‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 348 sur 525 · LE CABARET · texte numérisé non relu

LE CABARET

(l-F. (;i!()S-l!EC SIZEIUN. — LE SlZEltlA' OU PETITE LINOTTE. )

Genre moineau, sous-genre linotle. (Cuvikk.)

Lorsqu il s agit d’oiseaux en qui les couleurs sont aussi variables que dans ceux-ci, on s’exposerait à une infinité de méprises si l’on voulait prendre ces memes couleurs pour les marques distinctives des espèces. Nous av ons vu que notre linotte ordinaire, dans l’état de liberté, avait du rouge sur la tete et sur la poitrine; que la linotte captive n’en avait que sur la poitrine, encore était-il caché; que la linotte de Strasbourg l’avait aux pieds; que celle de montagne lavait sur le croupion. Al. Brisson dit que celle qu’il nomme petite linotte de vigne en a sur la tète et sur la poitrine, et Cessner ajoute sur le croupion. AVillughby fait mention d’une petite linotte qui n avait de rouge que sur la tète, et ressemblait en cela a deux autres décrites par Aldrov ande, mais qui en diflcraîent à d’autres égards. Enfin le cabaret de M. Brisson avait du rouge sur la tète et le croupion, et celui de AL Friscli n’i'n avait point sur la tète. 11 est visiblo qu’une grande partie de ces variétés viennent du temps et des circonstances où ces oiseaux ont etc vus : si c’est au milieu du printemps, ils avaient leurs plus belles couleurs; si c’est pendant la mue, ils n’avaient plus de rouge; si c’est d’abord après, ils n’en avalent pas encore; si c’est apres avoir ete tenus plus ou moins do temps en cage, ils enav^aientperdu plus ou moins; et si les plumes des différentes parties tombent en des temps differents, c’est encore une source abondante de variétés. Dans cette incertitude, on est forcé d’avoir recours, pour déterminer les espèces, à des propiictos plus constantes^ a la lorine du coi’pSj aux mœurs, aux habitudes. Faisant lapplication de cette mctliode, je trouve qu’il nV a que deux espèces d’oiseaux à qui l’on ait donné le nom de petite linotte :

1 un, qui ne chante point, qui ne paraît que tous les six ou sept ans, arrive par troupes très-nombreuses, ressemble au tarin, etc. : c’est la petite linotte de vigne, de AL Brisson ; l’autre est le cabaret de cet article.

M. Daubenton le jeune a eu pendant deux ou trois ans un de cesoiseaiix qui avait été pris au filet. Il était d’abord très-sauvage, mais il s’apprivoisa peu a peu, et devint tout a fait familier. Le chènevûs était la graine dont il paraissait le plus Iriand. Il avait la voix douce et mélodieuse, presque semblable a celle de la fauv'ctte appelée tvaîne-buisaon. 11 perdit tout son rouge dès la première année, et il ne le reprit point; ses autres couleurs n éprouvèrent aucune altération. On a remarqué que lorsqu’il était en mue ou malade, son bec devenait aussitôt pâle et jaunâtre, puis reprenait par nuances sa couleur brune a mesure que l’oiseau se portait mieux. La femelle nest^pas entièrement dépourvue de belles couleurs' elle a du rouge sur la tete, mais elle n en a point sur le croupion. Quoique plus petite que la femelle de la linotte ordinaire, elle a la voix plus forte et plus varice. Let oiseau est assez rare soit en Allemagne, soit en France : il a le v^l rapide, et ne va point par grandes troupes; son bec est un peu plus fin a proportion que celui de la linotte.

Mesures .' la longueur totale du cabaret est de quatre pouces et demi • .son vol a près de huit pouces; son bec, un peu plus de quatre lignes; sa queue, deux pouces; elle est fourchue, et ne dépasse les ailes que de huit lignes.

DES OISEAUX ÉTRAXGEHS. Jj-il

Couleurs : le dessus ilc la UHe cl le croupion rouges; une bande rous- Sillre sur les yeux; le dessus du corps varie de noir cl de roux; le dessous du corps roux, tacheté de noirâtre sous la gorge; le ventre blanc, les pieds bruns, quelquefois noirs. Les ongles sont lorl allongés, et celui du doigt postérieur est plus long que ce doigt.

OISEAUX ÉTIUNGEIIS

QUI ONT IIAI’I’OHT A I.A LINOTTE.

LA VENGOLINE.

Tout ce que l’on sait de riustoire de cet oiseau c’est qu’il se trouve dans le royaume d’Angola, qu’il est très-laniilier, qu’il est compté parmi les oiseaux de ce pays qui ont le ramage le plus agréable, et que son chant n’est pas le meme que celui de notre linotte. Le cou, le dessus de la tète et du corps sont variés de deux bruns; le croupion a une belle plaque de jaune, qui s’étend jasqu’aux pennes de la queue: ces pennes sont bi'unes, bordées et lerininécs do gris clair, ainsi que les pennes des ailes et leurs grandes et moyennes couvertures. Les cotés de I a tête sont d’un roux clair ; il y a un trait brun sur les yeux : le dessous du corps et les côtés sont tachetés de brun sur un fond plus clair.

IM. Edwards, qui nous a fait connaître la vengolinc, et qui en a donné la figure au bas de la planche 129, incline à croire que c’est la femelle d’un autre oiseau représenté au haut de la même planche : cet autre oiseau est appelé néyral ou tobaque, et son chant approche fort de celui de la vengolinc. Pour moi, j’avoiu' que le chant de celle-ci me fait douter que ce soit une femelle : je croirais plus volontiers que ce sont deux mâles de la même espèce, mais de climats différents, dans lesquels chacun aura été nommé différemment; ou du moins que ce sont deux mâles du meme climat, dont l’un ayant été élevé dans la volière, aura perdu l’éclat de son plumage, et l’autiv n’ayant été pris que dans l’âge adulte, ou n’étant resté que peu de temps en cage, aura mieux conservé ses couleurs. Les couleurs au négral sont en effet plus riches et plus tranchées que celles de la vengolinc. La gorge, le front, le trait qui passe sur les yeux sont noirs ; les joues lilanchcs; la poitrine et tout le dessous du corps d’une couleur orangée sans mouchetures, et qui devient plus foncée sous le ventre et sous la queue. Ces deux oiseaux sont de la grosseur de notre linotte. M. Edwards ajoute qu’ils en ont l’œil' et le regard.

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