LE BENGALI PIQUETÉ
Genre moinr-an, sons-genre linollc. (Ct’viER.)
De tous les bengalis que j’ai vus, celui qui était le plus mouclicté, 1 était sur tout le dessous du corps, sur les couvertures supérieures de la queue et des ailes, et sur les pennes des ailes les plus |)rochcs du dos : les ailes étaient brunes et les pennes latérales de la queue noires bordées de blanc. Un brun mêlé de rouge sombre régnait sur toute la pai lic supérieui'C du corps, compris les coincrtures de la queue, et de plus sous le ventre; un rouge moins sombre régnait sous tout le reste de la pai-tie inférieure du corps, et sur les côtés d(i la tète. Le bec était aussi d’un rouge obscur, et les pieds d’un jaune clair.
La femelle, suivant M. Brisson, n’est jamais piquetée; elle diffère encore du mâle, en ce qu’elle a le cou, la 'poitrine et le ventre d’un jaune pâle, et la gorge blanche. Selon d’autres ob.serva leurs, qui ont eu beaucoup d’occasions de voir et de revoir ces oiseaiLx vivants, la femelle est toute brune et sans taches. Est-ce encore une variété de plumage ou bien serait-ce une simple variété de description? Ce n’est pas celle qui met le moins d’embarras dans l’histoire naturelle. Willughliy a vu plusieurs de CCS oiseaux venant des Indes orientales, et, comme on le peut croire il a trouvé plusieurs différences entre les individus : ils étaient d’un brun plus ou moins foncé; les uns avaient les ailes noires; d’auti-es avaient la poitrine de cette môme couleur, d'autres, la poitrine et le ventre noirâtres, d’autres, les pieds blanchâtres; tous avaient les ongles fort longs, mais plus arqués que dans l’alouette. 11 est à croire que quelques-uns de ces oiseaux étaient en mue; car j’ai ou occasion d’olvscrver un individu qui avait aussi le bas-ventre noirâti'C, et dont le reste du plumage était comme indécis, et tel qu’il doit être dans la mue, quoiqu’il fût peint des couleurs propres fi cette espèce : mais ces couleurs n’étaient pas bien démêlées"
L individu qu’a décrit M. Brisson venait de l’île de Java. Ceux qu’a observés Charleton venaient des Indes; ils avaient un ramage fort agréable : on en tenait plusieurs ensemble dans la même cage, parce qu’ils avaient de la répugnance à vivre en société avec d’aidres oiseaux.
Le bengali pi((ucté est d’une grosseur moyenne entre les deux précédents : sa longueur totale est d’env iron quatre pouces, son bec de quatre à cin(] lignes, son vol de moins do six pouces, sa queue d’un pouce (juatre lignes; elle est étagée et composée de douze pennes.
LE SËNÉGALI.
Genre tnoia ;hi, soiis-gcnrc liiintlo. (Cduvr )
Deux couleurs principales dominent dans le plumage de cet oiseau ; le rouge vineux sui' la tète, la gorge, tout le dessous du corps jusqu’aux
DU SÉNÉGALl lUVYÉ. iyil
ù'iinhcs, ol sur lu croupion; le brun vcrdôtrc sur le bas-vonlrc cl sur le dos : mais <à l’endroit du dos, il a une légère teinte de rouge. Les ailes sont l)runcs, la queue noifeUre, les pieds gris, le bec rougeâtre, à l’exception de l’arète supérieure et intérieure, et de ses bords qui sont bruns et Ibi nient des espèces de cadres à la couleur rouge.
Cet oiseau est un peu moins gros que le bengali piqueté, mais il est d’une forme plus allongée. Sa longueur totale est de quatre pouces et quelques lignes, son bec de quatre lignes, son vol de six pouces et demi, et sa queue de dix-huit lignes; elle est composée do douze pennes.
Variétés du séné<jali.
I. J’ai vu un de ces oiseaux qui avait été tué à Cayenne dans une savane, et le se.ul qui ait été aperçu dans cette contrée : il est probable qu’il y avait été porté par quelque curieux, et cju’il s’était échappé de la cage. 11 différait en quelques points du pi’écedont : les couvertures des ailes étaient légèrement bordées do rouge, le bec était enlièrement de cette couleur, les pieds seulement rougeâtres; et ce qui décèle la grande analogie qui est entre les bengalis et les sénégalis, la poitrine et les côtés étaient semés de quelauos points blancs.
