‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 3)Chapitre 79 sur 255 · ADDITION A I. AHTICI.E DE I.A TAUPE DU CAP DE BONNE-ESPÉRANCE · texte numérisé non relu

ADDITION A I. AHTICI.E DE I.A TAUPE DU CAP DE BONNE-ESPÉRANCE

Depuis la publication de cet article, j’ai reçu de M. Allamand une description plus exacte de cette taupe du Cap, avec une figure faite sur l’animal vivant. Voici ce que cet habile naturaliste a publié cette année (1781 ) sur

DE LA TALPE DU CAP DE BONNE-ESPÉRANCE. 139 cet animal, que je n’avais guère pu qu’indiquer d’après MM. Sonnerai et de la Faille.

M. de Buffon a donné une Ogurc de celle laupe, faite d’après une peau bourrée, qui lui a été donnée par M. Sonnerai, et il ne lui était pas possible d’en donner une meilleure, parce qu’un tel animal ne peut pas cire transporté vivant en Europe; mais celte ligure représente si imparfaitement son original, que je n ai pas hésité d en donner une meilleure. M. Gordon m’en a envoyé le dessin.

Cette taupe ressemble à la taupe ordinaire par les habitudes et par la forme du corps; mais aussi elle en diffère en des parties si essentielles, que M. de Buffon a eu raison de dire que c’était une espèce particulière, qui ne pouvait pas être regardée comme une simple variété. Sa longueur est de sept pouces, et son poil est d un biun minime, qui devient plus foncé et presque noir sur la tête; vers les cotes et sous le ventre, il est d'uii blanc cendré ou bleuâtre.

ta tête de cette taupe est presque aussi haute que longue, et elle est terminée par un museau aplati, et non pas allongé comme celui de nos taupes : cependant elle a ceci de commun avec ces dernières, c’est que son museau ressemble a une espèce de boutoir, de couleur de chair, oii l’on voit les ouvertures des narines, comme dans le cochon, mais qui n’avance point au-delà des dents. La gueule est environnée d une bande blanche de la largeur de quatre ou cinq lignes, qui passe au-dessus du museau, il en part quelques longs poils blancs qui forment une espèce de moustache. Elle a à chaque mâchoire deux dents incisives fort longues, qui paraissent meme quand la gueule est fermée; celles d’en haut sont de la longueur de quatre lignes, et celles d’en bas de plus de six ; ses yeux sont extrêmement petits et placés presque h égale distance du museau et des oreilles; ils occupent le centre d’une tache ovale blanche, dont ils sont environnés, cc qui fait qu’on n’a pas de peine à les trouver, comme dans nos taupes; ses oreilles n’ont point de conque qui paraisse en dehors, tout ce qu’on en voit extérieurement consiste dans l’orifice du canal auditif, qui est assez grand, et dont le rebord a un peu de saillie; cet orifice est aussi placé au milieu d’une tache blanche; enfin, il y a une troisième tache de la même couleur au-dessus de la tête ; et c’est à cause de ces différentes taches, qu’on la nomme au Cap Mesmol ou laupe tachetée; ses pieds ont tous cinq doigts munis de forts ongles ; ils sont sans poils en dessus, mais ils en ont d’assez longs en dessous; ceux de devant sont faits comme ceux de derrière, et ils n’ont rien qui ressemble à ceux des taupes d’Europe, qui sont beaucoup plus grands que les pieds postérieurs; et dont la figure approche de celle d’une main dont la paume serait tournée en arrière.

Sa queue, qui ne surpasse pas sept ou huit lignes, est couverte de longs poils de la même couleur que ceux des côtés.

Ces taupes ressemblent encore aux nôtres par leurs habitudes; elles vivent sous terre : elles y creusent des galeries, et elles font beaucoup de mal aux jardins, ftl. Gordon a vu, fort avant dans l’intérieur du pays, une espèce beaucoup plus petite et de couleur d’acier; aussi lui en donne-t-on le nom : mais quant au reste elle était tout à fait semblable à celles que nous venons de décrire. Cc que nous en avons dit est une nouvelle preuve du peu d’attention que Kulbe a donné à ce qu’il a vu; en parlant de la taupe du Cap, voici comment il s exprime .

« 11 y a des taupes au Cap, et même en fort grande quantité, qui ressemblent, à « tous égards, à celles que nous avons en Europe, ainsi je n ai rien à dire sur ce <( sujet; » il aurait donc pu se passer d’en faire un article, ou il n est question que du piège qu’on leur tend, en leur faisant tirer une corde qui fait partir un coup de fusil qui les lue, et même encore je doute qu’on se donne la peine de laire tant d appareil

pour un aussi peül animal que celle laupe; le piège paraît plutôt être tendu pour une autre laupe, dont il sera question dans l'article suivant, mais dont Kolbe n’aura connu que le nom, cependant il serait dangereux de prendre ces animaux avec la main, ils sont méchants et mordent bien fort.

M. de Buffon, dans l’article intéressant qu’il a donné de la taupe ordinaire, a remarqué que pour la dédommager du sens de la vue, dont elle est presque privée, la nature lui a accordé avec magnificence les organes qui servent à la génération. La taupe du Cap aurait besoin du même dédommagement, mais j’ignore si la nature a été si libérale à son égard.

Dans le journal d’un voyage entrepris par l’ordre du gouvernement du Cap, il est dit, dans une note de l’éditeur, que cette taupe ressemble plus au hamster qu’à tout autre animal de l’Europe. Je ne comprends pas où l’auteur de cette note trouve la ressemblance. Si l’on compare la figure que j’en donne ici avec celle du hamster, je doute qu’on trouve aucun rapport entre elles.

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