DE LA PERDRIX GRISE BLANCHE
Ordre des gallinacés, genre perdrix. (Cuvier.)
Cette perdrix a été connue d’Aristote, et observée par Scaliger, puis(|ue tous deux parlent de perdrix blanche, et on ne peut point soupçonner que m I un ni l'autre ait voulu parler du lagopède, appelé mal à propos perdriæ hlanclie par (|nelques-uns ; car, pour ce qui regarde Aristote, il ne pouvait avoir en vue le lagopède, qui est étranger à la Grèce, à l’Asie et à tous les pays ou il avait des correspondances; et, ce qui le prouve, c’est qu’il n’a jamais parlé de la propriété caractéristique de cet oiseau, qui est d'avoir les jneds velus jusque sous les doigts; et à l'égard de Scaliger, il n’a pu conlondre ces deux espèces, |>uisque, dans le même chapitré où il parle de la perdrix blanche qu’il a mangée, il parle, un peu plus bas et fort au long, du laçjopus de Pline, qui a les pieds couverts de plumes et qui est notre vrai lagopède.
Au reste, il s’en faut bien que la perdrix grise blanche soit aussi blanche que le lagopède, il n’y a que le fond de son plumage qui soit de cette couleur; et l’on voit sur ce fond blanc les memes mouchetures que dans la perdrix grise, et distribuées dans le même ordre : mais ce qui achève de ilémonirer que cette différence dans la couleur du plumage n’est qu’une altération accidentelle, un effet particulier, en un mot, une variété proprement dite, et qui n'empécbe point qu'on ne doive regarder la perdrix blanche comme appartenant à l’espèce de la perdrix grise, c’est que, selon les naturalistes, et même selon les chasseurs, elle se inèlc et va de compagnie avec elle. Un de mes amis en a vu une compagnie de dix ou douze qui étaient toutes blanches, et les a aussi vues se mêler avec les grises au tem[)s de la pariade. Ces perdrix blanebcs avaient les yeux ou plutôt les prunelles rouges, comme les ont les lapins blancs, les souris blanches, etc.; leur bec et leurs [lieds étaient de couleur de plomb.