LE BEAU MARQUET
Enfin nous croyons que l’on peut rapporter à l’cspècc du friquet, plutôt qu’à aucune autre, le bel oiseau connu sous le nom de moineau de la côte d’Afrique, parce qu’il a été envoyé de ces contrées, et nous l’appellerons beau marquet, parce qu’étant d’une espèce differente de celle du friquet et de toutes les autres que nous venons d’indiquer, il mérite un nom particulier, et celui de beau marquet désigne qu’il est beau et bien marqué sous le ventre. Ce nom, et un coup d’œil sur la figure coloriée, suffiront pour le faire reconnaître et distinguer de tous les autres oiseaux.
LA SOULCIE.
(le GlîOS-BEC SOULCIE.)
Ordre des passereaux, famille des couirostres, genre moineau. (Cuvier.)
On a souvent confondu cet oiseau, ainsi que le friquet, avec notre moineau ■ cependant il est d’une autre espèce, et il diffère de l’un et de l’autre en ce. qu il est plus grand, qu’il a le bec plus fort, plutôt rouge que noir, et qu’il n’a, pour ainsi dire, aucune habitude naturelle qui lui soit commune a^ cc le moineau. Celui-ci demeure dans les villes; la soulcic ne se plaît que dans les bois, et c’est ce qui lui a fait donner, par la plupart des naturalistes , le nom de moineau de bon; il y niche dans des creux d’arbres, ne produit mi’une fois l’annoc quatre ou cinq œufs; ils se rassemblent en troupes dès que les petits sont assez forts pour accompagner les vieux, c’est-à-dire vers la fin de juillet. Les soulcies se réunissent donc six semaines plus tôt que les friquets; leurs troupes sont aussi plus nombreuses, et ils vivent constamment ensemble jusqu’au retour de la saison des amours, où chacun se sépare pour suivre sa femelle. Quoique ces oiseaux restent également et constamment dans notre climat pendant toute l’année, il paraît néanmoins qu’ils craignent le froid des pays plus septentrionaux; car Linnæus n’en parle pas dans son Enumération des Oiseaux de Suède. Ils ne sont que de passage en Allemagne; ils ne s’y réunissent pas en troupes et y arrivent un à un. Enfin, ce qui paraît confirmer ce que nous venons de présumer, c’est qu’on trouve assez souvent de ces oiseaux morts de froid dans des creux il’arbrcs lorsque riiiver est
rigoureux. Ils vivent non-seulement de grains et graines de toute espèce, mais encore de mouches et d'autres insectes; ils aiment la société de leurs semblables et les appellent dès qu’ils trouvent abondance de nourriture, et comme ils sont presque toujours en grandes bandes, ils ne laissent pas de faire beaucoup de tort dans les terres nouvellement ensemencées. On a de la peine aies chasser ou à les détruire; car ils participent de l’instinct et de la défiance du moineau domestique : ils reconnaissent les pièges, les gluaux, les trébuchets, mais on les prend en grand nombre avec des filets.