II. Lk D.VXBIK de M. le chevalier Bruce. Cet oiseau, fort commun dans l’Abyssinie, participe des deux précédents : il est de même taille; la couleur rouge qui règne sur toute la partie antérieure ne descend pas jusqu’aux jambes, comme dans le sénegali, mais elle s’étend sur les couverturcs des ailes, oii l’on aperçoit quelques points blancs, ainsi ([ue sur les côtés do la poitrine. Le bec est poui'pré, .son arête supérieure et inférieure l)leuâtre, et les pieds cendrés. I.e mâle chante agréablement. La femelle est d’un brun presque uniforme et n’a que très-peu de pom pre.
LE SÉNÉGALl RAYÉ.
Genre inoincau, sous-genre gros-bec. (Cuviek.)
Il est en cfïct rayé transversalement jusqu’au bout de la queue, do brun et de gris; et la rayure est plus fine, plus elle approche de la tête : la couleur générale, qui résulte de cette rayure, est beaucoiq) plus claire sur la partie inférieure du corps; elle est aussi nuancée de couleur de l’ose, et il y a une tache rouge oblongue, sur le ventre. L(is coiiv ertures iufiirieurcs de la queue sont noires, sans aucune rayure; mais on en aperçoit quelques vestiges sur les pennes des ailes, qui sont brunes. Le l)cc est rouge, et il y a un trait, ou plutôt une ban.le do cette couleur sur les yeux .
On m’a assuré que la femelle ressemblait parfaitement au mâle : cependant les différences que j’ai observées moi-même dans plusieurs individus, et celles qui ont été observées par d’autres, me donnentdos doutes sur cette parfaite ressemblance des deux sexes. J’en ai vu plusieurs qui venaient du Cap, dont les uns avaient h; dessus du corps plus ou moins rembruni et le dessous plus ou moins rougeâtnï; les autres avaient le d(‘ssus de la tête sans rayure. Les rayures de c(‘Iui qu’a n'pia'senté -M. Edwards,/)/. UH), étaient de deux bruns ; et les couvertuiesdu de.ssous de la queue n’étaient point noires, non plus que dans le sujet que nous avons fait dessiner. Enfin, dans l’individu représenté, la rayure du dessus du corps est noire sur un fond brun; et non-s('ulemcnt"los cou-
vertures inferieures de la queue sont noires comme dans le sujet déciil par M. Brisson, mais encore le bas-ventre.
L’individu observé par M. Brisson venait du Sénégal; les deux de M. Edwards venaient des Grandes-Indes, et la plupart de ceux que j’ai Vus avaient été envoyés du cap de Bonne-Espérance. 11 est difficile que de tant de diffcrences de plumage remarquées entre cos individus, il n’y en ait pas quelques-unes qui dépendent de la différence du sexe.
La longueur moyenne de ces oiseaux est d’environ quatre pouces et demi; le bec de trois à quatre lignes, le vol de six pouces, et la queue de deux pouces; elle est étagée et composée de douze pennes.
LE SEREVAN.
Genre moineau, sous-genre linotte. (Cüvieu.)
Le brun règne sur la tète, le dos, les ailes et les pennes de la queue : le dessous du corps est gris clair, qticlquefois fauve clair, mais toujours nuancé de rougeâtre; le croupion est rouge ainsi que le bec; les ju’eds sont rougeâtres : quelquefois la base du bec est bordée de noir, et le croupion semé de points blancs ainsi qtte les couvertures des ailes. Tel était le serevan envoyé de l’Ilc de France par M. Sonnerai, sous le nom de hengaU.
Celui que M. Commerson appelle serevan avaittout le dessous du corps fauve clair; ses pieds étaient jaunâtres : il n’avait ni le bec ni le croupion rouges, et on ne lui voyait pas une seule moucheture : c’était probablement un jeune ou une femelle.
D’autres oiseaux fort approchants do ceux-là, envoyés par M. Commerson, sous le nom de bengalis du Cap, avaient une teinte rouge plus marquée devant le cou et sur la poitrine ; en général ils ont la queue un peu plus longue à proportion.
Tous sont a peu près de la grosseur des bengalis et des scnégalis.