‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 355 sur 525 · DU BENGALI BRUN · texte numérisé non relu

DU BENGALI BRUN

couleurs du {)!umage et ses variations, qu’iU'audraitquitter la plume pour prendre le pinceau, ou du moins qu’il faudrait sa\oir peindre avec la plume, c’est-à-dire représenter avec des mots, non-seulement les contours et les formes du tout ensemble et de chaque partie, mais le jeu des nuances fugitives qui sc succèdent ou se mêlent, s’éclipsent ou se font valoir mutuellement, et surtout exprimer l’action, le mouvement et la vie.

Le bengali a de chaque côté de la tète une espèce de croissant couleur de pourpre, qui accompagne le bas des yeux, et donne du caractère à la physionomie de ce petit oiseau.

La gorge est d’un bleu clair j cette même couleur domine sur toute la partie inferieure du corps jusqu’au bout de la queue, et même sur scs couvertures supérieures. Tout le dessus du corps, compris les ailes, est d’un joli gris.

Dans quelques individus, ce même gris, un peu plus clair, est encore la couleur du ventre et des couvertures inférieures de la queue.

Dans d’autres individus venant d’Abyssinie, ce même gris avait une teinte de rouge à l’endroit du ventre.

Dans d’autres enfin, il n’y a point de croissant couleur de pourpre sous les yeux; et cette variété, connue sous le nom de cordon We», est plus commune que celle qui a été décrite la première; on prétend que c’est la femelle : mais par la raison même que le cordon bleu est .si commun, je le regarde non-seulement comme une variété de sexe, mais encore comme une variété d’âge ou de climat, qui peut avoir quelque rapport pour les couleurs avec la femelle. M. le cliev aller Bruce, (jui a vu cet oiseau en Abyssinie, nous a assuré positivement que les deux marques rouges ne se trouvaient point dans la femelle, et que toutes scs couleurs étaient d’ailleurs beaucoup moins brillantes. Il ajoute que le mâle a un joli ramage; mais il n’a point remarqué celui de la femelle : l’un et l’autre ont le bec et les pieds rougeâtres.

]\L Edwards a dessiné et colorié un cordon bleu venant des côtes d’Angola, oii les Portugais l’appellent azulinka. Il différait du précédent, en ce que le dessus du corps était d’un brun cendré, légèrement teint do pourpre, le bec d’une couleur de ehaii' rembrunie, et les pieds bruns. Le plumage de la femelle était d’un cendré brun, avec une légère teinte de bleu snr la partie inférieure du corps seulement. Il paraît que c’e.st une variété de climat, dans laquelle ni le mâle ni la femelle n’ont de marque rouge au-dc.ssous des yeux, et cela explique pourquoi les cordons bleus sont si communs. Au reste, celui-ci est un oiseau fort vif. M . Edwards remarque que son bec est semblable à celui du chardonneret : il ne dit rien do son chant, n’ayant pas eu occasion de l’entendre.

Le bengali est de la grosseur du sizerin : sa longueur totale est do quatre pouces neuf lignes; son bec de quatre lignes, sa queue de deux pouces; ell(! est étagée et composée de douze pennes; le vol est de six à sept pouces.

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