LA HOUPPETTE
Genre tangara, sons gonic loriot. (Guvier.)
Cet oisrau n’est pas tout à fait si grand que le précédent, (luoiquc dans ce genre il soit un peu plus gros; nous lavons appelé houppette, parce qu I dittere de tous les autres tangaras par une petite huppe qu’il porte sur la tet(', ou plutôt qu’il rclèv c lorsqu’il est agite.
On l’a di'crit d’abord sous le nom de tangara huppé de la Guyane et encore sous le nom de tangara huppé de Cayenne, parce qu’on ne s’est point aperçu que c etait la même espèce d’oiseau, dont l’un n’est qu’une variété de l'autre. ^
1)1. S(:ARI.ATTE. 5(;7
( a'I oi, so.au osl fort oonimun dans les lorros do la ('■iivaiio, oii il \if, do pet, ils fruits; il a un ori aigu ooniino ooliii du pinson, sa"ns oopondaiit on avoir le chant. Il ne so lient ni dans les grands bois, ni dans los palétuviers, cl ou ne le trouve que dans les endroits découverts ou déli-ichés.
LE TANGAYIO.
trest à t'eu 31. Cotnmerson que nous devons la connaissance de 0('t ois('au ; il s’en est trou vé une peau ass('z bien conservée dans son recueil : il l’avait nomme brumt noir, mais ce n’est eortainemont pas un bruant, puisque par tous les rapports de sa conformation il ressemble parfait(v ment au.\ tangaras. Do plu.s, il s’en faut bien que cet oiseau soit noir : il est au contraire d’un violet foncé sui- le corps et même sur le vanitre, a\ oc quelques l'ellets verdâtres sur les ailes et la queue; et c’est par cette raison que nous l’avons nommé taiH/ai-io par contraction de tangara violet.
Get oi.seau, mesuré dejvuis rextrémile du bec jusqu’à celle (le la nueuc, a huit pouces de longueur; son bec est noirâti-e et long de huit ;i neuf lignes; sa queue, qui n’est point étagée, a trois pouces de longueur, et dépasse les ailes de dix-huit ligm»; le tarse a env iron un pouce de long ; il est noirâtre ainsi que les doigts : les ongles sont gros et forts.
J.a femelle a la tète d'un noir luisant comme de l’acier poli; tout le reste de son plumage est d’un brun uniforme. L’on voit cependant sur le dessus du corps et sur le croupion quehpies teintes d’un noir luisant.
L(‘ tangavio se trouve à Buenos- Ayres, et probablement dans les autres tei-r('s du Paraguay; mais nous ne savons rien do ses habiludes nalundles.
LE SCAULATTE.
Genre langHra , sons-g< nrc rhampliocéle (Ccvu'it.)
Cet oiseau est connu SOUS \r. nom ôa tangara du d/fw/we, appelé le cardinal; et comme le nom de tangara est un nom générique, et que le surnom de cardinal a été appliqué à des oiseaux d’un autre genia;, nous avons adopté le nom scai’latte que lui ont donné les Anglais, parce queson plumage est d’un rouge d’écarlate. C’est le même oiseau que le cardinal de .M. Brisson, et le même cpie le moineau scarlct d’Edvvards. On doit aussi lui rapporter :
1" Les deux moineaux rouges et noirs d’Aldrovande, qui ne diffèrt'nt entre eux qu’en cc que l’un des deux n’avait pas de queue, et qu’Aldrovande a fait de cc défaut un caractère spécilique en les nommant l'un moineau rouge sans gueiie, et l’autre moineau rouge à gueue. C(!ttc eiT’('ur et ces descriptions ont été. copiées pai' presque tous les ornithologues;
2‘’Le tijepiranga de Maregrave;
3" L(', chiltotolt de Fernandez;
4" Et enfin, le imn-le du Brésil, de Belon, qui 1 a ainsi nommé, parce que ceux qui apportaient en France quelques-uns de ces oiseaux l(;s appelaient merles du Brésil. Aldrovandea encore copié Belon; la seule dilî'érenco essentielle que l’on trouve dans les notices données par ces auteurs ne porte que sur le chant de ces oiseaux ; mais après les avoir toutes examinées, nous avons reconnu que ceux de ces oiseaux qui chan- Uait étaient d’une taille un peu plus grande que les autres, qu’ils av'aient le plumage teint d’un rouge plus éclatant; que cette couleur se voyait
•%8 lliSrolHE NATLUELLE
aussi sur les eoiiseiiures supérieures des ailes, el,c. ; ce (|ui nous l'ail croire a\ec beaucoup de vraiseml)laiie(! que Toiseau qui cliante est le inâl(!, cl que c’est la Icniellcqui n’ta point de l•arnagc, comme cela aia ivc dans presque toutes les espèces d’oiseaux clianteurs.
