MINES DE FER CRISTALLISÉES PAR LE FEU
Tous les mélaux tenus longtemps en fusion et en repos forment à leur surface des cristaux opaques; la fonte de fer retenue dans le creuset, sous la flamme du fourneau, en produit de plus ou moins apparents, dont la grandeur et la foi'ine ont été très-bien indi(|uées par iM. de Grignon ('2) ; il est même le premier (jui ait fait celte remarque imporlante;
(I) Il SC trouve (les mines de fer spéculaires au Moiit-d’Or en Auverguej les lames de celte niine qui ont l’éclat du plus bel acier poli, et presque la fragilité du verre , portent souvent plusieurs pouces de longueur sur un pouce ou environ do largeur, et une ligne ou deux d’épaisseur j elles sont interposées dans une roche argileuse ocracée dont on les dégage facilement Il s’en trouve aussi dans les mines d’Altcmberg eu .Saxe , et daus les mines de l’île
d’Elbe, où elle parait souvent pauaebée dos plus belles couleurs... On trouve à FramonI dans les Vosges, de la mine de fer grise en petits cristaux trcs-éclatanls, do deux lignes de diamètre et au-dessous, sur trois à quatre lignes de hauteur... et dans les mines spéculaires de Valdajol, dont la gangue est pour l’ordinaire fcid-spalbiquc ou quartzeuse, ou une espère de granit grossier... Ou en trouve aussi dans les montagnes du bourg d’Oisans en Danpliiné, où clic est souvent entremêlée de ci istaux de roche et de sléalilc... La mine de fer micacée grise se trouve en petites écailles ou paillettes luisantes , qui n’ont que très-peu d’adhérence entre elles, et meme SC séparent au moindre frottement : relie mine de fer micacée grise accompagne souvent l’hématite... On trouve aussi quelquefois celte mine micacée grise en masses écailleuses plus consistantes ou en masses irrégulières , dont le tissu est tantôt lamelleux ou strié, tantôt granuleux, et tantôt solide cl compacte comme l'acier. Crislallogi aphic, par M. llomé de Lisle. tome III, p. 18!* et suiv.
(’i) Mémoires de l'Iiysique, p.71 et89.
lurroK, lom. iv.
HISTOIRE NATURELLE
les cliiniisles ont ensuite recherché si les autres inclaux pouvaient, comme le fer, se cristalliser par la longue action du feu ; leurs tentatives ont eu tout le succès qu’on pouvait en attendre; ils ont reconnu que non-sculcrncnt tous les métaux, mais meme les demi-métaux et les autres substances métalliques qui donnent des régules {!), forment également des cristaux, lorsqu’on leur applique convenablcinent le degré de feu constant et continu qui est nécessaire à cette opération.
Les cristaux de la fonte de fer produits par le feu agissent trés-pnissammenl sur l’aiguille aimantée, comme toute autre matière ferrugineuse qui a subi l’action du feu; les mines primordiales de fer qui ont été formées dès le temps de rincandescence du globe par le feu primitif sont non-seulement attirables à l’aimant, mais souvent parsemées de ces cristaux que la nature a produits avant notre art, et auxquels ou n’avait pas fait assez d’attention pour reconnaître que c’était une production du feu : mais on a vu depuis ces cristaux dans la plupart des mines de première formation, et même dans quelques autres de formation plus récente (2), et dans la composition desquelles sont entrés les fragments et par conséquent les cristaux des mines primitives.
(1) Le bismuth est des demi-metaux celui (jui se cristallise le plus aisément au feu. En répétant les expériences de M. l’abbé Mongez, m’écrit M. de Morveau, j’ai vu quelque chose qu’il n’a pas dit, et qui me paraît fait pour donner les idées les plus lumineuses sur la formation des cristaux métalliques ; c’est en traitant le bismuth qui donne de grandes facilités par sa grande fusibilité, que l’ou verse tout uniment du bismuth en fusion sur une assiette de terre, on voit insensiblement paraître dos carrés à la surface; quand il y en a un certain nombre, qu’on incline le vaisseau pour faire couler ce qui reste de fluide, on a de beaux cubes isolés. C’est ainsi que j’ai obtenu ceux que je joins ici; j’ai pensé que vous ne seriez pas fâché d’en voir un échantillon ; il n’y a pas de description qui puisse en dire autant (ju’uu coup d’œil sur l’objet même. Note communiquée parM. de Morveau, en octobre 1782.
(2) On trouve, dans les mines de Suède, le fer en cristaux qui ont jusqu’à un pouce de
diamètre, et ces cristaux sont très-attirablcs ù l’aimant Ces cristaux de fer de cinq ou six
lignes SC voient aussi dans les stéalitcs de l'ilc de Corse , où ils sont implantés, comme le sont
ailleurs, dans ces mêmes roches, les grenats , les schorls et les tourmalines 11 se trouve
encore de ces cristaux de fer dans les mines du Baunal do Téincswar, et dans le ruisseau
d’Expailly près le l’uy en Vélay Le fer, dans ces cristaux, est tantôt apparent, noir et lui-
sajit à sa superficie, tantôt revêtu d’une croûte talqueusc, brunâtre ou verdâtre, plus ou moins épaisse ; mais cette écorce talijucnse ou de stcatito n’empêche pas iju’il ne soit fort atlirable ù l’aimant. Cristallographie, par M. Romé de Lisle, tome 111, p. 178 cl suivantes.
DES IVIINERAÜX,
Soi