‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 402 sur 525 · LE GRIS-OLIVE · texte numérisé non relu

LE GRIS-OLIVE

Genri; langara. (Ci vier.)

Nous nommons ainsi cet oiseau, parce qu’il a le dessous du corps uris et le dessus de couleur d’olive. Il a été décrit sons le nom de tanyara olive de la Louisiane; mai?, il se trouve à la Guyane aussi bien qu’à la Louisiane. Nous ne savons rien de ses habitudes naturelles.

LE SEPTTCüLOR.

Genre tangara, sous-genre langara proprement dit. (Cuviiîii.)

Nous appelons seplicohr cette espèce de tangara, parce que son plumage est varié de sept couleurs bien distinctes, dont voici l’énumération : un beau vert sur la tète et sur les petites couvertures du dessus des ailes j du noir velouté sur les parties supérieures du cou et du dos, sur les pennes moyennes des ailes, et sur la face supérieure des pennes de la queue; du couleur de feu très-éclatant sur le dos; du jaune orangé sur le croupion ; du bleu violet sur la gorge, la partie inférieure du cou et les grandes couvertures supérieures des ailes; du gris foncé sur la face inférieure de la queue; et enlin du beau vert-d’eau ou couleur d’aigue-marine sur tout le dessous du corps depuis la poitrine. Toutes ces couleurs sont évidentes, même brillantes et bien tranchées; elles ont été mal mélangées dans les planches enluminées qui ont été peintes d’après des oiseaux assez mal conservés. Le premier que l’on a représenté sous le nom de tangara était un oiseau séché au four, qui venait du cabinet de M. de Réaumur; les gens qui avaient soin de ce cabinet lui avaient ajouté une queue étrangère, et c’est ce qui a ti'ornpé nos peintres. Le second, qui est représenté sous le nom de tangara du Brésil, est un peu moins défectueux; mais tous deux ne sont que le même oiseau assez mal représenté; car dans la nature c’est le j)lus beau, non-seulement de tous les tangaras, mais de presque tous les oiseaux connus.

Le septicolor jeune n’a pas sur le dos le rouge vif qu'il prend lorsqu’il est adulte, et la femelle n’a jamais cette couleur; le bas du dos est orangé comme le croupion, et en général ses couleurs sont moins vives et moins tranchées que celles du mâle : mais on remarque des v ariétés dans la distribution des couleurs; car il y a des individus mâles qui ont ce rouge vif sur Je croupion aus.si bien que sur le dos, et l’on a vu d’autres individus, même en assez grand nombre, qui ont le dos et le croupion entièrement de couleur d’or.

Le mâle et la femelle sont à peu près de la même grandeur; ils ont cinq pouces de longueur; le bec n’a que six lignes, et les pieds huit lignesla queue est un peu fourchue, et les ailes plices s’étendent jusque vers là moitié de sa longueur.

Ces oiseaux vont en troupes nombreuses; ils se nourrissent de jeunes fruits à peine noués, que porte un très-grand arbre de la Guyane, dont on n’a pu nous dire le nom; ils arrivent aux environs de l’ilede Cayenne, lorsque cet arbre y est en fleurs, et ils disparaissent quelque temps après, pour suivre vraisemblablement dans l’intérieur des terres la maturité de ces petits fruits; car c’est toujours de l’intérieur des terres qu’on les voit venir. C’est ordinairement en septembre qu’ils paraissent dans la partie habitée de la Guyane; leur séjour est d’environ .six semaines, et ils reviennent en avril et mai, attirés par les mêmes fruits qui mûrissent alors : ils n’abandonnent pas cette espèce d’arbre, on ne les voit jamais sur d’autres; aussi lorsqu’un de ces arbres est en fleurs, on est presque assuré d’y trouver un nombre de ces oiseaux.

Au reste, ils ne nicdient pas pendant leur séjour dans la partie habitée de la Guyane. Maregrave dit qu’au Rrcsil on en nourrit en cage, et qu’ils mangent de la farine et du pain. Ils n’ont point de ramage^ leur l’ri est bref et aigu.

DES TANGARAS. 579

On ne doit, pas rapporter à l’espèce du septicolor celle de l’oiseau talao, comme l’a fait 31. Brisson; car la description qu’il a tirée de Seba ne lui convient en aucune façon.

« Le talao, dit Seba, a le plumage joliment mélangé de vert pâle, de noir, de jaune et de blanc ; les plumes de la tête et de la poitrine sont très-agréablement ombrées de vert pâle et de noir ; il a le bec, les pieds et les doigts d’un noir de poix. »

D’ailleurs ce qui prouve démonstrativement que ce n’est pas le même oiseau, c’est ce qu’ajoute cet auteur, qu’il est très-rare au Mexique, ce qui suppose qu’il ne va pas par troupes nombreuses, tandis que le septicolor voyage et arrive en très-grand nombre.

LE TANGARA BLEU.

Genre tangara, sous-genre tangara proprement dit. (Cuvier.)

Nous avons indiqué cet oiseau sous cette dénomination dans nos planches enluminées, n° 'l5o, pgA, de l’édit, in-4". 11 a en effet la tète, la gorge et le dessous du cou d'une belle couleur bleue; le derrière de la tète, la partie supérieure du cou, le dos, tes ailes et la queue, noirs; les couvertures supérieures des ailes noires et bordées de bleu; la poitrine et le reste du dessous du corps d’un beau blanc.

En comparant cet oiseau avec celui que Seba a indiqué sous le nom de moinemi d’Amérique, il nous a paru que c’était le mèiuc^ ou du moins que ce ne pouvait être qu’une variété de sexe ou d’âge dans cette espèce; caria description de Seba ne présente aucunediffércnccsensible. M. Brisson ayant apparemment trouvé la description de cet auteur trop imparfaite l’a amplifiée; mais comme il n’a pas vu cet oiseau, et qu’il ne cite pas ceux qui peuvent lui avoir donné connaissance des caractères qu’il ajoute, nous n’avons pu établir aucun jugement sur la vérité de cette description, et nous nous croyons bien fondés à regarder ce moineau de Seba comme un tangara qui ressemble beaucoup jnus à celui-ci qu’à tout a utre.

Au reste, cet oiseau de Seba lui avait été envoyé de la Barbade; le nôtre est venu de Cayenne, et nous ne savons rien de ses habitudes naturelles.

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