CHAUVE-SOURIS
FF.n-DF.-I.ANCE.
Dans le grand nombre d’espèces de chauves-souris qui n’étaient ni nommées ni connues, nous en avons indiqué quelques-unes par des noms empruntés des langues étrangères, et d’autres par des dénominations tirées de leur caractère le plus frappant ; il y en a une que nous avons appelée le ferà-cheval, parce qu’elle porte au devant de sa face un relief exactement semblable à la forme d’un fer à cheval. Nous nommons de même celle dont il est ici question le fer-de-lance, parce qu’elle présente une crête ou membrane en forme de trèfle très-pointu, et qui ressemble parfaitement à un fer de lance garni de ses oreillons. Quoique ce caractère suffise .seul pour la faire reconnaître et distinguer de toutes les autres , on peut encore ajouter qu’elle n’a presque point de queue, qu’elle est à peu près du même poil et de la même grosseur que la chauve-souris commune, mais qu’au lieu d’avoir comme elle, et comme la plupart des autres chauves-souris, six dents incisives à la mâchoire inférieure, elle n’en a que quatre. Au reste, cctic espèce, qui est fort commune en Amérique, ne se trouve point en Emope.
Il y a au Sénégal une autre chauve-souris quia aussi une membrane sur le nez; mais celte membrane, au lieu d’avoir la forme d’un fer de lance ou d’un fer à cheval, comme dans les deux chauves-souris dont nous venons de faire mention, a une figure plus simple et ressemble à une feuille ovale. Ces trois chauves-souris étant de différents climats, ne sont pas de simples variétés, mais des espèces distinctes et séparées. M. Daubenton a donné la description de cette chauve-souris (lu Sénégal, sous le nom de la feuille, dans les Mémoires de l'Académie des Sciences, année 1759, 374.
Los chauves-souris, qui ont déjà de grands rapports avec les oiseaux par
HISTOIRE NATURELLE DES CHAUVES-SOURIS. ISS îeiir vol, par leurs ailes cl pur la force des muscles pectoraux, paraissetil s’en approcher encore par ces membranes ou crêtes qu’elles ont sur la face : ces parties excédantes, qui ne sc présentent d’abord que comme des difformités superflues, sont les caractères réels et les nuances visibles de l’ambiguité de la nature entre ces quadrupèdes volants et les oiseaux; car la plupart de ceux-ci ont aussi des membranes et des crêtes autour du bec et de la tête, qui paraissent tout aussi superflues que celles des chauves-souris.
ADDITION A l’article DES CHAUVES-SOURIS.
M. Pallas, qui nous a donné des descriptions de deux chauves-souris qu’il regarde comme nouvelles, et dont j’ai cru devoir faire copier les figures, avertit que la chauve-souris fer-de-lance, dont j’ai donné la description, ne doit pas être confondue avec la chauve-souris donnée par Seba, sous la dénomination de la chauve-souris commune d’Amérique. M. Pallas dit avoir vu les deux espèces, et qu’après les avoir comparées, il s’est assuré qu’elles sont très-différentes l’une de l’autre. Je ne puis que le remercier de m’avoir indiqué celle méprise.
Il nous donne ensuite la description d’une de ces chauves-souris nouvelles, qu’il dit être des Indes, et qu’il appelle céphalole, laquelle est en effet différente de toutes les chauves-souris que nous avons décrites dans notre ouvrage : voici l’extrait de ce qu’en dit M. Pallas.
Celte espèce de chauve-souris, jusqu’à présent inconnue des naturalistes, se trouve aux îles Moluques, d’où on a envoyé deux individus femelles à M. Schlosser, à Amsterdam. La femelle ne produit qu’un petit ; on peut le conjecturer parce que M. Pallas, dans la dissection qu’il a faite d’une de ces femelles, n’a trouvé qu’un fœtus.
Il appelle eette chauve-souris céphalole, parce qu’elle a la tête plus grosse à proportion du corps que les autres chauves-souris; le cou y est aussi plus distinct, parce qu’il est moins couvert de poil.
Celte chauve-souris, continue M. Pallas, diffère de toutes les autres par les dents, qui ont quelque ressemblance avec les dents des souris ou même des hérissons, paraissant plutôt faites pour entamer les fruits que pour déchirer une proie; les dents canines, dans la mâchoire supérieure, sont séparées par deux petites dents ; et dans la mâchoire inférieure, ces petites dents manquent, et les deux canines de cette mâchoire sont comme les incisives dans les souris.
Je crois devoir rapporter ici une table du nombre et de l’ordre des dents dans les espèces de chauves-souris, et qui m’a été communiquée par M. Daubenton. On verra d’autant mieux par celte table, que la chauve-souris céphalole, et une autre dont je parlerai tout à l’heure, sous le nom de chauve-
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souris-musaraigne, sont de nouvelles espèces qui n’ont été indiquées que par M. Pallas.