes ensemble, on prend celle qui flatte l'avarice , l'ambition , et l'on se dispense de celle qui engage à la réformation des mœurs, et à leur sanctification. Désordre dont nous ne pouvons assez gémir, et qui devient tous les jours plus commun dans le christianisme. Tellement que le sacerdoce aujourd'hui se trouve comme abandonné à toutes les convoitises des hommes. On en fait le partage des enfants, et c'est la ressource d'un père et d'une mère chargés d'une nombreuse famille. Pour les pauvres, c'est une fortune et un moyen de se garantir de la misère. Pour les riches , c'est une voie à des rangs honoralDles et à des distinctions éclatantes. De là combien voyons-nous de prêtres intéressés, de prêtres ambitieux, de prêtres vains et présomptueux, de prêtres oisifs et voluptueux , de prêtres tout mondains ? Vous ne vous offenserez point. Messieurs, de cette morale, que je dois, par proportion, m'apphquer à moi-même , autant qu'elle me peut convenir, et dont nous devons tous profiter. Reprenons.
Je dis des prêtres mercenaires et intéressés. Je n'ignore pas la maxime de saint Paul ; elle est juste , elle est raisonnable : Quiconque sert à l'autel, doit vivre de l'autel. Qu'un ministre du Seigneur, en faisant les fonctions de son ministère , reçoive donc certaine rétribution qui y est assignée , c'est ce que l'Église approuve, et ce que je ne pourrais condamner sans une extrême témérité. Mais que dans des fonctions si excellentes et si sacrées, ce ministre n'ait en vue que la rétribution qu'il en tire; qu'il ne s'y adonne que pour cette rétribution ; qu'il ne paraisse les estimer que par cette rétribution ; qu'il en fasse comme un trafic , comme un commerce , et que dès que cette rétribution viendrait à manquer ou à diminuer, il soit disposé à les négliger et à s'en exempter : voilà ce que toute l'Église réprouve, et ce que je ne saurais trop hautement réprouver moimême. Car voilà le principe malheureux de tant de profanations du plus saint mystère. On le célèbre sans dévotion , sans onction , sans attention , souvent sans préparation , et sans la plus nécessaire préparation , qui est l'innocence du cœur. On a ce que l'on prétendait , dès qu'on ne se retire pas les mains vides. Tout le reste n'était que comme l'accessoire ; mais c'était là le capital.
Je dis des prêtres ambitieux. Il y a dans l'état ecclésiastique des degrés où Von ne peut monter sans le sacerdoce. C'est une condition absolument requise pour obtenir tel bénéfice , et pour parvenir à telle dignité. Il faut
SUR LA DISNITÉ ET LES DEVOIRS DES PRÊTRES. Sli
donc entrer dans les ordres sacrés, et Ton y entre : pourquoi? Est-ce pour avoir le précieux avantage d'offrir le sacrifice du corps et du sang de Jésus-Christ? c'est à quoi l'on ne pense guère; et si le saint caractère n'était bon qu'à cela , on ne s'empresserait pas de le demander. Mais il peut servir à autre chose ; et on ne le recherche que pour cette autre chose. Non-seulement on est prêtre avec ambition , mais on ne l'est que par ambition. Est-on venu à bout de ses desseins, et se voit-on au terme où Ton aspirait, on ne se souvient plus en quelque manière de la qualité de prêtre, parce qu'elle n'est plus de nul usa^e. On passe les mois, on passe presque les années sans en faire nul exercice. On vit en laïque ; et plût à Dieu que l'on vécût au moins en laïque pieux et chrétien ! c'est le dernier souhait où nous réduisent tant de bénéficiers. Une courte messe où ils assistent, et où ils n'assistent qu'aux jours ordonnés , voilà souvent tout le fonds de leur piété et toute leur religion.
Je dis des prêtres vains et présomptueux. Jésus-Christ ne recommandait rien davantage à ses apôtres , qui furent les premiers prêtres de la loi nouvelle, que l'humilité. Saint Paul ne voulait pas qu'un ministre de l'Église cherchât à dominer dans l'Église môme , beaucoup moins à dominer dans le monde. Mais depuis Jésus-Christ et depuis saint Paul, cet esprit de domination a fait dans le sacerdoce des progrès qu'il n'est pas aisé d'arrêter. Parce qu'on est prêtre, on est délicat et sensible sur le point d'honneur; et tel, dans la condition où il est né, eût conservé toute la modestie de son état , qui n'a commencé à la perdre que du moment qu'il s'est vu couvert d'un habit qui devait le rendre plus modeste encore et plus humble. Parce qu'on est prêtre, on s'arroge le droit de juger de tout, de décider de tout, de l'emporter partout et sur tout. A l'exemple de ces pharisiens qui ne voulaient pas qu'on les approchât , on traite le reste des hommes de profanes , et l'on en exige des déférences que l'on s'attirerait bien mieux si l'on y était moins attentif, et si l'on en paraissait moins jaloux. Je sais de quel prétexte on veut s'autoriser. Ce n'est pas pour ma personne , dit-on , c'est pour mon caractère. Distinction spécieuse , mais sujette à la plus subtile illusion. Car, dans cette union si étroite du caractère et de la personne , est-il rien de plus facile et rien de plus ordinaire que de confondre l'un avec l'autre? et en mille rencontres ne pourrait- on pas , avec plus de vérité , renverser la proposition , et dire tout au contraire : Ce n'est pas pour mon caractère , mais pour ma personne? Quoi qu'il en soit, jamais ni votre personne ni votre caractère ne seront plus respectés, que lorsque vous ne ferez plus apercevoir tant de vivacité et tant d'exactitude sur les respects qui leur sont dus. Il vous est permis de soutenir les prérogatives de votre sacerdoce, et d'en défendre les privilèges ; mais moins vous voudrez vous en prévaloir, moins s'attachera-t-on à vous les contester.
