LE GOBE-MOUCHES A BANDEAU BLANC DU SÉNÉGAL
Genre gobe-muuches. (Cuvier.)
Nous comprendrons sous cette dénomination les deux oiseaux désignés dans nos planches enluminées sous le nom de gohe-niouches à poitrine musse du Sénégal, et gohe-mouches à poürine noire du Sénégal. Ces deux jolis oiseaux peuvent être décrits ensemble; ils sont de la même grandeur et du même climat : ils se ressemblent aussi par l’ordre et la uistribution do leurs couleurs; il y a même toute apparence que l’un est le mâje et l’autre la femelle d’une même c.spèce : la ligne blanche qui passe sur l’œil et ceint leur tête d’une sorte de petit couronnement ou de diadème, ne paraît dans aucun autre de leur genre aussi entière et aussi distinct!!. Le premier est le plus petit et n’a guère que trois pouces et demi de longueur; une tache rousse lui couvre le sommet de la tête qu’entoure le bandeau blanc : de l’angle extérieur de l’œil s’étend une plaque noire ovale qui confine au-de.ssus avec le bandeau, et .s’étend en pointe vers l’angle du bec; la gorge est blanche; une tache d’un roux l(•ger marque la poitrine; le dos e.st gn's clair sur blanc ; la queue et les ailes sont noirâtres; dans leurs couvertures moyennes passe obliquement une ligne blanche, et les petites couvertures sont bordées en écailles du roux.de la poitrine; un velouté transparent règne sur tout le joli plumage de cet oiseau, et ce lustre est encore plus frais et plus clair sur celui de l’autre, qui, plus simple en couleur, n’est qu’un mélange de gris léger, de lilanc’el de noir, et n’en est pas moins agi'éablc : le bandeau blanc lui passe sur les yeux; un plastron de même couleur prend en pointe sous le bec et se coupe carrément sur la poitrine, mi’une zone noire distingue, tenant au noir du haut du cou, qui se fond dans le g/is sur blanc du dos; les pennes sont noires, frangées de blanc, lâ la ligne blanche des couvertui’cs s’élargit en festons : les é|)aules sont noires, mais il s’entrelace dans tout ce noir un petit frange blanc, et sur le blanc de
(wG JilSTOlRK NATURELLE
tout le plumage règiieiitdc p(!tites ombres noires d’une teinte si transpal entc et si légère, que, sans avoir do brillantes couleurs, ce petit oiseau est plus pare" que d’autres ne le paraissent être avec des teintes d’éclat et de riches nuances.
LE GOBE-:\IOUCIlES ilüPPÉ DU SÉNÉGAL.
Genre gobe-rnnuehes, sous genre-motieh rulli’. (Crvitir.)
Avec le gol)e-mouclies huppé du Sénégal, est représenté dans la même planche de l’édition in-i", un yobe-mouchcs huppé de CUe de Bourbon, que nous ne séparerons pas du premier, persuadés qu’il n’en est qu’une variété. L’île de Bourbon, jetée au milieu d’un vaste océan, située entre l(!S tropiques, dont le climat constant n’a pas d’oiseaux inquiets ni voyageurs, n’était peuplée d’aucun oiseau de terre lorsque les premiers vaisseaux européens y abordèrent. Ceux quelle nourrit à présent y ont été transportés, soit à dessein, soit par hasard. Ce n'est donc pas dans cette île qu’il faut chercher les espèces originaires ; et trouvant ici dans le continent l’analogue de l’oiseau de File, nous n'hésitons pas d’y rapporh'r ce dernier. En effet, il y a entre ces deux gobe-mouches des'différcnces qui n’excèdent pas celles que l’àgc ou le sexe produisent en diverses espèces de leur genre, et plusieurs ressemblances qui, dans tous les genres, font juger les espèces comme très-voisines. l.a figure, la grosseur, les masses de couleur sont les mêmes. Tous deux ont la tête garnie de petites plumes cà demi relevées en huppe noire à relLds verts et violets ; ce noir, dans celui du Séni'gal, descena en plaque carrée sur la gorge et le devant du cou; dans celui cie. Bourbon, représenté dan.s l,a planche, le noir n’enveloppe que la tête avec l'ceil et le dessous du bec ; mais dans d’autres indi\ idus nous avons vu cette couleur enveloppc'.r aussi le haut du cou. Tous deux ont le dessous du corps d’un beau giis d’ardoise clair, et tous deux le dessus d’un rouge-bai, plus \ if dans celui de Bourbon, plus foncé et marron dans celui clu Sénégal; et cette couleur, qui s’é.teu.l ('gaiement sur toute l'aile et la queue du dernier, est coupée pai- un peu de blanc à l’origine de celle de l'autre, et eakle sur l’aile à une teinte plus foncée dans his couvertures : elles sont aussi frangées de trois traits plus clairs; le noirâtre des pennes n’a qu’un léger bord roussâtre au côté extérieur, et blanchâtre à l’intérieur des barbes. La plus grande différence est dans laqucue: celle du gobe-mouches dc'Bourbon (\st courte et carrée, n’ayant que deux pouces et demi ; la queue de celui du Sénégal a plus de quatre pouces, et elle est étagée depuis les deux pennes du milieu, qui sont 1(!S plus longues, jusqu’aux plus ext(îricures qui sont plus courtes de deux pouces. Cette différence pouvant être le produit de l’âge, do la saison ou du sexe, ces deux ois('aux ne forment à nos yeux ((u’une espèce. Si quelque observation sm-viemt qui engage à les distinguer, c’est de l’union même et du rapprochement que nous en aurons fait ici, que résultera l’attention à les séparer dans la suite.