‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 324 sur 525 · J.E GROS-BEC D’ABYSSINIE · texte numérisé non relu

J.E GROS-BEC D’ABYSSINIE

Genre moineau. (Cuvier.)

Je rapporte encore aux gros-becs cet oiseau d’Aby.ssinic qui leur ressemble par le trait caractéristique, je veux dire par la grosseur de son bec, comme aussi par la grosseur totale de son corps. 11 a l’iris rouge, le bec noir, ainsi que le dessus et les côtés de la tête, la gorge lA la poitrine; le reste du dessous du corps, les jambes et la partie .supérieure du corps d’un jaune clair, mais qui prend une teinte de brun à l'endroit oii il s’approche du noir de la partie antérieure, comme si dans ces endroits ces deux couleurs se fondaient en une .seule; h^s plumes scapulaires sont noirâtres, les couv ortures des ailes brunes bordées de gris, his

' Cet oiseau ne (liffèie pas lUi louenam-cüiir\ i.

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pennes dos ailes (it de la queue brunes bordées de jaune et les pieds d’un gris rougeâtre.

Le que 1 histoire du gros-bec d’Abyssinie offre de plus singulier, c’est la construction de son nid et l’espèce de prévoyance qu’elle suppose dans cet oiseau et qui lui est commune avec le toucnam-courvi et le uaglafecht. La forme de ce nid est à peu près pyramidale, et l’oiseau a l’attention de le suspendre toujours au-dessus de l’eau à l’extrémité d’une petite branche : l’ouverture est sur l’une des faces de la pyramide, ordinairement tournée a 1 est. La cavité de cette pyramide est séparée on deux par une cloison, ce qui forme, pour ainsi dire, deux chambres ; la première, où est 1 entrée du nid, est une espece de vestibule où l’oiseau s’introduit d’abord ensuite il grimpe le long de la cloison intermédiaire, puis il redescend jusqu’au fond de la seconde chambre oii sont les œufs. Par l’artifice assez compliqué de cette construction, les œufs sont à couvert delà pluie, de quelque côté que souffle le vent, et il faut remarquer qu’en Abyssinie la saison des pluies dure six moisj car c’e.st une observation générale que les inconvénients exaltent l'industrie, à moins qu’étant excessifs ils ne la rendent inutile et ne l’étouffent entièrement. Ici il y avait à se garantir non-seulement de la pluie , mais des singes, des écureuils, des serpents, etc. L’oiseau semble avoir prévu tous ces dangers, et par des précautions raisonnées les avoir écartés de sa géniture. Cette espece est nouvelle, et nous devons tout ce que nous en avons dit à M. le chevalier Bruce.

LE GÜIFSO BiVLlTO.

Il n est point d’espèce européenne avec laquelle cet oiseau étranger ait plus de rapport que celle de nos gros-becs : comme eux, il fuit les lieux habités et vit retiré dans les bois solitaires; comme eux, il est assez peu sensible aux plaisirs de l’amour, puisqu’il ne connaît pas le plaisir de chanter; comme eux enfin il ne se fait guère entendre que par les coups de bec réitérés dont il perce les noyaux pour en tirer l’amande : mais il diffère des gros-becs par deux traits assez marqués : premièrement, son bec est dentelé sur les bords ; en second lieu , ses pieds n’ont que trois doigts, deux en avant et un en arrière, disposition remarquable et qui n’a lieu que dans un petit nombre d’espèces. Ces deux traits de dissemblance m’ont paru assez décisifs pour que je dusse distinguer cet oiseau par un nom particulier, et je lui ai conservé celui sous lequel il est connu dans son pays natal.

La tete, la gorge, et le devant du cou, sont d’un beau rouge qui se prolonge en une bande as.sez étroite soqs le corps jusqu’aux couvertures inférieures de la queue : il a tout le reste du dessous du corps, la partie supérieure du cou, le dos et la queue noirs, les couvertures supérieures des ailes brunes bordées de blanc, les pennes des ailes brunes bordées de verdâtre et les pieds d’un rouge très-obscur. Les ailes dans leur situation de repos ne vont qu’au milieu delà longueur delà queue.

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