‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 2)Chapitre 23 sur 133 · OEIL DE POISSON · texte numérisé non relu

OEIL DE POISSON

Il me parait (lue l’on doit encore regarder comme un inoduit du feldspath la pierre chatoyante à laquelle on a donné le nom d'œü de poisson, parce qu’elle est à peu près de la même pesanteur spécilique que ce Verre primitif (4).

Dans cette pierre œil de poisson, la lumière est blanche et roule d une Hianière uniforme; le reflet en est d’un blanc éclatant et vif lorsqu’elle est taillée en forme arrondie, et polie avec soin. La plupart des pierres chaloyanles, dit très-bien SI. Denicslc, ne sont que des feld-spaths “ d’un tissu extrêmement lin, que l’on taille en goutte de suif ou en “ cabochon, pour donner à la pierre tout le jeu dont elle est susceptible. » Lettc pierre ceil de poisson, quoique assez rare, n est pas d un grand l«'ix, parce qu’elle n’a que peu de dureté, et (lu’ellc est sans couleur, l'ile parait laiteuse et bleuâtre lorsqu’on la regarde obli(|ucment ; mais ail reflet direct de la lumière, elle est d’un blanc éclatant et très-intense. A ce caractère, et en se fondant sur le sens étymologique, il me parait

(1) » Lvucophtiilinos riilila alias, oculi spccicra eandidain nigiaiiiquc contiiiet. » Ilisl. Nat.,

ï'il*. XXXYU, 11» 02.

(2) » HcIU ociilus all.icaiis piipillara cingit nigram , c medio auico fulgorc lucentcm. llæ, “ Pfoplcr spccirni, sacralissinin Assyrionim doo dicanlur. » Lib. XXXVII, n" iü.

^ (5) U pcsaiilcur sp.Vifi.pie dn feld spalh blanc csl de 20460; celle de. l’œil nioidoïc est de 2fi067 ; de l’œil de clial jaune, 23:175, cl de l’œil de chat gris, 23075.

(4) La pcsanleui spériliiiue de la pierre œil de poisson est de 25782 , ce qui esl à peu près le leiiiu; moyen cuire la pesanteur spcciliiiue 20405 du leld-spatll blanc, cl 24o/8, pesanteur ^l'éciliquu ,1,1

-spath rougeàlic.

MO HISTOIRE NATURELLE

que l'on pourrail prendre \'ar()yrodania$ de Pline pour notre œil de poisson ; car il n’est aucune pierre qui joigne à un beau blanc d’argent plus d’éclat et de reflet, et qui par conséquent puisse à plus juste titre, quoique toujours improprement, recevoir le nom de diamant d’argent (1): et cela étant, la pierre gallaïque, du même naturaliste, serait une variété de notre pierre œil de poisson, puisqu’il la rapporte lui-niémc à son argyrodamas (2). Au reste, cette pierre œil de poisson est ainsi nommée parce qu’elle ressemble i)ar sa couleur au cristallin de l’œil de poisson.

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