‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 3)Chapitre 7 sur 255 · DESCRIPTION D’UN LOUP NOIR · texte numérisé non relu

DESCRIPTION D’UN LOUP NOIR

Cet animal avait été pris fort Jeune au Canada, et apporté en France par un officier de marine, qui le garda dans sa maison pendant quelque temps; mais l’animal étant devenu féroce en grandissant, il fut mis au combat du taureau à Paris, où il ne montra pas beaucoup de courage lorsqu'on le fit entrer en lice : mais dés que l’on approchait de la loge où on le gardait, il entrait en fureur, se jetait brusquement en avant de toute la longueur de sa chaîne, montrait les dents et aboyait, non pas comme les chiens, mais seulement par des cris successifs et interrompus, qu’il ne répétait qu’après d assez longs intervalles. Cet animal, quoique beaucoup plus petit que le loup, lui ressemblait par la forme du corps et de la tête, surtout par la position oblique des yeux ; mais les oreilles étaient plus pointues et plus éloignées lune de 1 autre que celles du loup; les yeux paraissaient plus petits, et placés à une plus grande distance Tun de l’autre; la queue, n’était pas si grosse, peut-être parce que 1 animal se trouvait dans le temps de la mue et qu il avait déjà perdu une partie de son poil. Celui qui était le long du dos, depuis le garrot jusqu’à la croupe, avait plus de longueur que le poil du reste du corps, et formait une crinière qui était plus longue sur le garrot et sur la croupe que sur le dos et les lombes. Cet animal était noir en entier.

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