‹ Œuvres complètes de Bourdaloue, de la Compagnie de JésusChapitre 33 sur 79 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Obéissance de la volonté. Sans cette disposition du cœur et cette volonté, nous n'avons qu'une obéissance servile et d'esclave. Or, une obéissance servile et d'esclave , n'est point une obéissance religieuse, ni ime vertu.

Tout le mérite d'une vraie obéissance est dans le sacrifice de la volonté.

De là trois conséquences : Que je dois trembler, quaad un supérieur m'ordonne des choses selon mon inclination et selon mon goût, parce que je dois craindre alors que ma volonté ne soit pas sacrifiée.

Que je dois au contraire me réjouir selon Dieu et en Dieu , quand un supérieur m'emploie à des fonctions qui me mortifient et qui me gênent , parce qu'alors le sacrifice de ma volonté est plus certain et plus excellent.

Que c'est une erreur de croire pratiquer l'obéissance, quand , par des sollicitations et des poursuites, on amène les supérieurs à tout ce qu'on souhaite.

Ce n'est point ainsi que Jésus- Christ a obéi. Il a pleinement sou-

mis sa volonté à la volonté de son Père. Mais par un étrange renversement, quelle est quelquefois l'obéissance des personnes même religieuses? une obéissance de respect humain, une obéissance de contrainte, une obéissance d'artifice ou d'une espèce de violence.

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