LE BOUVREUIL A BEC BLANC
(Test ici le seul oiseau de la Guyane que .\1. de Sonnini reconnaisse pour un véritable bouvreuil. Son bec est de couleur de corne dans l’oiseau desséché; mais on assure qu’il est blanc dans le vivant : la gorge, le devant du cou et tout le dessus du corps, sans excepter les ailes et la queue, sont noirs; il y a sur les ailes une petite tache blanche qui souvent est cachée sous les grandes couvertures; la poitrine et le ventre sont d’un marron foncé.
Cet oiseau est de la grosseur de notre bouvreuil; il a de longueur totale quatre pouces deux tiers, et sa queue dépasse ses ailes de pi'csquc toute sa longueur.
LE BOUVERON.
Genre bouvreuil. (Ciiviek.)
J’appelle ainsi cet oiseau, parce qu’il me ^laraît faire la nuance entre les bouvreuils d'Europe et les becs-ronds d Amérique, dont ji; pailerai bientôt. Sa taille ne surpasse pas celle du cabaret : un beau noir changeant en vert règne sur les plumes de la tète, de la gorge et de toute la partie .supérieure du corps, compris les pennes et les couvertures de la queue et des ailes, ou, pour parler plus ju.stc, sur ce qui paraît do ces plumes; car le côté intérieur et caché ou n’est pas noii', ou du moins n’est pas de ce beau noir changeant : il faut encore excepter une trèspetite tache blanche sur chaque aile, et trois taches de même couleur,
«10 HISTOIRE x\ATLRl<IJ,E
mais plus grandes, 1 une sur le sommet de la tète, et les deux autres audessous des yeux. Toute la partie inOîrieurc du corps est blanche; les plumes du ventre et les couvertures inférieures de la queue sont frisées dans quelques individus : car on ne peut s’empêcher de regarder le bouvreuil à plumes frisées du Brésil comme appartenant à l’espèce du bouveron, puisque ces deux oiseaux no diflerent entre eux que par la frisure de.s plumes, diflérence trop superficielle et trop légère pour former un caractère spécifique, et d’autant moins que cette frisure n’est nullement permanente, et qu’elle tombe en certaines circonstances. Il est probable que les individus frisés sont les mâles, puisqu’on général parmi les animaux la nature semble avoir choisi hîs mâles pour leur accorder exclusivement le don de la beauté et tout le luxe des ornements qui peuvent la faii'e valoir. Mais, dira-t-on, comment supposer que te mâle se trouve au Brésil et la femelle en Afrique? Je réponds : 1" que rien n'est moins connu que le pays natal des oiseaux oui viennent de loin et passent par plusieurs mains. .Te réponds, en second lieu, que si l’on a pu transporter à Paris ceux dont nous parlons, et les transporter vivants, on a pu les transporter de même de l’Amérique méridionale en Afriqui'. Quiconque am a jeté un regard de comparaison sur ces oi.seaux, admettra sans hésiter l’une de ces deux suppositions, plutôt que de les rapporter à deux espèces différentes.
Longueur totale, quatre pouces un tiers; bec, quatre lignes; vol, sept pouces et demi; queue, vingt et une lignes, composée de ilouze pennes; clic dépasse les ailes d’environ un pouce.