Je dis des prêtres oisifs et voluptueux. Ont-ils satisfait à un office qu'ils abrègent autant qu'il leur est possible , et qu'ils récitent très-légèrement, ils se tiennent quittes de tout. A quoi , du reste , se consument toutes les heures de la journée? ni pratique de l'oraison, ni étude des sciences di-
vines ; visites fréquentes , conversations inutiles , parties de divertissement, vie molle, et par là vie très-dangereuse, et exposée à tous les écueils où Foisiveté peut conduire : car Toisiveté est la source de bien des maux dans tous les états , et si je vous faisais ici le dénombrement de ceux quelle a causés dans l'état ecclésiastique, et qu'elle y cause, je vous tracerais une peinture bien affreuse et bien affligeante ; et le moyen que des prêtres sans occupation au milieu du siècle se maintiennent dans la pureté de leur profession ? Un solitaire a sa solitude , un religieux sa retraite , pour rempart contre les occasions et les tentations : cependant, ni la solitude, ni la retraite, ne suffisent pas encore pour préserver Fun et l'autre ; et sans le secours des saintes observances qui partagent tout leur temps et qui le remplissent , ils ne se croiraient pas en sûreté et ils n'y seraient pas. Que sera-ce d'un prêtre abandonné à lui-même, maître de lui-même et de ses actions, n'ayant pour Féclairer d'autre inspecteur que Dieu , qu'on oublie aisément , ni pour le retenir d'autre frein que le devoir, dont on perd aussi facilement le souvenir?
Enfin, je dis des prêtres tout mondains. Mondains dans les affaires où ils s'emploient. Vivant dans une agitation perpétuelle de procédures, de poursuites , de soins temporels , dont quelquefois ils s'accablent , soit que ce soit pour eux ou pour leurs proches ; mondains dans leurs habitudes et leurs sociétés ; voulant être de toutes les assemblées ,^ de tous les jeux , de tous les plaisirs , de tous les spectacles ; mondains dans leurs manières et leurs discours , affectant de se distinguer par des airs dissipés , par des paroles indécentes, par des excès de joie et des libertés dont ils se flattent qu'on leur applaudit, et dont ils se font un faux mérite ; mondains jusque dans leurs .vêtements , et par où? par toute la propreté, par tout l'ajuste-, ment , par tout le luxe qu'ils peuvent joindre à la simplicité évangélique. Ah! Seigneur, sont-ce donc là ces ministres que vous avez spécialement consacrés? sont-ce là les dépositaires de votre puissance, et est-ce en de telles mains que vous avez prétendu livrer votre corps et votre sang ?
Honte du christianisme ! disons plutôt honte de ceux qui déshonorent ainsi ce qu'il y a de plus vénérable dans le christianisme ! Quand je lis ce que saint Augustin raconte de certains prêtres éthiopiens , ou ce que saint Jérôme reprochait à Jovinien touchant les mœurs des prêtres d'Egypte , et que je viens à considérer que ces infidèles s'assujettissaient à une vie si rigoureuse et si austère pour mériter seulement l'estime des peuples, et pour se mettre en crédit auprès d'eux, j'ai compassion de leur aveuglement. Mais tandis que je le déplore avec saint Augustin, je déplore encore plus, comme ce saint docteur, notre misère , de ce que les infidèles nous font des leçons, qu'ils devraient recevoir de nous : 0 grandis christianorum miseria ! Ecce pagani doctores fidelium facti sunt. Quel assemblage ! dit saint Ambroise, et comment accorder ensemble deux choses si opposées, l'éminence de la dignité et l'imperfection de la vie , une profession toute divine et une conduite toute criminelle? Honor sublimis etvita defonnis, deifica professio et illicita actio. Abus dont saint Bernard se plaignait si amèrement et avec tant de sujet au pape Eugène. Chacun travaille, lui
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disait-il , à devenir plus grand ; mais aucun ne s'étudie à devenir plus saint : Altiorem unumquemque , non meliorem esse delectat. Cependant la vraie grandeur, surtout la vraie grandeur du sacerdoce , consiste dans la sainteté. Otez-lui ce fond, vous la détruirez. Du moins autrefois étaitelle soutenue par la noblesse. Dans la loi de nature , le droit d'aînesse lui servait de titre ; et dans la loi "de Moïse , c'était une prérogative de la tribu de Lévi. Mais dans la loi de grâce, où, sans acception de personne, les prêtres sont admis aux mêmes mystères , c'est la sainteté qui en fait le plus bel ornement. Sainteté requise , non-seulement par rapport au pouvoir de l'ordre dont le prêtre est revêtu comme sacrificateur du corps de Jésus-Christ, mais encore par rapport au pouvoir de juridiction qu'il exerce comme pasteur de l'Église de Jésus-Christ. Renouvelez votre attention pour cette seconde partie.