Il pai aît aussi que le inâlc a les plumes de la tète plus longues, et qu’il les relève un peu en lorme de huppe, comme Edwards l’a représenh'. ('/est ce (piT a fait dire à (pielques \oyageurs, cpi’il v avait au Mexique deux espèces de cardinaux, l’un qui a une huppe, et qui chante assez iiien, et rautre plus petit (pii ne chante pas.
lies oiseaux appartiennent aux climats chauds du Mexique, du ÏVrou et du llresil; mais ils sont lort rares ii la Guyane. Belon dit que de son temps les marchands qui venaient dir Brésil apportaient beaucoup do CCS oiseaux et cm tiraient un grand jirofit. 11 faut croire que c’était pouifaire dos garnitui'os de l'obe et d’autres parures qui j)ouv aient alors être a la mode, et que ces oiseaux étaient dans ce tianps bien plus nombreux qu’ils ne le sont aujourd’hui.
(3n doit [irésumcr que c’est du simrlaltc qu’il faut entendre ce que les disent du ramage iJu cardinal; car le cardinal hiijijx; étant du genre des gros-becs, doit être silencieux comme eux. M. Salerne après avoir dit, comme les voyageurs, que le cardinal hupj)é, c’('st-à-dire (!elui (lu genre du gros-bec, avait un très-joli ramage, ajoute qu’il en a vu un viv ant à Orléans qui ne Criait que rarement, et dont la voix n’avait rien de gi'acieux; contradiction qui se trouve dans la même page de l'ouv rage de cet auteur. Les voyagem-s s’accordent à dire que cet oiseau a un ramage très-agréable, et qu il est mémo susceptiblcd’inslruction. Fernandez assure qu’on le trouve particulièrement à Totonocapa au .Mexique, et qu’il chante très-agréablement.
Nous regardons' comme des variétés de celte espèce, I" te cardinal tacheté, cité par M. Brisson, qui ne ditlère de notre scarlattc, qu'en ce que quel(|ues plumes du dos (ît de la poitrine sont boi'dées de vert; ce qui loi'me des taches de celle couleur qui ont la figure d'un ci'oissanl. Aldi'ovande a fait un mci'le de cet oise.au, et comme ses jambes ne sont pas aussi allongées que celles du merde, il l’a appelé nierle axix pieds courts.
2" Le cardinal à collier, cité par .M. Brisson, qui a la taille et h's couleurs du scarlattc, mais (pii a de plus les petites couvertui'cs et les bords des pennes des ailes bleus, et de chaque côté du cou deux «ramies taches de la même couleur'; elles sont contiguès, et ont la fortne d’un cr-oissant. Mais cet auteur décrit le cardinal taclmté ainsi que le cardinal a collier d’après Aldi’ovande, qui, selon la remarque de Willughby, n’avait vu que des dessins de ces deux oiseaux, non plus que des autres (pic nous ayons cités de lui dans cet article; ce qui rend scs descriptions très-iniparlaites, et rexistcuce de ces oiseaux assez douteuse : je n’aiii'ais pas m('‘me tait mention de celui-ci, si les nomenclateui's ne ravaient pas compris dans leurs listes.
3" L’oiseau .1/ea?(c«(».que Hei’nandds a indiqué par la phrase suivante: avis mexicam psillaci colore, et que M. Bi'isson, d’apr'ès lui, a déci'it comme sjil l’avait vu, sous le nom de cardinal du Mexirme, tandis que IIernand(;s dit seulement : Ila>c avis slutiin in roslro (riuoil adnneum nonrnhü et cinnerilnini est totum) inferiore parte ad cccudam m'élue, hoc e.st iri ventre toto rmnn colore rubet : (/ni idem color sursnrn per uropyijiuin. ad dorsuni porrigitur, nisi quod alarum ver.sus principium. cum virore rubor confunditnr, gui ad ip.svm üa colluni protenditur, (juod omnino
DES TANGARAS. DGR
virescit. Caput autm umcthystino, awt hyaeinthino colore, diluitur. Circulns oui pupillam ambit, valde albet orbita; vcro oculi est cœmleisaturati coloris. Lbisuum sumunt principiurn alœ, colorcslsublutms.Semiitur primus pennarum in alis ordo cum secundo et tertio dicti hyaeinthino coloris, lu medio tamen harum pennarum circumferentia intercurrit linearis subriridis usrpie ad pnem. Cauda Ma est amethystini coloris absijue viruhhüe, ddutioris tamen versus pnem. Pedes, (jui très ante et unum rétro djgUos habcrit, inter cinereum ac violaceum umbigimt.
Au reste, ces oiseaux volent on troupes; on les prend facilement avee! des lacets et autres joctits pièges; ils s'apprivoisent aisément, et de plus ils sont gras et bons à manger.
l.E TANGARA DU CANADA.
Genre langai a, suiis-genre carilinal. (Cuvier.)
Cet oiseau diffère du scarlatte par la grandeur et par la couleur; il est plus petit, et son plumage est d'un rouge de feu clair, au lieu que celui du scarlatte est d’un rouge vif foncé comme l’écarlate. Le bec du tangara de Canada est de couleur de plomb dans toute son étendue, et n’a point de caractères particuliers, tandis que le bec du scarlatte est en dessus d’un noir foncé, et que la pointe de la mandibule inférieure est noire, le reste de cette mandibule blanc, et qu’elle est élargie transversab'menl comme la base de la mandibule inférieure de l’oiseau appelé bec-d'argeni. Les becs de ces oiseaux sont assez mal représentés dans les figures des planches enluminées.
Le scarlatte ne se trouve que dans les climats les plus chauds de l’Amérique méridionale, au Me.xiquc, au Pérou, au Brésil. Le tangai’a du Canada se trouve dans plusieims contrées do l’.Amériquc septentrionale, aux Illinois, à la Louisiane, à la Floride ; ainsi l’on ne peut douter qu’ils ne fassent deux espèces distinctes et séparées.
Cet oiseau a été décrit exactement par M. Bris.son. Il a très-bien remarqué que la couleur rouge de son plumage est beaucoup plus claire que celle du scarlatte ; tes couvertures supérieures des ailes et tes deux pennes les plus proches du corps sont noires; toutes les autres pennes des ailes sont brunes et bordées intérieurement de blanc jusque vers leur extrémité; la queue est composée de douze pennes noires, terminées par un petit bord d’un blanc très-clair; les latérales sont un peu plus longues que celles du milieu, ce qui rend la queue un peu fourchue.
LE TANGARA DU xMISSISSIPI.
Genre langara, sour-genre carditual. (Cuvier.)
Le, Tangara du Mississipi est une espex-e nom elle (jui n’a clé décrite par aucun naturaliste. Cet oiseau a beaucoup de rapport avec le tangara du Canada; seulement ce dernier oiseau a, comme le scarlatte, les ailes et la queue noires, tandis que le tangara du .Mississipi les a de la même couleur que le reste du corps. Une difréivnce plus csscntiellè est celle qui se trouve dans le bec; celui du tangara du [Mississipi est plus grand que le bec de tous les autres tangai-as, et on meme temps beaucoup plus gros. Il y a de plus un caractère particulier qui indique assez évidemment que.
BUEKdN, tome vjii. 37
■)7() HISTOIRE NATüHEEl.E
ce tangai’a du Mississipi est d’une espèce ditièrente de celle du scarlattc et de celle du langara de Canada; c’est que les deux mandibules du bec sont con\ exes et renflées, ce qui ne se trouve dans aucune autre espèce de tangara, et ne se voit même que très-rarement dans tous les oiseaux. Nous devons avertir que ce caractère n’a pas été saisi par nos dessinateurs, et que cet oiseau n’ayant pas été dessiné vivant, le bec n’a ni sa forme, ni sa couleur dans là planche enluminée; car dans l’état de nature vivante le bec n’est pas noir, mais d’un brun très-clair et très-lavé, et la convexité des deux mandibules qui n’est pas exprimée dans la planche est néanmoins un caractère très-remarquable.
Au reste, cet oiseau n’a pas un chant aussi agréable que celui du scarlatte; mais il sifïle d’un ton net, si haut et si perçant, qu’il romprait la tête dans les maisons, et qu’il ne faut l’entendre qu’en pleine campagne ou dans les bois.
« C’est en été, dit Dupraiz, qu’on entend fréquemment le ramage du cardinal dans les bois, et l’iiiver seulement sur les bords des rivières lorsqu’il a bu ; dans celle saison il ne sort point de son domicile, où il garde contimiellement la provision qu’il a faite pendant le beau temps. On y a trouvé en eff> t du grain de maïs amassé jusqu’à la quantité d’un boisseau de Paris : ce grain est d’abord arlisiement couvert de feuilles, puis de petites branches ou bûchettes, et il n’y a qu’une seule ouverture par où l’oiseau puisse entrer dans son magasin. »